La suite 
Le passé de Kratos
Chapitre 6 : Le cobaye A012.
Il faisait froid. Malgré le fait qu’Anna se trouvait en état d’inconscience totale, elle arrivait à percevoir que le lieu dans lequel elle se trouvait était humide et glacé. Ses paupières remuèrent quelque peu et s’ouvrirent telles deux ailes d’un léger papillon battent le vent. Elle perçut d’abord une forte lumière, loin devant elle. Elle se redressa et regarda autour d’elle. Sa vision était floue et il lui était quasi impossible de distinguer quelles étaient les personnes qui l’entouraient.
- Elle est réveillée ? demanda une voix.
- Oui, elle à l’air d’aller mieux, répondit une autre.
Anna se frotta les yeux. Ses mains étaient inexplicablement maculées de sang ; en effet, on l’avait jeté violemment sur le sol graniteux. Sa tête saignait aussi. Sa vision, peu à peu, lui revint et elle put enfin distinguer, premièrement, le lieu dans lequel elle se trouvait, et quelle était sa bienveillante compagnie.
Ils étaient enfermés dans une petite salle, carrée, fermé de l’intérieur par une immense vitre dont l’épaisseur semblait être immense. Ses « hôtes » étaient deux femmes et un homme. Ils étaient tous habillés d’un même habit verdâtre et sale. Sur le col était inscrit des numéros : A009, A010, A011. Elle se leva et s’aperçut qu’elle portait les mêmes vêtements, sont matricule étant A012.
- Bonjour, arriva-t-elle à dire timidement.
- Salut toi, commença l’homme. Tu t’appelles comment ?
- Euh…
- Voyons Roberto, laisse-la se remettre un peu ! se fâcha une des deux femmes, la plus vieille selon son apparence physique.
- Ce n’est rien madame… fit Anne en baissant les yeux. Puis-je vous poser une question ?
- Demande tout ce que tu veux, dit la seconde femme.
- Bien… Je voudrais savoir… Où sommes-nous ?
Les deux femmes se regardèrent.
- Dans la Ferme Humaine de Kvar, expliqua Roberto, le regard plongé dans le vide. Dans une cellule. Devant la mort.
Deux gardes Désians passèrent devant leur cellule, puis empruntèrent un grand escalier qui descendait au niveau inférieur, où se trouvait bon nombre d’autres cellules. Le silence régnait, et seul le bruit répétitif des portes automatiques s’ouvrant s’autorisait à le défier. Une larme perla sur la joue d’Anna. La déclaration de Roberto avait été brutale. Elle voulut prendre sa température sur son front afin de déterminer si elle avait de la fièvre, et se rendit compte que le dos de sa main était dur et arrondi. Elle l’examina ; en effet, une espèce de bille chinoise assez large était implantée dans sa main. Il l’ignora, pensant que c’était comme un moyen de marquer les prisonniers… Mais pourquoi avait-elle été faite prisonnière ? Où était Kratos ? Où étaient Lydrin, Jade et Mélody ? Qui étaient ces gens prisonniers avec elle ? D’où venaient-ils ? Elle sentit son corps vaciller sous le poids de ces questions.
- Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? demanda Anna.
- Je m’appelle Bibi, fit la plus jeune femme. Roberto est mon mari depuis quelques jours.
- Moi je suis Catyl, la grande sœur de Roberto, déclara la femme plus âgée.
- Et moi je suis Roberto !
Le silence se fût.
- D’où venez-vous ? répéta Anna.
Bibi explosa en sanglots sous le poids de cette question. Roberto la prit dans ses bras et tenta de la calmer en lui chuchotant des mots doux.
- Mon frère et Bibi venaient juste de se marier, commença Catyl, et je les avais invités chez moi, à Luin pour faire la fête.
- Nous habitions Palmacosta, continua Roberto, et on était venu avec les deux frères de Bibi, Tarkan et Niousha.
- Et puis, Luin a été attaquée par des Désians. Ils m’ont pris, avec Bibi, et Roberto a voulu nous aider ; il s’est fait prendre lui aussi. Quant à Tarkan et Niousha, je crois qu’ils ont été tués.
Bibi frémit.
- Et maintenant, on attend notre mort, conclut Roberto.
Le silence revint. Anna semblait songer. Elle réfléchissait, puis s’écria :
- Attendez ! J’ai vu Tarkan et Niousha ! Mes amis les ont aidés ! Ils sont vivants !
Bibi se retourna brusquement.
- En es-tu sûr ? demanda Roberto.
- Certaine ! Je les ai vus, je vous dis !
Des larmes coulaient sur les joues de Bibi, mais cette fois des larmes de joie. L’espoir se lisait facilement au fond de son iris bleutée.
- Ils vont venir nous sauver ! s’écria-t-elle. Ils vont nous sauver !
- Ne crie pas espoir trop vite, la prévint Catyl. Ils ne savent peut-être pas où nous sommes !
- Mais mes amis à moi le savent sûrement ! répliqua Anna. Ils vont venir, c’est sûr !
- Nous sommes sauvés ! cria Bibi. Youhouuuuuuuuuuu !
- Qu’est-ce qui se passe, ici ? fit une voix à l’extérieur de la cellule.
Trois Désians arrivèrent et ouvrirent la porte de verre en pressant un bouton.
- Toi, l’hystérique, vient voir un peu mon fouet ! ordonna le premier Désian à Bibi.
Cette dernière, soudainement paralysée par la peur alla se blottir au fond de la cellule. Roberto s’interposa.
- Si tu la touches, je te tue ! menaça-t-il.
- Bouge-toi de là, insolent ! cria le Désian en dégainant son sabre.
- Non ! répondit-il.
Anna, apeurée contemplait la scène avec effroi, ne pouvant rien faire sans son bâton.
- Bon alors tu mourras… conclut le Désian, impatient.
Il leva son arme et l’abattit sur le jeune homme. Mais au dernier moment, Catyl, voulant protéger son petit frère, se jeta devant ce dernier et se prit le coup de sabre dans l’épaule gauche.
- Nooon ! s’écria Roberto.
Il s’élança sur le garde qui l’assomma d’un coup de manche de sabre.
- Tue-le, conseilla un autre Désian.
- Non, pas de gaspillage ! intervint le troisième.
Le premier Désian s’empara de Catyl, qui gémissait de douleur, et ferma la porte de verre. Bibi s’était précipité vers son homme inconscient et Anna pleurait de rage. Le Désian attacha Catyl sur une poutre verticale, la tête en bas.
- Voyez, tous, ce qu’il advint aux rebelles ! s’écria-t-il aux prisonniers. Ils meurent ! Elle, elle va lentement perdre tout son sang dans la souffrance ! Que ça vous serve d’exemple à tous !
Après quoi il sortit de la salle accompagné des deux autres Désians.
Catyl hurlait en se débattant, pendant qu’en dessous d’elle, une flaque de sang s’étalait de plus en plus sur le sol. Anna paniquait, elle voulait la soigner, et se voyait dans l’incapacité totale de jeter un sort. Bibi pleurait dans les bras de Roberto, toujours évanoui, et s’efforçait de ne pas regarder sa belle-sœur mourir. Petit à petit, le cri de Catyl se fit de moins en moins puissant, puis disparût, ainsi que sa vie.
Voilà c´est un chapitre assez court, mais j´ai voulu le clore sur cette phrase. Vous en pensez quoi ?