Deux jours plus tard, Harry, requinqué par les bons soins de Mrs Pomfresh, sortit de l’infirmerie. Aussitôt, il s’arrangea pour profiter pleinement de ses amis. Il ne tenait pas à subir un interrogatoire forcé. Seulement, cet interrogatoire ne vint pas. Lorsque Harry en demanda la raison à Hermione, celle-ci lui répondit :
« C’est à cause de Dumbledore. Il avait prévu ce genre de situation tu penses bien. Ce matin, il a plongé tous les élèves exceptés Neville, Luna, moi, Steffen et Fleur dans une espèce de transe.
- Un sortilège d’Amnésie puissance mille ?
- C’est aussi mon avis ! » rit Hermione.
Le seul fait de savoir qu’aucun élève ne lui poserait de question soulagea Harry d’un grand poids. Il pourrait se reposer pleinement sans devoir se cacher à tous les coins de couloirs.
Trois jours s’étaient écoulés depuis qu’Harry était sorti de l’infirmerie. Celui-ci ne se sentait plus aussi bien que lorsqu’il avait appris le sortilège mis en œuvre par Dumbledore. Il avait décidé de faire quelque chose à l’infirmerie et il le ferait. Mais d’abord, il devait s’expliquer avec Dumbledore et Fleur.
Harry était dans la salle commune de Gryffondor. Il était perdu dans ses pensées et celles-ci étaient principalement occupées par son projet de quitter Poudlard. Il s’adossa contre le dos du fauteuil dans lequel il était assis. En jetant un regard autour de lui, il s’aperçut qu’il était seul. Il était plus de minuit, cela n’avait rien d’étonnant. Il saisit son sac, en tira le devoir de Métamorphose qu’il devait rendre pour le lundi suivant et se mit à écrire.
Quelques minutes plus tard, Fleur, Hermione et Steffen entrèrent dans la salle commune. Hermione et Steffen se mirent eux aussi à leur Métamorphose tandis que Fleur tenta d’embrasser Harry. Celui-ci la repoussa fermement. Elle fut très surprise.
« Harry, qu’est-ce qu’il se passe ? demanda-t-elle.
- Laisse-moi tranquille…
- Qu’est-ce que tu as ?
- Laisse-moi tranquille ! »
Harry s’était levé. Fleur était effrayée par le ton et l’expression de Harry.
« Harry, qu’est-ce qu’il y a ? demanda Steffen.
- Fichez-moi la paix ! » gronda-t-il.
Il se dirigeait à grands pas vers le dortoir mais Steffen s’interposa.
« Tu n’iras nulle part tant qu’on ne saura pas ce qu’il t’arrive !
- Laisse-moi passer…
- Non.
- LAISSE-MOI PASSER ! »
Il avait crié mais Steffen n’avait pas bougé. Impassible, il avait tout de même sorti sa baguette et la pointait sur son frère.
« Baisse ta baguette…
- Pas tant que tu ne te seras pas expliqué.
- Je n’ai pas de comptes à vous rendre c’est compris ?
- Qu’est-ce qui te prend ?
- Rien…
- C’est ça, soupira Steffen.
- Vas-t-en… »
Steffen observa son frère, incrédule, baissa sa baguette et s’écarta. Harry monta les marches quatre à quatre et claqua la porte. Steffen se retourna vers les deux autres.
« Qu’est-ce qui s’est passé ? »
Personne ne répondit.