Chapitre 8 : Le Lion, le Serpent et le Mal
Le match de Quidditch n’était plus qu’à deux semaines de distance et Gryffondor s’entraînait à fond et par tous les temps. Ce samedi, Harry avait demandé aux Poufsouffle de faire un petit match amical : tous sauf les Batteurs jouaient aux postes de poursuiveurs. Le match s’organisa rapidement. Gryffondor par 20 à 0 et les Batteurs n’étaient pas encore intervenus. Harry aurait en effet besoin d’eux si le match prenait des tournures violentes, ce qui ne manquerait pas d’arriver contre Serpentard. Ils devraient se placer de telle sorte que les Poursuiveurs puissent effectuer leur attaque en Faucon, Seamus serait à la gauche et un mètre plus de Ginny, Dean à droite et un mètre plus bas d’Hermione. Ils devraient serpenter très rapidement autour des Poursuiveurs et intercepter au moins un Cognard pour l’envoyer droit sur le Gardien, pour que celui-ci s’écarte. Harry avait vérifié : rien n’interdisait d’intimider le Gardien. Le match prit fin, Gryffondor et Poufsouffle étaient à égalité.
Harry maîtrisait une grande partie de ses pouvoirs et Dumbledore leur avait appris – en cours de Magie sans Baguette – à repousser les sortilèges à mains nues. Harry avait réussi à repousser des sorts assez simples, comme l’Expelliarmus ou l’Accio et il s’entraînait pour repousser le Spero Patronum de Steffen. Mais le Survivant était fatigué, il tomba évanoui dès que le Patronus apparut et il n’eut pas le temps de le voir. Dumbledore s’approcha aussitôt, éloigna les autres élèves et jeta un œil au Patronus. Il sourit puis murmura pour lui-même :
« Heureusement qu’Harry est évanoui ! »
La veille du match, après l’entraînement, Harry alla voir Dumbledore pour lui faire part de ses observations. La gargouille s’écarta dès qu’elle entendit parler de Fizwibiz. Harry monta les escaliers et entendit quelqu’un parler avec Dumbledore dans le bureau. Il n’entra pas mais, sa curiosité reprenant le dessus, écouta.
« Albus, pourquoi tu ne lui dis rien ?
- Pour sa sécurité. »
Harry ne connaissait pas la première voix mais la deuxième était celle de Dumbledore.
« D’accord, repris la première, mais ils seront plus forts s’ils sont ensembles !
- Godric ! Voldemort pourra les tuer s’il s’aperçoit qu’on a joué de lui, je ne veux pas prendre de risques ! »
Silence. Harry avait le cœur qui battait la chamade.
« Je ne suis pas d’accord avec toi, repris le dénommé Godric. Mais je respecte ta décision. Mais permets moi d’ajouter une chose.
- Vas-y.
- Il a surmonté bien des épreuves : il a perdu ses parents, son ami, son parrain, il a affronté le Seigneur des Ténèbres… Tu ne vas pas en plus lui cacher qu’il n’est pas le dernier Potter !
- Ca les mettrait en danger ! »
Harry était tétanisé. Alors Dumbledore lui cachait encore quelque chose ! Il s’écarta à temps pour ne pas prendre la porte dans la figure. Godric sortit, aperçut Harry, s’arrêta. Il dit :
« Si même le plus grand sorcier du bien baisse les bras et refuse de réunir le Pouvoir des Quatre, alors ça ne sert à rien de lutter. Je te croyais inébranlable, je me suis trompé. Tu me déçois Albus. »
Il se tourna vers le jeune homme brun.
« Harry, toi, j’espère que tu sauras faire le dénouement. Sauve le monde, tu es mon seul espoir. »
Harry remarqua que Godric portait un tatouage en forme de lion. Le lion de Gryffondor.
« Attendez ! cria Harry. Qui êtes-vous ?
- Tu le sauras bientôt. »
Il disparut, laissant Harry avec de nouvelles questions et de nouveaux doutes. Dumbledore posa sa main sur l’épaule d’Harry.
« Harry, vient. »
Le Survivant le suivit. Il s’assit et posa tout de suite des questions :
« Monsieur, qui était cet homme ?
- Godric Gryffondor.
- Le fondateur de ma maison.
- Exact.
- Que faisait-il ici ?
- Toujours aussi curieux, dit l’homme avec un sourire. Je ne peux pas te répondre. »
Harry réfléchit : de quoi voulait-il parler au juste ? Ah oui, il s’étonnait des ressemblances entre lui et Steffen.
« Monsieur, je voulais vous demander…
- Pourquoi Steffen te semble familier ?
- Oui. Enfin, ses yeux… Ce sont les mêmes que les miens. Exactement les mêmes.
- Harry, je vais te dévoiler une chose : ce ne sont pas tes yeux que tu as reconnus, mais ceux de ta mère.
- De ma mère ?! Mais… Qu’est-ce que ça veut dire ?
- A toi de le découvrir.
- Mais comment ?
- Ecoute-toi. »
Harry était encore plus plongé dans le doute. Les yeux de sa mère ? Il ne comprenait rien. Dumbledore lui demanda de partir.
Le grand jour était arrivé pour Gryffondor : ils devaient prouver qu’ils étaient plus forts que Serpentard. Harry avait insisté pour que les Batteurs se tiennent prêts à rattraper Hermione lors de son tir spécial. Même si Steffen pouvait, d’un regard, faire obéir n’importe quel objet à sa volonté, il valait mieux une précaution supplémentaire. Dans les vestiaires, Harry encouragea ses joueurs. Il fallait mettre au moins dix buts pour être premier au classement. Ils se rendirent sur le terrain sous les applaudissements des Gryffondor, des Poufsouffle et des Serdaigle, et sous les huées de Serpentard. Harry s’avança vers Mme Bibine et serra la main de Malefoy. Celui-ci tenta d’écraser la main d’Harry – c’est une tradition entre Gryffondor et Serpentard – mais Harry resta impassible. L’arbitre siffla.
« ET C’EST PARTIT ! » cria Lee Jordan. Il avait voulut continuer à être commentateur.
« GINNY PASSE À HERMIONE QUI PASSE À STEFFEN QUI LUI-MEME EXECUTE UNE PARFAITE ROULADE DU PARESSEUX ! »
Steffen avait vu un Cognard fonçant vers lui et avait été contraint de faire la Roulade du Paresseux. Il remonta en flèche et laissa tomber le Souafle. Hermione le rattrapa et fonça vers les buts.
« EXCELLENTE FEINTE DE PORSKOFF ! cria Lee. SERPENTARD N’A TOUJOURS RIEN COMPRIS ET HERMIONE TIRE ! ETTTTTTTTTTTTT ! BUT ! 10 A 0 EN FAVEUR DE GRYFFONDOR ! »
Gryffondor laissa éclater sa joie. Un but en deux minutes de jeu ! Ca promettait ! Crabbe envoya un Cognard sur Hermione qui fut renvoyé par Dean. Le Cognard en question frappa Goyle qui avait eu la mauvaise idée de se mettre devant Crabbe. Goyle eu sa batte arrachée des mains par la balle noire.
« APRES CETTE CONTRE-ATTAQUE, GRYFFONDOR REPREND LE SOUAFLE ! LES PASSES ENTRE GINNY ET STEFFEN SONT EXTREMEMENT PRECISES ET RAPIDES ! LE GARDIEN DE SERPENTARD SEMBLE AVOIR OPTE POUR UNE TACTIQUE EN DOUBLE HUIT, NE SACHANT APPAREMMENT PAS OU LE SOUAFLE VA ARRIVER ! OH MAIS ! HERMIONE PASSE À LA VITESSE DE LA LUMIERE ENTRE SES COEQUPIERS ET EXECUTE UN MAGNIFIQUE SALTO ! ELLE FRAPPE LA BALLE AVEC SES PIEDS ET MARQUE ! 20 ! 20 A 0 POUR GRYFFONDOR ! »
Gryffondor était en liesse. Ils menaient par 20 points à 0 ! Mais Serpentard allait riposter, tous le savaient.
« OH LA LA ! cria Lee. HERMIONE, NON. UN POURSUIVEUR DE SERPENTARD A DEVIE LA TRAJECTOIRE DU BALAI D’HERMIONE ET CELLE-CI FAIT UNE CHUTE LIBRE ! ELLE PEUT SE TUER SI ELLE TOMBE ! »
Harry avait vu Hermione marquer son deuxième but, manquer son balai et tomber. Il plongea. Il redressa juste au moment où il allait toucher le sol, Hermione sur son balai. Dean redonna son balai à Hermione qui repartit. Profitant de la diversion provoquée par la chute d’Hermione, Serpentard s’était emparé du Souafle et volait vers les buts adverses sans que Steffen ou les autres puissent faire quelque chose.
« ET VOILA UN PREMIER TEST POUR EUAN ABERCROMBIE, LE GARDIEN DE DEUXIEME ANNEE ! SERPENTARD TIRE ! ET… RATE ! EUAN EFFECTUE UN MAGNIQUE PLONGEON ET RENVOIE LE SOUAFLE ! C’EST PETIT MAIS C’EST RAPIDE ET EFFICACE ! »
Soudain, Harry aperçoit le Vif au pied des buts de Serpentard. Mais il est beaucoup trop tôt pour l’attraper ! Harry voit alors un Poursuiveur de Serpentard foncer vers les buts. L’attrapeur plonge en direction du Poursuiveur, lui coupe devant suivi de près par Malefoy et voit ce dernier le devancer. Malefoy lui tire la langue, tend le bras et s’écrase avec grand bruit. Harry avait fait la feinte de Wronski et avait redressé à temps. Malefoy semble K.O. pour un bon moment. Harry remonte et fait des cercles autour du terrain. Vingt minutes plus tard, Gryffondor a largement pris l’avantage : 120 à 10. Harry aperçoit le Vif une seconde fois. Cette fois, pas question de feinter ! Il plonge, Malefoy à ses côtés mais plus hésitant. Quand le garçon blond aperçoit enfin le Vif d’Or, il est trop tard. Harry remonte en chandelle, le bras levé en signe de victoire, la petite balle dorée dans son poing. Soudain, le Survivant ressenti comme un froid qu’il ne reconnaît pas tout de suite. Un coup d’œil en bas lui apporta la réponse : une centaine de Détraqueurs les regardaient, une vingtaine d’autres étaient dans les tribunes. Des hurlements retentissaient et Harry vit Euan tomber de son balai et passer sous son nez. Il plongea, imité par Steffen. Les deux garçons firent un plongeon d’une dizaine de mètres et Harry réussit à le rattraper un mètre au dessus du sol. Il le mit sur son balai. Il vit alors un Détraqueur s’avancer vers lui. Il s’envola, suivit par le Détraqueur.
« STEFFEN ! ATTRAPE ! »
Harry lança Euan au garçon roux qui le rata de dix centimètres. Un autre Détraqueurs s’approcha de Steffen qui le fit partir avec un Patronus. Un Patronus étrangement familier pour Harry. Mais il n’eu le temps d’y penser, il tomba de son balai. Il aperçut Steffen plonger, le rattraper et tomber lui aussi de son balai. Harry perdit connaissance en touchant le sol.