Je vous l´avait promise, la voici la voilà! Bonne lecture!
Harry eut un nouvel élan de compassion envers l’ami de son père. Sans Lupin, les Détraqueurs l’auraient eu depuis longtemps. Sans lui, il se serait élancé au travers le voile qui avait englouti Sirius. Sans lui, il ne serait pas un loup-garou…
Steffen lançait à l’homme des regards plus noirs que la chevelure de son frère. Il bouillait de rage. Ce type se prétendait être un ami de son père et il avait agressé son frère ! Sa main se serra sur sa baguette.
Neville n’avait toujours pas perdu sa pâleur spectrale. Inquiet, son regard allait de Harry à Lupin, puis de Lupin à Fleur et enfin de Fleur à Hermione. Il se demandait bien ce qui allait se passer.
Harry soupira et demanda à Neville :
« Pourquoi es-tu là ?
- Tu as sauvé ma grand-mère… j’ai appris par Nick-Quasi-Sans-Tête que tu avais été… mordu. Alors, je pensais que… qu’il valait mieux que je vienne te voir. »
Harry ne comprit pas tout mais n’insista pas. Il commençait à avoir sérieusement mal à la tête, le petit éclair n’y étant sûrement pas étranger. Il regarda Steffen et tenta de lui sourire : il y parvint à moitié mais son frère ne le lui rendit pas. Cette fois, le doute n’était plus permis : il était dans une rage à couper au couteau.
« Harry… »
L’interpellé sursauta. Il avait oublié Lupin.
« Harry… je suis désolé. Je… je te demande… Tues-moi. »
C’était tellement inattendu que Harry se demanda s’il avait bien compris.
« Vous tuer ?
- Oui. Tues-moi. Maintenant. »
Hermione plaqua sa main sur sa bouche, imitée par la semi Vélane. Neville regarda Lupin comme si c’était la première fois qu’il le voyait et Harry resta interloqué. Steffen, quant à lui, sortit sa baguette prestement.
« Steffen ! Qu’est-ce que tu fais ? cria Harry.
- Je fais ce que ce… loup-garou demande ! rugit-il.
- Tu es fou ! »
Le rouquin s’avança vers Lupin, le visage aussi fermé que le poing d’où dépassait sa baguette.
« Stef’ ! tenta de le retenir Harry. Tu ne vas pas le faire ?
- Et pourquoi donc ? Tu crois peut-être que je vais le laisser là, alors qu’il demande à être tué et qu’il a failli te faire mourir ? Tu crois peut-être que je vais laisser impuni celui qui s’en est pris à mon frè… à mon meilleur ami ? »
Il avait retenu le « frère » de justesse mais Hermione lança tout de même un regard inquisiteur à Harry, qui ne s’en n’aperçut même pas.
Steffen s’avança, menaçant, vers Lunard, la baguette brandie. Celui-ci semblait accepter son sort à bon escient. Il ne fit pas le moindre geste pour arrêter Steffen.
N’y tenant plus, Harry se leva et barra la route de son frère. Celui-ci grogna : « Harry, pousse-toi de là ! » Mais Harry avait décidé de ne pas bouger d’un centième de nanomètre. Du moins en eut-il l’intention car, voyant que son jumeau ne se décidait pas à vider les lieux, Steffen lui expédia un magistral coup de poing au ventre qui le fit tomber en gémissant. Fleur et Neville se précipitèrent vers Harry. Mais le Survivant parvint à surmonter la douleur et à utiliser la télékinésie pour pouvoir atteindre la baguette de son frère. Quelle ne fut pas la surprise de son « aîné » lorsque sa baguette lui échappa des mains pour atterrir directement dans la paume tendue de Harry, sans qu’aucun mot n’eût été prononcé.
« On dirait que les cours de développement de pouvoirs ont porté leurs fruits, s’exclama Steffen, méprisant.
- En effet », parvint à articuler Harry.
Il avait mal partout, surtout là où le coup de poing l’avait frappé. Une larme de douleur perla ; il ne soucia guère. Il se releva, ce qui étonna grandement l’assistance. Il haletait et son front était couvert de sueur mais peu lui importait, ses pensées n’étaient focalisées que sur une chose : empêcher Steffen de parvenir à ses fins, ce qui ne serait pas de tout repos.
Steffen, quant à lui, menait un combat intérieur plus que partagé : d’un côté, il se disait de ne pas se soucier de son frère et d’en finir avec le lycanthrope ; de l’autre, il se commandait de laisser tomber son action de folie et de porter main forte à Harry qui était en mauvais état en partie par sa faute. Mais sa colère l’emporta : déjà, il s’avançait inexorablement vers Lupin qui ne bougea ni ne fit rien pour l’arrêter.
Tentant le tout pour le tout, Harry brandit la baguette de son frère et clama un Stupéfix. Peine perdue. Plus vif qu’une licorne effarouchée, Steffen se retourna et bondit sur Harry sous sa forme de loup. Harry sentit ses jambes se dérober sous lui lorsque le loup atterrit sur lui, saisit la baguette entre ses crocs et se retransforma, le tout en deux ou trois secondes, montre en main. Harry tenta une énième fois de se relever, mais n’y parvenant pas, chuchota à Neville de lui prêter sa baguette. Le garçon au visage lunaire n’y vit aucun inconvénient et la lui fournit presto.
Harry se releva aussi silencieusement que possible. Il s’approcha de son frère qui lui tournait le dos tout en misant sur l’effet de surprise. Mais le silence ambiant mis le rouquin en alerte et il se retourna, découvrant un Harry statufié, baguette brandie. De rage, Steffen lui expédia un Stupéfix bien senti. Harry n’eut pas le temps de riposter et s’écroula. Fleur poussa un cri et la porte du bureau s’ouvrit sur une Mrs Pomfresh furibonde.
« On ne crie pas à l’infirme… » commença-t-elle. Ses yeux s’étaient posés sur le corps étendu face à elle, celui de Harry. Ses yeux allèrent de Harry à Hermione – qui, dans l’intervalle, tentait de réanimer ce dernier –, de Hermione à Fleur et Neville, puis de ces deux-là à Steffen, qui tenait toujours sa baguette pointée sur Harry.
Les professeurs McGonagall et Dumbledore sortirent à sa suite. L’Animagus parut choquée tandis que le vieil homme fronçait les sourcils. Si dehors, le soleil montrait le bout de ses flammes et commençait son ascension dans le ciel, on sentait bien que le ton s’enflammerait lui aussi et monterait d’un bloc.
Harry, ragaillardi par un Enervatum « hermionesque », se releva et fixa son frère. La flamme dévorante de la colère n’étant pas totalement éteinte chez son hôte aux cheveux de feu, Harry décela chez Steffen une rancœur qui ne pouvait s’adresser qu’à lui.
Steffen tourna les talons, à la grande surprise de l’assistance, car chacun savait que Steffen était un garçon sérieux et respectueux envers ses devoirs. Qu’il s’en aille sans crier gare, voilà qui avait de quoi étonner.
Mais Neville – sans doute échauffé par les évènements – ne l’entendit pas de cette oreille. Il imita Harry en barrant la route au rouquin. Celui-ci se contenta de ranger sa baguette, de croiser les bras et d’observer froidement Londubat. Ce regard glacial mit Neville mal à l’aise.
« Même si vous parveniez à passer M. Londubat, que comptez-vous faire jeune homme ? » demanda Dumbledore.
Steffen se retourna mais resta aussi disposé à converser qu’une huître. Il n’osa cependant pas affronter dans le blanc des yeux celui que l’on disait être le plus grand sorcier.
Dumbledore ne dit rien, ne fit rien, mais Steffen commençait à se sentir mal. Ce qu’il venait de faire et surtout ce qu’il allait faire le rendirent malade et il prit alors conscience de leur gravité. Harry aurait eu raison de lui en vouloir. Mais – au premier abord en tout cas – il n’en était rien. Mais cette petite étincelle dans les émeraudes… Et si Harry lui en voulait ? Steffen n’aurait plus qu’Hermione comme appui et encore ! Harry et Hermione étaient amis depuis une demi décennie ! Hermione suivrait peut-être Harry. A cette pensée, le rouquin eut la nausée.