Chapitre trois : le passé de ses parents.
« - Mes parents… Des… Demi-elfes ?
- Oui Artémis, dit Théoss, ils étaient demi-elfes.
- Comment le savez-vous ? ! s’écria Artémis, hors de lui.
- Calme-toi Artémis, rétorqua Théoss en se levant. Calme-toi… Tes parents étaient… Des amis à moi. Je les connaissais quand j’étais jeune, vers la trentaine d’années.
- Des amis ? Questionna Artémis.
- Oui, répondit calmement l’homme. Des amis. Tu comprends maintenant ?
- Oui, répondit Artémis en détournant son regard de celui de Théoss. C’est donc comme ça qu’ils sont morts ? Je n’aurais jamais pensé à ça. On nous a toujours dit que les demi-elfes n’étaient plus persécutés, maltraîtés… Puis on m’as aussi dit qu’ils avaient péri dans un incendie…. Que croire ?
- En effet, tu as raison d’être confus. Moi aussi je pensais que la discrimination avait disparu, tes parents avaient la même opinion. Jusqu’à ce jour, ce maudit jour…
Artémis, tu ne l’as sans doute pas remarqué mais tu as un certain don que ta famille t’as transmis.
- Ah bon ? Lequel ?
- Tu peux communiquer avec l’au-delà. »
L’étonnement d’Artémis fut à son comble. L’idée de communiquer avec les morts l’effraya, le tétanisa.
Artémis sentit un sentiment de puissance monter en lui.
Théoss se leva et se rapprocha de lui. Il posa délicatement ses doigts sur les tempes d’Artémis et murmura quelques paroles inaudibles.
Soudain, l’esprit d’Artémis se brouilla et tout chavira dans sa tête. Il revit son passé défiler devant lui, la dispute, l’entrée à l’école, ses premiers mots…
Tout devint noir…
« Où suis-je ? »
Artémis se trouvait dans une petite salle plongée dans l’obscurité. Il avançait à l’aide de pas hésitants. Il était pris de panique.
« Comment suis-je arrivé là ? »
Tant de questions s’imposaient dans son esprit, des questions sans réponses.
Soudain, il entendit une voix :
« Lana, tu vas coucher le petit ? »
Artémis fut tout bouleversé par cette voix. Il la connaissait. Elle lui était familière.
« C’est déjà fait ! »
Cette fois-ci, une autre personne avait parlé. Une voix féminine.
« Cela doit être la dénommée Lana, se dit Artémis. »
Artémis pleura, il ne pouvait contenir toutes ses émotions. Trop de pensées venaient à son esprit, toutes plus horribles les unes que les autres. Trop de questions faisaient bouillonnaient son cerveau. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Ces voix, familières. Cette salle plongée dans l’obscurité…
« Ah, une poignée. »
Artémis avait senti, en promenant ses doigts sur la paroi, un objet dépassant du relief.
Il fit jouer la poignée et ouvrit la porte. Il se trouvait dans un placard. La lumière l’aveugla, il était resté trop longtemps dans l’obscurité.
« - Lana, on a frappé, tu vas ouvrir ? dit la voix masculine.
- Non, le petit Artémis pleure dans sa chambre, je vais le voir. »
Ces paroles choquèrent Artémis. Il comprit…
Ses parents… Il entendait ses parents… Il voulait les voir.
Il s’avança dans le corridor éclairé et vit son père passer devant lui.
« Papa ! C’est moi, Artémis ! »
L’homme ne broncha pas, il ne semblait pas avoir entendu l’appel d’Artémis.
« Papa ? »
Non, il continuait son chemin vers la porte d’entrée. Il arriva à son but. Artémis le suivait.
Il ouvrit la porte.
« - Bonjour, vous êtes bien le dénommé Well ?
- Oui, pourquoi ?
- Nous avons appris, de source sûre, que vous étiez, vous ainsi que votre femme et votre enfant, un demi-elfe. »
Sur ces mots, l’homme sortit une longue dague acérée et la planta dans le cœur de Well, le père d’Artémis eu juste la force de crier :
« Lana, fuis, la discrimination n’as pas disparu… »
L’homme l’acheva d’un violent coup de poing dans la figure.
Il mourut. Une larme perla sur le visage d’Artémis. Il se mit à courir en direction de l’étage. Il ne savait pas où il était mais il semblait connaître, instinctivement, le chemin.
Il arriva dans la chambre où il se vit, tout jeune. Le nourrisson ne devait pas avoir plus d’un mois. Sa mère, Lana, le portait dans ses bras en pleurant. Elle sauta par la fenêtre avec Artémis serré contre sa poitrine.
Elle tomba dans les poubelles.
Elle se mit à courir vers le quartier pauvre. Là, elle trouva celle qu’elle cherchait.
« - Roma ! Aide-moi !
- Lana ! qu’y a-t-il ? répondit Roma.
- Ils l’ont tué ! Ils ont tué Well ! Tiens, prends Artémis, ils me poursuivent. Ils cherchent les demi-elfes !
- Calme-toi…
- Va-t-en, cria-t-elle, ils arrivent ! »
Elle déposa Artémis dans les bras de Roma puis lui dit brièvement, hâtivement, adieu. Roma pleura elle aussi et se mit à courir dans la direction opposée. Elle allait tout raconter à son mari et ils allaient, ensemble, protéger Artémis.
Artémis, qui avait suivi sa mère, avait assisté à toute la scène.
Il vit ensuite sa mère, rattrapée par les malfaiteurs, se faire tuer sous ses yeux. Les bandits avaient ensuite assassiné sauvagement et sans pitié tous les témoins.
Cette nuit-là, sept personnes périrent. Cinq de celles-là n’avaient rien à faire dans cette histoire et s’étaient pourtant faites tuées.
Sombre coïncidence que de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment…
Tout redevint confus dans l’esprit d’Artémis et une douleur intense s’empara de lui. Tout ce qu’il voyait, il y a de cela une seconde, s’estompa.
Théoss se trouvait en face de lui, l’air triste. Il semblait regretter quelque chose.
« Tu viens d’assister aux derniers instants de la vie de tes parents, dit-il d’un air sombre. Je n’aurais peut-être pas dû te montrer ça. »
Artémis essaya de parler, mais les mots ne venaient pas, il était incapable de prononcer un son, une syllabe. Il était choqué par ce qu’il venait de voir.
« C’est normal de ne plus pouvoir parler après ce que tu viens de vivre. Je suis même étonné de ta résistance. Beaucoup se seraient évanouis. Pas toi. »
Un long silence s’installa. Le même silence pesant que tout à l’heure. Et, encore une fois, Artémis le rompit :
« - Qui à fait ça ?
- Écoute Artémis, si nous le savions, nous serions déjà partis à leur recherche. Nous n’en avons aucune idée. Maintenant, rentre chez toi. Parles en à tes parents et repose-toi »
Artémis rentra chez lui et dit tout à ses parents.
Il avait pris sa décision, il partirait bientôt