J´avançais dans un couloir, encore un! Au bout, il y avait une lumière blanche et vive. Le couloir était plongé dans la pénombre et je ne pouvais distinguer que l´extrémité où la lumière était abondante. Au fur et a mesure que je me rapprochais, je me sentais fatigué, tellement fatigué! Je vascillait arrivé au milieu de cet interminable corridor mais me forçait à continuer. Finalement, épuisé, je m´effondrais lourdement sur le sol dur aux 3/4.
Un bruit étrange me réveilla, et une sensation de balotage. J´ouvrais les yeux, j´étais dans un espace réduit, sur une couchette. Les murs blancs m´aggressaient les yeux et la sensation de tangage ma procurait un haut le coeur. Je regardais par la petite fenêtre ronde l´extérieur, je n´en cru pas mes yeux: j´étais en pleine mer! Je sortis en trombe et montai sur le pont, la mer était assez calme, le ciel bleu mais pas de terre à l´horizon! Rien, le vide! J´étais donc perdu, perdu en pleine mer! Je retournais, rapidement, dans les cabines, cherchant le moindre petit indice. Je tombais sur un vieux carnet de bord, jauni par le temps, que je lu attentivement. Il était divisé en trois, trois jours:
2 juin 1986.
Mon équipage et moi même avons traversé l´océan Atlantique. Après une brève escale à New York, nous sommes repartis vers Cuba où nous nous reposerons encore un peu. Nous devrons passer le cap de Bonne Espérance d´ici trois jours, prions pour que le temps soit favorable! Il nous reste 3 heures de navigations avant de poser pied à terre, ma famille me manque mais je ne dois pas me laisser abattre! Je retourne dès maintenant sur le pont.
5 juin 1986.
Nous venons de partir de Sao Paulo, le manque de vivres nous a obligé à nous arrêter une fois supplémentaire. Maintenant, nous sommes prêts à partir, nous avons dératisé la cale, fais les provisions de nourriture et de médicaments et avons pris tous les renseignements nécessaires. Il nous est parvenu, néamoins, une étrange légende: un navire de Pirate voguerai entre Sao Paulo et la pointe de l´Amérique du Sud, pillant tout navire se risquant dans ces environs! Avec mes hommes et notre artillerie, nous les attendons de pied ferme!
7 juin 1986.
Qu´est-ce qui m´a prit? Pourquoi ai-je suivie cette route? Nous sommes bel et bien tombés sur les pirates. Après un vif combat, nous sommes sortis vainqueurs et avons pris possession de leur bateau. L´équipage était habité par une folie étrange, répétant sans cesse que le grand " Cthulhu" viendrai les venger. Leur folie était telle que nous fûmes obligés de les abattre. Nous trouvèrent, en fouillant leur bateau, une carte indiquant une île qu´aucune autre carte n´indiquait. Nous avons donc décidé d´aller voir ce qu´elle avait de spécial et pourquoi aucune carte ne l´affichait. Mon Dieu, qu´avons nous fait? Nous l´avons vu, JE l´ai vu de mes propres yeux! Il me suit, il me suit depuis que j´ai quitté l´île! Mes compagnons sont morts, il les a tués et mon tour arrive! Je l´entend se rapprocher, il est là, je le...
Le texte s´arrêtait là, des tâches de sang maculaient la page. Au fond du calepin, une carte était dissimulée, une ancienne carte avec une grosse croix rouge, indiquant surement la fameuse île. Que faire? Allais-je moi aussi mourir? Je n´avais pas vraiment le choix. Les coordonnées de l´île étaient rajoutées au dos de la carte avec un mot:"Je t´attend". Cela me fit frissonner. Je montais dans la cabine de navigation et, après avoir longuement cherché, entrais les coordonnées qui me mèneraient à cette mystérieuse île.