Chapitre deux : tristes et multiples révélations…
Une heure… Deux heures…
Le temps passait lentement, très lentement… Surtout lors d’un cours de philosophie. Artémis pensait toujours aux paroles du gamin. Elles l’avaient blessé.
« Artémis ! que fais-tu ? »
Le professeur venait de se rendre compte de l’absence de l’esprit d’Artémis. Il avait été long à le remarquer. Deux heures déjà ont passé sans qu’il le remarque. Les autres élèves ricanaient méchamment dans son dos.
« - Arrêtez vous autres, s’écria le professeur. Ne vous moquez pas de lui.
- Mais, Monsieur, commença l’un des élèves… Pourquoi le défendez-vous ? »
Le professeur parut gêné par les paroles de l’élève. Les ricanements reprirent de plus bel. Mais, cette fois ci, ils ne visaient pas qu’Artémis, ils visaient aussi le professeur.
« Hmm… Vous le savez tous…Il a eu un grave problème, mais vous le savez… »
Le professeur eut l’air encore plus confus, gêné. Artémis, lui aussi, était gêné. Mais, lui ne voyait pas ce dont le professeur parlait, ce à quoi, à qui, il voulait faire allusion. Ses camarades se moquaient de lui, mais, cette fois ci, il en avait marre.
« Vous voulez bien m’expliquer ce qui se passe à la fin ? ! s’écria Artémis, bouillant de rage. Pourquoi vous prenez toujours ma défense ? Pourquoi ? Pourquoi tout le monde se moque de moi ? hein ? dites-le ! »
Le silence s’installa dans la salle de classe. Un silence pesant, lourd, plein de tensions.
« Nous… Nous ne pou… Nous ne pouvons pas te le dire ! On a promis de ne pas le révéler ! »
Cette fois, le professeur était vraiment gêné. Mais, au grand étonnement d’Artémis, les élèves ne riaient plus. Ils avaient l’air tristes, on aurait dit de la compassion à l’égard d’Artémis.
Le professeur versa une larme.
« - Nous n’aurions jamais dû t’en parler, mais, aujourd’hui, nous ne pouvons pas garder le secret une seconde de plus. Tes parents…, commença-t-il, Ils sont… Non, c’est trop dur…
- Artémis ! reprit le garçon de tout à l’heure, tes parents sont morts il y a de cela quinze ans dans un incendie !
- Nous t’avons toujours caché ça, car les professeurs nous ont dit de ne pas te le dire, renchérit une autre élève.
- De toute façon, cela t’aurait fait trop de peine, et même si les professeurs ne nous avaient pas demandé de le cacher, nous ne te l’aurions pas dit ! »
Une perle cristalline coula sur le visage d’Artémis, laissant derrière elle une longue traînée argentée ; il pleurait, il pleurait discrètement, mais il ne pouvait le cacher aux autres, d’ailleurs, pourquoi l’aurait-il fait ?
Le professeur autorisa Artémis à retourner chez lui. Avant de partir, il remercia chaleureusement tous ses camarades, ses amis qui, pour son bien, lui avaient caché la vérité.
Il ne leur en voulait pas, pas du tout.
Il emprunta le même chemin qu’à l’aller. Arrivé dans une petite des nombreuses ruelles de Meltokio, il s’assit sur les marches d’un perron et pleura. Il laissa partir toutes les larmes de son corps.
Il ne pleurait pas car on lui avait caché un terrible secret, mais le choc émotionnel était trop fort, il ne pouvait résister.
« Tiens, mais c’est le petit Artémis que je vois là ! qu’as tu donc ? »
Artémis leva les yeux. Un homme, grand, musclé, se tenait devant lui. C’était un ami à ses parents : Théoss.
Il exerçait le métier de boulanger dans le quartier pauvre. Une cicatrice traversait son bras droit.
Théoss était brun, comme Artémis. C’était un ancien militaire.
Il avait servi le pontife lors de la bataille qui mit fin aux agissements des persécuteurs de demi-elfes, il y a 25 ans.
Il possédait une carrure d’athlète malgré ses 52 ans.
« - Bonjour Théoss, dit Artémis, tristement.
- Je lis la tristesse et la mélancolie dans ton regard… Que s’est-il passé ?
- Je sais tout… Absolument tout… Ce n’est plus la peine de me le cacher. »
Artémis perçut comme une expression à la fois de surprise et d’inquiétude dans les yeux de Théoss.
« - Que… Que veut-tu dire ? Demanda-t-il, la voix tremblante et hésitante.
- Mes parents, rétorqua Artémis, Mes parents sont… Ils sont… Mort !
- Alors tu sais… Viens chez moi, lui proposa Théoss. »
Artémis acquiesça et ils se dirigèrent ensemble vers la petite et modeste maison de Théoss. Elle se situait, elle aussi, dans le quartier pauvre.
Sa maison était, aux premiers abords, petite. Mais, quand on y entrait, on était surpris, bluffé par l’espace de cette pièce. La cause de cet espace était, sans aucun doute, le manque de meuble.
En effet, la maison ne disposait pas de meubles, ou presque. Théoss avait installé une table et des fauteuils. Un lit était également présent, dans un coin de la salle.
« Tiens, assieds toi là, sur ce fauteuil, dit Théoss d’un air soucieux en donnant un verre de chocolat eu lait à Artémis. »
Artémis s’assit confortablement et attendit que Théoss en fasse de même. Théoss s’assit, lui aussi, et commença :
« - Tu as donc appris cela… Comment est-ce arrivé ?
- À l’école, le professeur me l’a dit.
- Bien, je vais donc devoir t’apprendre certaines choses. Commençons par le commencement. Tu sais que les mondes ont été réunifié, il y a de cela 150 ans. Tu sais aussi qu’il y à 25 ans, la persécution des demi-elfes était abolie.
- Oui, répondit Artémis, je sais tout cela.
- Bien, maintenant, sais-tu comment la persécution des demi-elfes a débuté ?
- Non, je l’ignore.
- D’accord. Je vais donc t’expliquer tout cela. Lloyd, Colette, Sheena, Préséa, Régal, Zelos, Raine, Génis et Kratos ont entamé, il y a 150 ans, un périple pour la régénération du monde. Ils ont découvert qu’il y avait deux monde, ont combattu les désians, vaincu Mithos et réunifié les deux mondes.
Après cela, Génis et Raine ont parcouru le monde et ont combattu la persécution des demi-elfes et l’ont anéanti.
Kartos est parti sur Derris-Kahrlan, Lloyd a débarrassé le temple de Martel d’Isélia de ses monstres. Les autres, leur histoire n’a pas été retenue.
Un jour, ils se sont tous retrouvés à Ozette. Et là, Sheena Fujibayashi, la ninja de Mizuho, les a tous tués, sans pitié. Elle les a assassinés pendant la nuit. Elle est ensuite repartie et, la troupe de ninjas qu’elle avait secrètement envoyée, a brûlé le village. Ozette était en flammes. Tous les habitants sont morts, calcinés. À partir de ce jour, Sheena et sa troupe de ninjas ont commencé à persécuter les demi-elfes. Un beau jour, il a bien fallut que Sheena meure. Elle est donc morte de vieillesse, mais ces ninjas ont continué à tuer, à massacrer les demi-elfes.
Maintenant, nous soupçonnons les ninjas de Sheena de continuer, secrètement, leurs agissements.
- Je ne vois pas le rapport avec mes parents, dit soudain Artémis après un long silence.
- Réfléchis, ordonna Théoss.
- Je ne vois toujours pas…
- Tes parents étaient des demi-elfes. »
Un silence pesant s’installa. Une goutte coula lentement sur le visage d’Artémis.