Nice - Lens : Cauchemar méditérannéen
Par Olivier Maillard 07/02/04
Pris d´entrée de jeu à la gorge par des Aiglons qui n´attendaient sûrement pas tant de largesses défensives, le Racing n´aura jamais fait illusion sur les bords de la Grande Bleue. Sévère, le score reflète malheureusement une nouvelle fois l´inconstance d´une équipe décidemment à la peine loin de ses bases dans ce Championnat 2003-2004 ( 4-0).
Si la victoire vint récompenser, face à Strasbourg, l´abnégation de Sang et Or renouant, pour l´occasion, avec un succès attendu depuis bien longtemps ( et Toulouse) en Championnat, elle ne devait, en dehors de considérations comptables, pas servir à grand chose sans une confirmation - ne serait-ce que par l´obtention du point du nul - sur l´une des pelouses les plus hostiles de Ligue 1, celle du Stade du Ray. Un antre dans lequel la moindre approximation peut être mise à profit par des Aiglons qui confirmaient d´ailleurs dès le coup d´envoi leurs solides aptitudes dans la recherche de failles adverses.
Ainsi, en dépit d´un début de rencontre équilibré qui voyait Olivier Thomert placer une première pique ( 6e), une courte mais suffisante absence du secteur défensif artésien permettait à Laslandes, étrangement libre de tout mouvement, de servir en profondeur Meslin. Grillant la politesse à Eric Sikora et Martin Ekani, le numéro 25 niçois battait, d´un tir croisé, Charles Itandje pour une entame bien loin de se révéler idéale, les ouvertures du score rouge et noire à domicile se traduisant quasi-systématiquement par la prise des trois points ( 1-0, 8e).
Scène de match
La pleine Lune n´aura pas été un bon
présage pour les couleurs lensoises
Comment le Racing, dont les difficultés à marquer à l´extérieur sont certaines, allait-il réagir face au colosse défensif niçois ( trois buts encaissés seulement à la maison, en Ligue 1) ? La réponse, trop souvent entrevue cette saison, fut pour le moins cauchemardesque. Après une nouvelle tentative de Thomert ( 13e), Pamarot, d´un maître-franc, annihilait des espoirs artésiens d´ores et déjà évanouis ( 2-0, 17e). Il fallait à présent se découvrir pour tenter de revenir au score et, par là même, offrir des situations de contres dont les hommes de Gernot Rohr sont si friands, comme sur ce nouveau caviar de Laslandes à l´attention d´Everson, pour la crucifixion d´ensemble d´un onze lensois à la recherche de vaines solutions et ne tardant pas à perdre Cyril Rool sur blessure puis Dagui Bakari pour un double carton jaune ( 3-0, 32e). Le Ray exultait.
A dix contre onze, avec trois buts de retard, la tâche des Sang et Or devenait évidemment impossible. Le retour des vestiaires voyait néanmoins les Nordistes tenter de remettre un peu d´huile dans le moteur. Mais la machine, grippée, ne pouvait, en dépit d´intentions sporadiques, redémarrer. Comme pour rappeler l´emprise et le danger de matraquage de locaux pouvant se permettre le luxe de ralentir le jeu et de gérer la partie, Meslin trouvait la barre de Charles Itandje ( 47e). La suite, pour le moins anecdotique, permettait de relever un rush solitaire manqué de Laslandes ( 63e), un envoi de Meslin sur le poteau ( 67e), la réapparition de Wagneau Eloi sous les couleurs lensoises ( 70e), une frappe lointaine de Bigné ( 75e) ou la quatrième réalisation, de la tête, de Diakité, suite à un centre de ce même Bigné ( 4-0, 78e).
Si l´on pourra mentionner la permanence de la solidité niçoise, le fait d´évoluer en infériorité numérique ou la pénalisation engendrée, dans la constitution du onze de départ, par les absences actuelles, force est de constater que le changement, en voyage, n´est toujours pas à l´ordre du jour d´un Racing incroyablement fantomatique hors de ses bases ( trois victoires, neuf défaites). Ce samedi, ce fut au tour de la douce nuit niçoise de se transformer, dès les premiers instants, en véritable cauchemar.