Salut à tous ! ^^
J´en vois venir d´ici : "mais c´est quoi encore ce topic à la noix qu´il nous sort le Kirb ? Pis c´est quoi ce titre bizarre ? Il nous ressort une fic ?"
Eh bien oui, je ressorts une fic, un One Shot précisément. La plupart d´entre vous savent déjà que cet écrit portera sur ce cher et charismatique Lord Forcystus, ou l´auront déduit du titre ("La Rafale Grinçante" étant le surnom du Grand Cardinal Desian). Quant aux autres, bah maintenant ils le savent vu que je viens de le dire XD
Bref, n’ayant pas pu me décider entre deux titres, et n’ayant pas assez de place dans le titre de ce fichu topic, j’ai décidé que cet écrit porterait deux titres. Le nom complet de ce texte est donc : « L´Eveil de la Rafale Grinçante », ou « Le soupir précédant la bourrasque ». A vous de voir lequel du titre ou du sous-titre vous préférez. ^^
Bon, il est temps de démarrez, n’hésitez pas à mettre vos commentaires, et bonne lecture
One Shot : Le soupir précédant la bourrasque
Pourquoi diable n’avaient-ils pas fui ce jour là ?
C’était le soir. Il pleuvait. L’homme ne pouvait que rester allongé, à regarder le ciel nuageux, ainsi que les gouttes d’eau qui ruisselaient le long de la flèche plantée dans son visage. Son œil droit le faisait souffrir, de même que son bras gauche, tout du moins ce qu’il en restait.
Vidé, blessé, démoralisé, n’ayant ni la force ni le courage de se relever… Était-ce vraiment ainsi que le grand Forcystus, le célèbre héros demi-elfe qui avait sauvé nombre de vies, allait finir ? Il mourrait donc allongé sur le sol, avec un bras et un œil en moins, baignant dans un mélange de sang et de boue ?
Il le sentait, le carreau d’arbalète qu’il avait reçu au visage était muni de crochets, comme les hameçons des pêcheurs. C’était donc ainsi que les humains voyaient les gens de sa race : des animaux que l’on chassait pour se divertir… Quoi qu’il en fût, même s’il en avait eu la force, jamais il n’aurait pu retirer le projectile de son œil, sous peine de ne faire qu’aggraver l’hémorragie. Le demi-elfe ne pouvait donc qu’attendre, attendre et espérer, espérer que quelqu’un vienne et éprouve assez de compassion pour lui venir en aide, espérer qu’il n’ait pas fait tout ça pour rien…
Mais pourquoi n’avaient-ils pas pris la fuite ? Pourquoi les victimes qu’il avait sauvées ce jour là avaient-elles refusé de se mettre à l’abri ? C’était la question qui tourmentait Forcystus, la seule à laquelle il ne parvenait pas à trouver de réponse… et pourtant la seule qui expliquait l’état dans lequel il se trouvait en cet instant.
Des demi-elfes traités comme de la marchandise par un groupe d’humains, un sort bien placé sur l’escorte avant, suivie d’une rapide intervention au corps à corps par l’arrière, l’embuscade était parfaite. Après cette attaque des plus efficaces et quelques chaînes brisées, les prisonniers n’auraient eu qu’à rejoindre le village le plus proche et à s’y cacher durant quelques heures… Pourquoi n’en avaient-ils rien fait ? Pourquoi avoir voulu aider leur « héros » ? Il n’avait jamais demandé de l’aide ni à être considéré comme un héros, il leur avait juste dit de se mettre à l’abri pour que ses efforts ne soient pas vains…
Ils n’avaient pas d’armes et, pour la plupart, aucune notion de combat. Ils auraient dû s’en aller le plus vite possible. Mais au lieu de cela, ils avaient fait perdre un temps considérable en discussion, ce qui avait laissé le temps aux humains de se remettre de l’attaque surprise et de prendre un otage…
Forcystus avait de plus en plus de mal à rester éveillé, il avait déjà perdu beaucoup de sang. Déjà sa vue se faisait vacillante et son œil semblait se fermer de lui-même. Ses pensées se brouillaient, mais à aucun moment cette question ne cessait de l’obséder… pourquoi ? Mais pourquoi avaient-ils agi ainsi ? Pourquoi étaient-ils restés ? Il leur avait pourtant bien dit qu’il se débrouillerait bien mieux seul, que leur présence pourrait compliquer la situation et tous les mettre en danger… alors pourquoi ?
Et ces humains… oser se cacher derrière un enfant pour forcer l’ennemi à déposer les armes… N’avaient-ils aucun honneur ? Étaient-ils fourbes et cruels à ce point ? Ils n’avaient donc vraiment aucun scrupule ?! Prendre un enfant comme bouclier de la sorte était impardonnable !
Entre deux tremblements dus au froid, le héros demi-elfe trouva la force de serrer le seul poing qui lui restait. Des outils, c’était ainsi que les humains avaient vu ces demi-elfes jusqu’au bout. Une marchandise qui se revend à plus ou moins bon prix selon la qualité, et une bonne police d’assurance en cas d’attaque ou de rébellion… Qui étaient-ils pour se donner le droit de juger qu’une race n’avait pas sa place dans ce monde ? Comment osaient-ils se considérer comme supérieurs au nom de leur « complète humanité » ?
Se montrer cruel envers tout être différent et s’octroyer le droit de le détruire ou de s’en servir comme d’un outil… Si c’était cela l’humanité, Forcystus préférait encore être considéré comme un animal. De toute façon, les humains avaient déjà montré de nombreuses fois qu’ils n’étaient pas dignes de confiance, y compris envers leurs semblables.
Pour couronner le tout, comble de la lâcheté, ces hommes s’étaient attaqués à lui alors qu’il venait de se rendre. Puis, ils lui avaient coupé le bras gauche à coup de hache, afin d’éviter qu’il ne s’empare à nouveau de son arme pour se défendre. Mais à aucun moment il n’avait eu l’intention de riposter, du moins pas tant que l’enfant était leur prisonnier. Jamais il n’aurait mis ce dernier en danger, il éprouvait de la compassion, lui. Il n’agissait pas qu’en fonction de ses propres intérêts, mais aussi en fonction des autres. Il n’était pas un de ces humains obnubilés par leurs petites personnes prêts à tout pour sauver leurs pitoyables carcasses…
Au moins, les autres avaient fini par s’enfuir, voyant qu’ils allaient se faire capturer à nouveau et qu’ils ne pouvaient se défendre, au risque que l’enfant ne soit blessé, ou pire encore.
Combien de coups avait-il pris ? Combien de temps les humains l’avaient-ils frappé pour se venger, avant que leur chef ne se décide à lui tirer en plein visage, et à le laisser pour mort ? Peu importait au héros, il avait tout encaissé sans broncher, il était resté fort et n’avait pas cédé à la tentation de riposter.
Mais maintenant il était seul, sur ce chemin perdu au milieu d’une plaine, loin de tout, à espérer. Il espérait que les autres demi-elfes aient pu semer leurs poursuivants. Il souhaitait aussi une chose : que tout se passe bien pour l’enfant, qu’il finisse par trouver une autre occasion de s’échapper, ou qu’un autre le sauve. Forcystus se souvenait encore du regard que lui avait lancé le jeune blondinet prisonnier des humains : un regard intense, déterminé, mais aussi rempli de peine devant le spectacle qui lui était offert. C’était comme si ce jeune garçon âgé d’à peine quinze ans l’avait supplié de se défendre, quitte à le sacrifier. Mais cela, le héros n’avait pu s’y résigner…
L’homme était parcouru tantôt de frissons, tantôt de bouffées de chaleur. Si la pluie était venue à s’arrêter de couler sur son visage, il était persuadé que la transpiration aurait pris le relai. La fièvre, la fatigue, une hémorragie importante qui ne voulait cesser à cause de la pluie, qui empêchait son sang de coaguler, l’humidité et la boue, qui augmentaient les risques d’infection… Tant de choses lui indiquaient qu’il avait toutes les chances de mourir d’ici peu, à moins d’un miracle.
De toute façon, il était trop tard, Forcystus se sentait mourir. Peut-être était-il d’ailleurs déjà mort… sinon d’où proviendrait la lumière qui venait d’apparaître sous ses yeux ? Cette étrange lumière qui émanait d’un homme venu de nulle part, cela ne pouvait être qu’une hallucination, un rêve. Avait-il déjà perdu conscience ? Pourquoi souffrait-il encore dans ce cas ?
L’homme qui était apparu ressemblait à un demi-elfe, un magnifique demi-elfe vêtu de blanc avec une longue chevelure blonde. Une étrange lumière violette semblait émaner de lui, une lumière si intense qu’elle paraissait prendre une forme physique. Il s’agissait là d’une forme bien particulière, cela ressemblait à des ailes… Un ange ? L’être qui lui était apparu venait-t-il du paradis ? Non, il se trompait : il n’y avait pas un ange devant lui, mais trois. Trois magnifiques êtres des cieux étaient venus le chercher. Cette fois-ci il n’y avait aucun doute, il était bel et bien mort. Ainsi, tout était fini…
Sur cette pensée, le héros demi-elfe poussa un dernier soupir, et perdit conscience.
« Tu es sûr de ta décision Mithos ? demanda l’un des êtres en regardant le corps inconscient qui traînait à ses pieds, il a l’air mal en point. Je ne pense pas que nous ayons beaucoup de temps à perdre à essayer de sauver une seule personne alors que nous ne sommes même pas certains du résultat…
- Même si c’est triste à admettre, Kratos a raison, commença un autre ange aux cheveux bleus, de nombreuses autres vies sont en jeu. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous attarder sur l’une d’entre elles avec autant d’incertitudes, alors qu’au lieu de ça nous pourrions en sauver bien d’autres…
- Il en sauvera autant si nous lui donnons sa chance Yuan, affirma le dénommé Mithos, je l’ai vu dans son regard, lorsque je me faisais passer pour un simple garçon. J’avais utilisé ma forme d’origine et je m’étais laissé capturer dans le but de démanteler un réseau de trafiquants de demi-elfes. Mais il est intervenu avec une incroyable efficacité. Par la suite, le chef des humains m’a pris en otage et a exigé de lui qu’il dépose les armes. Il aurait pu se défendre malgré tout pour sauver sa vie et celles des autres, mais il a préféré se laisser torturer dans le seul but qu’on ne me fasse aucun mal. Il a de la volonté, et un grand potentiel…
- Mais de là à le nommer Grand Cardinal, objecta Yuan, c’est tout de même un peu exagéré tu ne trouves pas ? Il ne connaît même pas l’existence de l’autre monde. Il n’a aucune idée de ce qu’est un Désian et toi…
- Je pense qu’il est inutile d’essayer de le convaincre, intervint subitement Kratos, il semble avoir pris sa décision depuis longtemps. De plus, le temps que nous perdons à discuter sur le sort de ce demi-elfe le rapproche cruellement de la mort. Autant le sauver pour l’instant, nous continuerons d’argumenter plus tard.
- Tu as raison, répondit l’ange blond, cessons de jouer sa vie sur l’issue de cette conversation. Tant que nous sommes ici, autant le sauver. Si, plus tard, il ne vous convainc pas du fait qu’il soit digne d’être nommé Grand Cardinal, alors un autre poste lui sera donné. En attendant, tout à l’heure je n’ai pas pu intervenir afin d’éviter que mon plan n’échoue, et il a souffert à cause de ça. J’aimerais au moins le féliciter pour son courage en lui sauvant la vie… »
« Emmenez-le à Welgaïa », ce furent les mots que prononça Mithos avant de disparaître dans un flot de lumière… les mots qui sauvèrent un héros.