Perdu dans ses pensées, Harry ne vit pas la larme couler le long de la joue de sa tante, toujours debout devant lui. Quand il s´aperçut qu´elle pleurait, il pris conscience du combat quelle avait du mener contre elle-même tout au long de sa vie. Jalouse de l´attention qu´on portait à sa sœur, si belle, si douée, elle avait laissé la haine l´envahir et n´avait pas senti l´amour qu´elle avait pour elle.
Maintenant qu´elle voyait son neveu, avec une si lourde tache à accomplir, elle comprenait qu´elle ne l´avait pas élevé comme elle aurait du.
" Je voudrais que tu nous pardonnes pour ce que nous t´avons fait subir, ton oncle et moi." dit-elle. " Nous ne nous étions pas rendu compte de ce que tu avais à accomplir."
-"De toute façon, ça n´aurait rien changé" répondit Harry, " Et je n´ai pas l´intention de vous pardonner aussi facilement, maintenant, si tu veux bien, je vais aller prendre l´air".
La tante Pétunia s´écarta pour laisser passer Harry, un mélange de tristesse, d´anxiété, mais également de reproche dans le regard. Certes, elle n´avait pas traité ce gamin comme elle aurait du, mais cela ne l´autorisait pas à lui parler comme ça. Se rendant compte que ce qu´elle venait de dire, qu´elle venait de demander pardon à ce morveux, elle se ressaisit et se promit " d´oublier" de préparer le repas de Harry ce soir là.
Mais Harry était trop bouleversé pour se rendre compte de l´état d´esprit de sa tante, et franchement, il avait d´autres choses à penser. Ce qu´il venait d´apprendre n´était certes, pas nouveaux, mais cela remuait en lui des tas de souvenirs qu´il s´était efforcer de refouler tout au long de l´été.
Il descendit les escaliers en sautant une marche sur deux et sortit de la maison en claquant la porte. Il sauta par dessus le muret du jardin et se retrouva dans la rue.
Il marchait de plus en plus vite, ne sachant pas très bien où il allait. Mais peu lui importait, il voulait fuir, oublier. Il aperçut au loin la bande de voyous servant d´amis à son cousin. S´il l´avait pu, il aurait volontiers été voir ce qu´ils faisaient pour se changer les idées, mais une main s´était plaquée sur sa bouche et l´avait tiré derrière une haie.