Une petite suite, la première des quatre parties qui composent ce chapitre. Bonne lecture!
Chapitre 13 : Résurrection et lycanthropie
Le Médicomage se rendit en hâte dans la salle de soins. Il avait déjà du retard et il était sur les nerfs. Un bruit de pas qui semblait calqué sur le sien fit disparaître le peu de patience qu’il lui restait.
« MADEMOISELLE ! JE VOUS AI DEJA DEMANDER DE CESSER DE ME HARCELER ! JE NE PEUX RIEN POUR VOTRE PETIT AMI ALORS LAISSEZ-MOI EN PAIX ! »
Il se retourna. La jeune femme mi-vélane mi-humaine était en détresse, il le savait, mais il n’y avait rien à faire sinon attendre et elle ne voulait pas y croire. La raisonner devenait difficile.
Il avait passé des heures entières à lui exposer le problème, mais il aurait pu tout aussi bien s’adresser à un mur. Son assistant avait alors pris le relais, relayé à son tour par les amis de la jeune fille, relayés eux-mêmes par le silence. Mais bien que le harcèlement dont le Médicomage était victime était bien excusable, sa patience, elle, avait atteint un tel point d’ébullition qu’il avait le plus grand mal à la contenir. Toute cette affaire l’avait rendu impuissant. Il revoyait la scène – une fois de plus – qui s’était déroulée trois jours plus tôt.
Il devait être entre vingt-trois heures et minuit quand son assistant l’avait réveillé en lui disant qu’il y avait urgence. Connaissant le naturel farceur du jeune homme, il n’y avait cru qu’à moitié mais il s’était levé à toute vitesse lorsque son assistant était revenu avec un garçon roux qui devait avoir seize ans. Le garçon était paniqué, au bord des larmes et avait dû s’y reprendre à trois fois avant d’avoir réussi à expliquer pourquoi il était là en pleine nuit, pourquoi Albus Dumbledore, deux Aurors, un loup-garou, un professeur de Poudlard et les Weasley étaient là, pourquoi Harry Potter était quasiment mort, pourquoi deux jeunes filles dont la petite amie de Potter étaient en larmes, pourquoi il fallait à tout prix faire quelque chose, pourquoi…
Que des mauvaises nouvelles en somme. Rien que des malheurs. Et comme la mort d’Harry Potter, le Survivant, marquerait la fin du Bien, il fallait à tout prix trouver un moyen de le soigner. Mais les remèdes, ça ne tombe pas du ciel, sinon, quel avantage ce serait ! Un malade sur le point de mourir ? Hop ! On tend les mains et la potion miracle est là ! Mais ça n’existait que dans les rêves, alors pas de quoi y occuper ses pensées.
Le Médicomage soupira, regrettant – une fois de plus – d’avoir autorisé les amis du mourant à rester à Ste Mangouste. Si on lui demandait d’en renvoyer un, il n’hésiterait pas même une seconde. Il comprenait ce que ressentait la jeune fille, mais cela l’énervait. L’énervait beaucoup même, tout comme les autres, ils avaient les nerfs à vif.
Un second martèlement de pas retentit. Se retournant en espérant avec force que ce n’était pas annonciateur de nouveaux ennuis, le Médicomage se retrouva nez à nez avec un homme, pâle et maladif qui se disait loup-garou.
« Fleur ! s’exclama-t-il. Cesse de harceler les guérisseurs ! Ils ne peuvent rien faire pour le moment alors calme-toi et reste tranquille. »
La jeune fille le dévisagea. On la sentait prête à exploser.
« ALORS VOUS AUSSI, VOUS VOUS EN FICHEZ ? HARRY M’A TOUJOURS DIT LE PLUS GRAND BIEN DE VOUS, IL VOUS A TOUJOURS DESIGNE COMME UN AMI A QUI IL PEUT SE CONFIER ET VOUS, VOUS LE LAISSEZ MOURIR !
- Fleur… tu ne comprends pas… les Médicomages ne sont pas capables de tout soigner, le cas de Harry est unique…
- JE LE SAIS PARFAITEMENT !
- Alors pourquoi t’acharnes-tu sur eux ? coupa assez durement Lupin.
- Je… je… »
Fleur ne savait plus quelle contenance prendre.
« Fleur… le meilleur moyen de sauver Harry n’est pas de mettre les nerfs de ceux qui tentent de le soigner à vif. Il faut attendre.
- Attendre, attendre. Vous n’avez que ce mot à la bouche !
- Même Dumbledore ne sait pas quoi faire, alors si lui ne sait pas quoi faire, c’est que le cas est désespéré. Maintenant, je voudrais que tu reviennes avec nous et que tu ne partes plus c’est compris ?
- Je…
- Fleur !
- Mais…
- Fleur !
- Je… d’accord », se résigna-t-elle.
Lupin en parut enchanté ainsi que le guérisseur. Ils retournèrent dans la chambre du garçon aux émeraudes.
Le loup-garou et la jeune vélane revinrent dans la chambre du blessé. Minerva McGonagall et les autres personnes présentes en parurent soulagées. Steffen s’approcha de Fleur et, l’attrapant par l’épaule, l’emmena au fond de la pièce où se trouvaient déjà Hermione et Mrs Londubat. Toutes deux tentèrent de la raisonner, le seul résultat fut qu’elle éclata en sanglots. Désespérés, Steffen, Hermione et Mrs Londubat abandonnèrent. Dumbledore semblait terrifié – pour la première fois – en voyant que l’état de son protégé ne s’améliorait pas mais empirait. Il avait déployé tout son savoir, les Médicomages avaient examiné le sujet sous tous les angles mais ils en étaient tous arrivés à la même conclusion : Harry était mort. Mais Dumbledore ne voulait pas en entendre parler. Un détail lui avait échappé, il en était sûr. Son regard éprouvé de fatigue tomba sur le visage fin du Survivant. La cicatrice en particulier. La cicatrice. Le déclic se fit.
« Non, non ça ne se peut pas, marmonna-t-il.
- Albus ? demanda McGonagall.
- Minerva, demanda-t-il avec lenteur. Lorsque l’Avada Kedavra a frappé Harry…
- Oui ?
- C’est bien la tête qui a été frappée ?
- Je crois, oui.
- Est-ce que vous avez vu exactement où le sortilège l’a frappé ?
- Il l’a frappé sur la cicatrice, répondit Lupin. Mais je ne vois pas ce que… »
Il se tu, frappé soudainement d’une idée folle.
« Mais alors, commença-t-il. Si c’est la cicatrice qui a été frappée…
- Alors on peut sauver Harry ! » finit Dumbledore, comblé.