Présentation:
Je m´appelle Jean-Paul Montoya. Comme mon nom ne l´indique pas, je suis de souche anglaise. Pourtant, c´est dans un tout petit pays que je me suis fait connaître: la Belgique. C´est dans ce pays que je vivais avec ma mère et mes soeurs. Notre père nous ayant quitté trop tôt suite à un accident de voiture. Malgré que je vivais en Belgique, c´est au Pays-Bas que j´ai véritablement commencé ma carrière de joueur. En effet, après mes classes en Belgique, je signais très vite un contrat avec le club du RC Genk. J´étais tout jeune, j´avais 16 ans. J´intégrais le centre de formation limbourgeois et ma carrière professionnelle commençait. J´étais gardien de but. Pourtant, au bout de deux ans, lors d´une réunion avec le club, on m´écartait de l´équipe. Pour eux, je n´étais pas assez bon et je n´avais aucun avenir dans le football professionnel. Je ne sais pas ce que j´avais fait. Je jouais bien, j´étais régulièrement titulaire avec les Réserves, bref, je n´attendais plus qu´une sélection en équipe A. Une sélection que je ne pourrais jamais avoir.
C´est avec les yeux remplis de larmes que je retournais dans ma Wallonie d´acceuil. Je rentrais chez moi, dans la région de Charleroi. Sur la route du retour, je passais dans les deux grands bassins industriels belges: Liège et Charleroi. Ils étaient gris, noir, comme mon moral l´était. Ma mère a bien tenté de me réconforter, en vain. J´avais tout abonné pour le football, j´avais laissé ma jeunesse de côté. Maintenant, j´étais bon à continuer mes études de comptable et à me trouver un petit boulot derrière un bureau. Ma mère était déçue de mon échec au football mais d´un côté, elle était rassurée. En effet, elle en avait marre de voir son fils jouer dehors été comme hiver, par tous le temps. Mais pour moi, ma vie n´était pas derrière un bureau. Je savais que ma vie, elle se trouvait sur le gazon, dehors, par tous les temps à me rouler dans la boue comme certains le disaient.
Puis, une éclaircie arriva dans mon sombre avenir. Le club néerlandais de Alkmaar me proposait un test de quatre semaines au sein de leur équipe. Les dirigeants du club néerlandais m´avaient repéré lors d´une rencontre amicale entre Genk et leur club. Je leurs avait plus. Pour eux, mon physique plutôt costaud et ma mentalité s´adaptaient à la perfection pour la Premier League néerlandaise. Les tests furent concluant. Après mon licenciement de Genk, j´intégrais avec fierté AZ Alkmaar. Ma carrière professionnelle était véritablement lancée. Je connus mes plus belles années dans le championnat néerlandais. Après trois ans passé à l´AZ, j´eu le privilège de rejoindre un club très huppé: le PSV Eindhoven. J´y jouais les dernières années de ma carrière qui devait se terminer très tôt: à 27 ans seulement. Lors d´un match de Ligue des Champions, j´eus un terrible contact avec Fernando Cavenaghi du Spartak Moscou. Le diagnostic fut sans appel: déchirure des ligaments croisés du genou avec éclatement de la rotule. Je passai plusieurs fois sur la table d´opération et jamais je ne retrouvai mon niveau.
A 27 ans, je décidais donc de mettre un terme à ma carrière et de me reconvertir dans le management. Heureusement pour moi, le PSV ne me lâcha pas et me proposa, après une formation de deux ans, de devenir entraîneur des gardiens du club. Bien sûr, j´acceptais ce poste avec joie.
Un nouveau tournant:
Après deux ans passés comme entraîneur des gardiens, je pris du grade dans le club d´Eindhoven pour devenir entraîneur-adjoint. La direction était plutôt satisfaite de mon travail et ma collaboration avec Guus Hiddink nous permit de décrocher le championnat plusieurs fois consécutivement et, notre plus beau trophée, une victoire en Ligue des Champions. Comme toujours, j´évoluais dans l´ombre de l´entraîneur. Mon travail était recompensé par la direction mais les médias ne s´intéressaient guère à ma reconversion. Pourtant, un club allait écrire une nouvelle page de ma vie, il s´agissait d´un club espagnol. Lors de mes vacances annuelles sur les chaudes plages de la Martinique, j´eu un entretien téléphonique avec Ramon Perez:
- Monsieur Montoya? Ramon Perez, administrateur du FC Séville.
- Bonjour Monsieur Perez, en quoi puis-je vous être utile?
- Le club du FC Séville pense à vous pour la prochaine saison...
- Euh...(un peu surpris)...Monsieur Perez, avec tout le respect que je vous dois, sachez que j´ai arrêté ma carrière de footballeur il y a quasiement 6 ans maintenant!
- Non Monsieur Montoya! Le club de Séville est prêt à vous offrir son poste d´entraîneur!
- Ah ah ah ah ah! Ah qu´elle est bien bonne celle-là! C´est qui à l´appareil, c´est Fred? ( Fred est mon meilleur ami depuis mon enfance)
- Monsieur Montoya, même si cela vous semble ridicule, sachez que vous êtes en train de rater l´occasion d´entraîner dans le meilleur championnat du monde!
- Eh Fred, arrête ton char Ben Hur! Je vais commencer par y croire!
- Monsieur Montoya, sachez que votre insolence m´exaspère. Si je n´étais pas sûr de votre talent, il y a déjà longtemps que j´aurais mis fin à cette entretien téléphonique. Votre attitude désinvolte m´énerve et sachez que je n´ai pas l´habitude de faire des blagues au téléphone comme votre cher Fred!
- Je vous prie de m´excuser Monsieur Perez mais c´est la première fois que j´ai un tel entretien par téléphone... ( C´est vrai qu´après cette première " engueulade", je reconnu très vite que mon interlocuteur n´avait pas la voix de Fred...).
- Oublions cela Monsieur Montoya, vous connaissez bien l´Espagnol?
- Oui bien sûr Monsieur Perez, ma femme supporte le Real Madrid...
- Excusez-moi Mr Montoya mais je ne vois pas le rapport!
- Il n´y en a pas, je dirais juste question idiote - réponse idiote.
- Bon, Mr Montoya, seriez-vous près à venir à Séville afin de rencontrer la direction du FC Séville?
- Bien sûr Monsieur Perez, je vous contacterais dès mon retour de vacances. Je vous prie une dernière fois de bien vouloir m´excuser pour mon attitude. Je vous promets que je suis plus appliqué dans le management et mon travail.
- Je n´en doute pas Monsieur Montoya et j´accepte vos excuses. A très bientôt j´espère.
- A bientôt. Au revoir.
Bien entendu, j´eu à peine le temps de reposer mon portable que ma femme s´empressait de me demander avec qui je venais de m´entretenir au téléphone. Je lui expliquais que c´était un administrateur du FC Séville et qui le club andalous pensait à moi pour reprendre les reines de l´équipe. A peine ai-je eu fini de lui dire que notre prochaine demeure se trouverait en Espagne, que mon épouse s´empressa d´envoyer une multitude de SMS à ses copines pour leur dire que nous allions peut-être quitter la grisaille hollandaise pour la chaleur du soleil sévillan. Moi, je restais allongé dans mon transat à peser le pour et le contre d´un tel départ dans un tel club. Je n´aime pas partir dans la précipitation, j´aime bien être sûr de ce que je fais. Je ne voudrais pas connaître un échec en me lançant dans le championnat espagnol. Je n´ai que 33 ans et j´estime avoir encore une grande partie de la vie devant moi. Alors que faire? Rester à mon poste à Eindhoven où je n´ai plus rien à prouver, où je suis soutenu par la direction et où je suis, soyons honnête, bien rémunéré ou bien dois-je me lancer dans l´aventure et de mettre ma carrière en avant?Est-ce que l´heure est venue pour moi de lancer MA carrière et de ne plus évoluer dans l´ombre des autres? Pour l´instant, je vais essayer de ne pas me focaliser sur ses questions. Je vais profiter de mes vacances et je verrai bien après mon entretien avec les dirigeants du FC Séville.