Chapitre neuf : la fuite.
Artémis avait noté sur un bout de papier le nom de cette femme et ceux de ses hommes de main. Des ninjas, d’après Sheena.
Cette dernière était partie définitivement pour l’au-delà et le jeune homme ne pourrait plus la joindre.
Toute la nuit, Artémis avait, avec Gad, mit au point un plan pour s’enfuir si jamais, comme ils le supposaient, le général Grévak ne voulait pas le laisser partir.
Il faut dire qu’Artémis était là depuis longtemps et que le général s’était attaché à lui.
La 3e compagnie perdrait à la fois, son sergent, son meilleur tireur et son meilleur stratège.
Grosso modo, l’élite serait privée de l’élite.
Ironique, non ?
Il laissa donc son plan mijoter dans sa tête pendant quelques jours pour le peaufiner. Artémis décida de ne pas partir tout de suite.
Il restait beaucoup à faire car il s’était lui aussi attaché à cette compagnie, il ne pouvait pas la laisser dans l’embarras, sans aucun moyen.
Cela signifierait que la base entière serait en danger puisque c’était les hommes d’Artémis qui retenaient les monstres à l’écart, dans la forêt, en les tenant en respect.
Les autres soldats, qui n’appartenaient pas à l’élite, étaient chargés d’autres missions, plus faciles, telles que calmer des émeutes dans un village. À Ozette par exemple.
Dans ce village, les gens étaient d’un tempérament fougueux, pour ne pas dire agressif. La pauvreté ne facilitait guère les choses, la population réclamait sans arrêt des aides alimentaires, des dons de l’Etat, etc.
Quant aux deux autres compagnies d’élites, n’en parlons pas, c’était la catastrophe.
Certes, les soldats y étaient meilleurs que les autres, mais comparés à la 3è compagnie, ils étaient franchement nuls et ne pouvaient malheureusement pas protégeait la base à eux tout seul.
C’était pour ces raisons qu’Artémis estimait que partir immédiatement serait une mauvaise solution.
Et il avait raison.
Il reporta donc son attention sur les documents éparpillés sur le bureau du général Grévak et se décida enfin à écouter celui-ci.
Il s’agissait d’aller en forêt pour vider un nid d’abeilles géantes qui devenaient menaçantes, et d’explorer une clairière vers le centre de Gaorrachia.
Rien de très palpitant, annonça-t-il à Grévak qui paraissait outré.
Il quitta le bureau et retourna dans sa chambre, la même depuis qu’il était là.
Après avoir ériger une stratégie pour anéantir un nid d’abeilles géantes, Artémis focalisa son attention sur les noms que lui avait donnés Sheena.
Meredith… Meredith Conversa.
C’était le nom de cette femme. Artémis trouvait étrange que ce nom ait une consonance peu « Mizuhaine ».
En effet, les noms féminin Mizuhains étaient plutôt du genre :
Mitsumi, Mitsune, Sheena, Shita…
Cette vieille harpie semblait venir de Palmacosta, à Sylvarant. Ou de Luin. Peut-être venait-elle de Meltokio.
Artémis n’en savait rien.
Quoi qu’il en soit, elle habitait maintenant à Ozette, sous le pseudonyme de Mme Jones. En tout cas, c’est ce que déchiffrait Artémis sur le bout de papier sur lequel Sheena avait écrit les noms, les nouveaux noms – car la plupart avaient changé – et les adresses des complices de Conversa.
Aucun des neuf malfrats ne vivait ensemble, ce qui rendrait la tâche plus facile.
Artémis s’endormit.
Deux mois passèrent.
Deux mois au cours desquelles Artémis avait mis au point son plan. Théoriquement, tout devait bien se passer, sans blessé ni autres dégâts.
Il regarda la liste des noms et essaya de les retenir, sans grand succès.
Il les lu tout de même une dernière fois :
Veronica Stallman
Erik Calson
Najei Otomi
Gaku Otomi
Eston Nigel
Ataka Mitsu
Nigeo Ku
Charlie Foctore
Erbet Bookman
Il remarqua que plusieurs d’entre eux ne portaient pas de noms Mizuhains et se dit que la folie n’avait peut-être pas atteint qu’un seul village. Il frissonna à cette idée.
Artémis descendit prendre son petit-déjeuner. Avant de partir, il avait une dernière mission à effectuer.
Après avoir manger, il se dirigea vers l’armurerie avec ses hommes. Chacun prit une AE (arme élémentale) sans échanger un mot.
La tension était palpable, seul Artémis était décontracté, le soir même, il serait débarrassé de ce stress, de ces batailles, de ces missions.
Il pouvait partir l’esprit tranquille, il avait formé une nouvelle recrue d’une vingtaine d’années. Voilà que maintenant, le jeune nouveau tirait mieux qu’Artémis. Il prendrait sa succession au poste de sergent. Ou plutôt ELLE prendrait sa succession. Au plus grand étonnement de tous, la 3e compagnie était rentrée d’une banale mission (au cours de laquelle les soldats avaient dû exterminer un nid d’abeilles géantes et explorer une clairière) accompagnée de cette jeune fille, blessée et meurtrie.
Artémis avait donc fait avec elle comme Grévak avait fait, il y a quelques années.
Les progrès de Sally, car c’est ainsi qu’elle se nommait, furent fulgurants. Elle fut aussitôt transférée dans la 3e compagnie d’élite en espérant qu’elle progresse encore plus.
Ils avaient eu raison de penser ça, elle était meilleure qu’Artémis et que n’importe quel autre soldat.
Artémis et Sally partaient donc en compagnie des autres membres du régiment. Cette mission consistait à se frayait un chemin jusqu’à un vieux puit abandonné, au cœur de la forêt. Il risquait de tomber sur des abeilles géantes, aux dernières nouvelles, elles avaient pris le contrôle du puit.
*
Les abeilles tournaient rapidement au-dessus des soldats, plongeant à maintes reprises sur eux, pointant leurs dards menaçants.
À chaque assaut, quelques-unes tombaient, remboursées par la mort de soldats.
Artémis tourna la tête : Sally tirait habilement, nullement gênée par le bourdonnement incessant, abattant un à un les insectes fonçant sur elle.
Le sergent en fut impressionné et une bouffée de fierté monta en lui et se remit à tirer frénétiquement.
*
La 3e compagnie était de retour à la base en fin d’après-midi.
Sally était blessée au bras gauche, mais de nombreux hommes avaient péri. Le général ne fut nullement étonné, il savait que cette mission était particulièrement dangereuse.
*
La nuit était tombée sur la base militaire. Seuls les veilleurs ne dormaient pas. Artémis aussi n’avait pas cherché à dormir.
Son plan était prêt, lui aussi.
Il se leva doucement, s’habilla et prit ses affaires. Il descendit sans faire de bruit et se dirigea, pour la deuxième fois de la journée vers l’armurerie et s’empara de son AE. Il la reconnut grâce au deux lettres gravées dessus, à la main : « A.A. ».
Initiale de : « Artémis Arama ».
Arama était son nom de famille.
Il prit aussi quelques cartouches et sortit.
Une fois devant la grande porte, il se concentra ; le grand moment était venu.
Il avait toujours entendu que les demi-elfes pouvaient faire de la magie. Il n’avait jamais pensé que lui pouvait en faire.
Il ne savait pas comment faire, mais il avait une petite idée.
Il pensa très fort à une chose, de la glace. Soudain, à son plus grand étonnement, de la glace sortit de ses mains et vint se figer sur la grande porte.
Tout fonctionnait.
Puis il se mit à penser à de la foudre. Celle-ci vint frapper la glace, mais Artémis avait bien réfléchi.
Il pensa à ce que la glace ne se brise pas sous le choc et que la foudre prenne place à l’intérieur.
C’est ce qu’il se passa.
Rayonnant de joie, Artémis fit apparaître du feu ce qui eut pour effet de faire fondre la glace.
La glace fondue libera l’électricité et produisit une petite explosion.
Un trou dans la porte.
La liberté.
Une larme sur la joue d’Artémis.
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Voila 
normalement, vous devriez comprendre pourquoi cette fic s´appelle V.e.n.g.e.a.n.c.e. (si vous etes futés)