Voilà la suite. Bonne lecture
Harry passa la journée à nettoyer le square Grimmaurd en compagnie de Kreattur. La vieille maison en avait bien besoin, et nombreuses furent les toiles d’araignée enlevées. A la fin de la journée, la chambre qu’occupait Harry et le grenier étaient dans un état convenable. La cuisine avait commencé à subir le balai et quant au salon, ils n’avaient même pas commencé. Harry s’étonnait toujours de voir Kreattur dévoué. Lui qui affichait ouvertement son mépris envers l’Ordre du Phénix et ses amis… Ou bien quelque chose s’était passé depuis, ou bien il faisait la comédie.
« Hermione, tu es sûre que l’on ne pourra pas nous trouver ?
- Steffen, si tu le demandes encore une fois, je te jette un sort qui t’empêchera de parler pour le restant de tes jours ! »
Hermione, Steffen et Neville s’étaient rendus dans la Salle sur Demande. Ils avaient estimé que c’était le meilleur endroit pour préparer la potion, cependant, Steffen était inquiet. Il craignait que quelqu’un découvre ce qu’ils préparaient. Hermione et Neville lui avaient pourtant assuré qu’il n’y avait que très peu de chances que quelqu’un les surprenne ; malgré cela, Steffen restait inquiet. Inquiet pour son frère et inquiet pour lui et ses amis. Des amis en dehors de Poudlard, il n’en avait qu’un. Il n’en avait jamais parlé à quelqu’un de Poudlard, même pas à Harry ou Hermione. Mais quelque soit l’ami avec qui il était, il faisait tout pour qu’il ne lui arrive rien. Il en avait trop peu pour se permettre de les perdre.
« Kreattur, je peux te poser une question ?
- Bien sûr Maître.
- Pourquoi m’es-tu si dévoué soudainement ? Toi qui semblait me détester l’année dernière…
- Je vous l’ai dit : vous avez hérité de moi, je vous suis donc dévoué.
- Et tu es sûr qu’il n’y a rien d’autre ? demanda Harry, toujours soupçonneux.
- Absolument sûr Maître. »
Harry n’en était pas convaincu, mais il se contenta de cette réponse. Après tout, peu lui importait pour le moment. Le jeune homme souhaita bonne nuit à l’elfe et monta se coucher. Après qu’il se fut mis au lit, il pensa avec soulagement qu’il ne restait plus qu’un jour avant les vacances, et qu’il pourrait se rendre au Chemin de Traverse sans que les commerçants aient des soupçons. Ces pensées rassurantes en tête, il s’endormit.
Harry se réveilla le lendemain matin en sursaut, ruisselant de sueur. Ses vieux cauchemars l’avaient repris, celui dans lequel il voyait Voldemort tuer ses parents, Sirius mourir de la main de sa cousine, Mr. Weasley attaqué par Nagini et les autres horreurs qui lui étaient arrivées depuis qu’il était né. Il venait de revivre l’épisode du mois de novembre et la scène qui s’était déroulée à l’infirmerie. Une douleur fulgurante lui traversa le bras droit, là où Lupin l’avait mordu. Cette morsure, il la garderait sans doute à vie, tout comme l’éclair sur son front. Tout comme les transformations à la pleine lune…
« Monsieur le Directeur, il faut que je vous parle.
- Je vous écoute Severus. »
Le professeur Dumbledore se retourna et fit face au Maître des Potions.
« C’est à propos de Potter. Il était sensé être à mon cours hier, mais il n’y était pas.
- Il n’est pas à l’infirmerie ? demanda Dumbledore avec un imperceptible froncement de sourcil.
- Non, d’après Mrs Pomfresh. Et il n’était pas dans la tour de Gryffondor, Finnigan me l’a confirmé.
- Hum… »
Dumbledore se tourna vers la fenêtre qui donnait sur le parc. Si Harry n’était pas dans l’enceinte du château millénaire, il se trouvait très certainement au Square Grimmaurd. Et ce, contre les interdictions posées par le directeur. Quelqu’un frappa et la porte de frêne s’ouvrit. Dumbledore se retourna pour voir entrer trois professeurs : McGonagall, Chourave et Flitwick.
« Albus, Potter manque encore à l’appel ! s’exclama le professeur de Métamorphose.
- Les Serdaigle affirment ne pas l’avoir vu depuis deux ou trois jours, renchérit Flitwick de sa voix flûtée.
- Les Poufsouffle non plus, approuva le professeur de Botanique.
- Calmez-vous tous les trois. Minerva, êtes-vous absolument sûre qu’il n’est pas au château ?
- Si j’en suis sûre ? Mais enfin Albus, si personne ne l’a vu…
- Avez-vous questionné Miss Granger ou Mr Lietchinsky ?
- Euh, je… non, mais vous pensez qu’ils savent où il se trouve ?
- Seules trois personnes pourraient le savoir : Miss Granger, Mr Lietchinsky et Mr Londubat. Minerva, j’aimerai que vous alliez me les chercher tous les trois. »
La directrice des Gryffondor acquiesça et sortit.
« Filius, Severus, Pomona, j’aimerai que vous me laissiez seuls. »
Bien que surpris par la requête du directeur, les trois professeurs s’exécutèrent et Dumbledore se tourna de nouveau vers la fenêtre, une ride barrant son front.
Hermione était penchée sur un long devoir d’arithmancie lorsqu’elle vit le professeur McGonagall entrer dans la salle Commune. D’abord surprise, elle compris pourquoi elle était venue lorsqu’elle la vit demander à Steffen de la suivre chez Dumbledore. Elle se tourna ensuite vers Neville puis vers elle. Au même moment, Ginny descendit les escaliers du dortoir des filles. Elle haussa un sourcil en voyant Neville, Hermione et Steffen suivrent le professeur McGonagall.
« Où allez-vous ? demanda-t-elle. Hermione, que se passe-t-il ?
- Euh, rien, rien du tout, assura Hermione d’une manière assez peu convaincante.
- Ah, Miss Weasley, dit Mrs McGonagall, quelque peu décontenancée.
- Vous avez retrouvé mon frère ? »
Hermione et Steffen se regardèrent.
« Non, malheureusement. Mais peut-être que le directeur pourra vous en dire plus… Venez avec nous. »
Les quatre Gryffondor accompagnés de leur directrice franchirent le portrait et prirent la direction du deuxième étage.
Dumbledore se détourna de la fenêtre lorsqu’il entendit frapper.
« Entrez », dit-il, en s’attendant à voir son adjointe. Mais il se retrouva nez à nez avec un jeune homme roux. Légèrement surpris, il reprit contenance.
« Ainsi mes théories étaient exactes, dit le vieil homme. Tu as bel et bien rejoint les Mangemorts.
- Oui, et je vous emmène avec moi !
- Tu te trompes lourdement, Ronald Weasley… »
Ron dégaina sa baguette et s’exclama « Petrificus Totalus ! » mais Fumseck fut le plus rapide : il plongea sur le rouquin et une de ses longues plumes or de sa queue entra en contact avec la paume de Ron. Un éclair enflammé plus tard, ils avaient disparu.