L´ombre de la mémoire.
Jacques, apres un sommeil bien agité et tourmenté, décida de se lever. Il se sentait bizarre, quelquechose en lui était inhabituel. Il s´assit sur le bord de son lit et tenta un instant de récuperer ses esprits...Rien a faire, toujours ce sentiment et cette sensation étrange qui s´emparait de tout son etre."Peut-etre ai-je encore pris trop de xanax" se pensa-il, " je dois etre encore completement out".Il se leva de son lit, se sentant léger, et se retourna vers la fenetre pour juger quelle heure de la nuit il pouvait bien etre. C´est alors qu´il fut pris de plus bel par ce sentiment etrange qu´il ressentait maintenant jusque dans ses tripes . Le ciel,au dehors,était d´un bleu vif,ni clair,ni sombre.Son ventre se resserra quand il s´apercut qu´il n´y avait rien d´autre que ce bleu lumineux,surnaturel...Ni etoiles , ni lune, ni nuages, pas la trace d´un rayon ou d´un lever de soleil.. L´idée qu´il avait du prendre une dose médicamenteuse trop élevée et qu´il avait surement un trouble de la vision , lui traversa l´esprit. Il se sentait bien éveillé pourtant et conscient qu´il ne revait pas. Une légère crise de panique monta alors en lui. Il s´approcha de la fenetre, toujours pris de ce sentiment etrange et inconnu...C´est alors que son coeur batta à tout rompre . Dehors il n´y avait ni paysage, ni maisons et encore moins de jardin, de lotissement ni meme de route ou de sol;tout n´etait que bleu jusqu´a l´horizon, de haut en bas,partout...Il ouvra la fenetre, son coeur palpitait de plus en plus, cette sensation etrange qu´il ressentait etait une sensation de flottement,comme si sa chambre voyageait dans les airs. Il regarda en bas...du bleu...que cette lumiere bleu autour de la maison..."decidemment, soit c´est les médocs , soit je reve, soit je suis...mort, non je ne me sens pas mort , ca doit etre encore un de ces reves que je fais le matin, somnolent, a demi-conscient, et je vais m´apercevoir que je suis encore allongé dans mon lit".
Jacques s´étira et palpa son matelas,"ouf!".
Il se reveilla, encore fatigué, mais cette fois tout etait normal. Il eu un large sourire et sauta de son lit pour aller prendre son petit dejeuner.
" Bon,pas le temps de glander aujourd´hui!"proclama t-il haut et fort devant son café . Jacques s´empressa de finir son ptit-dej, et alla enfiler un jean noir bien repassé, une veste en cuir et une echarppe.Dehors, il faisait un froid de canard,la brume matinale commencait a s"estomper. Jack sorti de chez lui ardemment, bien decidé à trouver du travail."cv en poche, lettre de motive, photos , plusieurs exemplaires , j´ai tout ce qu´il faut.....est-ce que j´ai bien pensé a fermer la porte?...oui,oui..c´est bon.." . Il marchait d´un pas ferme, et s´essoufla au bout de cent metres . "Bordel, du calme Jacques, pas la peine d´en faire trop!".Il sorti un paquet de cigarettes de sa veste et s´en alluma une."Une bonne sèche, voila, prend ton temps, marche relax".
Jacques avait beaucoup de mal a trouver la motivation necessaire pour faire quoi que ce soit en regle general, depuis sa lourde dépression , il y a quatre ans. Une deception sentimentale l´avait completement chamboulé, il n´avait plus confiance en lui, mais il lui fallait maintenant reprendre le dessus dans sa vie...
Jacques s´assit tranquillement sur le trottoir terminer sa clope. Il attendait que son coeur reprit un rythme normal. Il prit une longue inspiration et expira d’une maniere saccadée , puis il s’assoupit . Son pouls redescendait, il se sentait soulagé et reprit son souffle progressivement.
« Bon, nous voilà reparti...tranquillement cette fois… » . Jacques se leva et fit quelque pas avant d’etre saisi brutalement d’une violente douleur au crane. Il s’agenouilla sur le sol tant la douleur etait forte . Il laissa echapper un rale, et comme paralysé, se tint la tete avec sa main droite, essayant de controler la douleur tant bien que mal. Ses oreilles maintenant bourdonnaient, de plus en plus…Jacques sombra doucement dans l’inconscient , juste ayant le temps de s’ecrouler sur le trottoir….
La lumiere etait chaude et aveuglante. Jack, les yeux mi-clos revint lentement a lui, sa nuque se détendit et doucement , il ouvrit les yeux . La vue trouble , il devina un néon et ou il se trouvait a présent : dans une chambre d’hopital.. Quelque part en lui, il se sentait rassuré…il avait besoin de repos...C’est alors qu’il entendit une voix lui dire : « Ne bougez pas , vous etes en bloc operatoire, nous vous avons ouvert la boite cranienne, rassurez vous, vous ne sentirez rien . .»
Jacques etait terrorisé, « Mais qu’est-ce qu’il se passe docteur ? ! ». La voix qu’il entendait changea étrangement et devint rauque et grave « Nous allons vous retirez le cerveau Jacques, il ne sert plus a rien » C’est alors qu’il vit le visage effrayant du chirurgien, un visage tout plissé , marron,les yeux rouges vifs et la machoire deformée, laissant apparaître quelques molaires. Sa blouse etait tachée de sang. Il tenait une scie dans une main et un scalpel dans l’autre. « Nous vous avons ramassé sur un trottoir, vous etiez inconscient ».
Jacques entendit une autre voix, suraigu cette fois , qui lui percait les tympans : « Vous reflechissez trop Jacques, ce n’est pas bon pour vous.. ».
Jacques hurla et reprit connaissance sur le trottoir. « Mais, mais, que m’arrive t-il bon sang ! ? »gémissa t-il , la voix toute tremblante. Sa tete commencait a carburer a cent a l’heure cherchant a rationnaliser de toute urgence la situation devenue cauchemardesque.
Une idée completement folle lui traversa l’esprit : « Ma chambre, cette nuit, ou plutot ce matin,la maison entiere a du traverser une autre dimension et mon cerveau a du mal a s’y habituer » . Malgré la situation, Jacques explosa de rire , « J’a-j’arretes les medocs , et la maintenant direction chez le medecin , direct ! » . Son mal de tete s’etait maintenant completement dissipé.
Le brouillard commencait un peu a réepaissir, Jacques rejoignait maintenant le centre ville , empruntant un petit chemin pedestre le long des vignes . Il marchait a allure moderée, a peine remit de sa troublante experience , mais se concentrant sur un seul et unique objectif : ne plus penser qu’a arriver jusqu’au medecin, c’est tout. « On est pas loin » pensa t-il « ce carrefour, je ne l’ai pas deja passé ? ! Non , impossible , ma tete me joue encore des tours ».
Jacques arriva enfin au dernier carrefour qui rejoignait le centre ville . Il etait rassurré, il allait pouvoir enfin voir du monde , entendre le bruit de la circulation… il s’offrirait un bon croissant et s’assierait tranquillement a la terrasse d’un café avant d’aller voir son médecin....