Stage UNFP - Les " chômeurs" aiguisent leurs crampons
PARIS, 27 juil ( AFP) - A des années-lumière de Ronaldinho ou David Beckham, transferts vedettes de l´intersaison, les joueurs français en fin de contrat suivent comme tous les étés le stage de l´Union nationale des footballeurs professionnels ( UNFP), pour, éventuellement, retrouver un club et, surtout, ne pas perdre le contact avec la " famille du football".
Ces " chômeurs" d´un genre un peu particulier sont rassemblés depuis le 30 juin et jusqu´au 10 août au Centre technique national de Clairefontaine, résidence habituelle des équipes de France, avant une deuxième session à l´Etrat, près de Saint-Etienne ( 18-30 août).
Là, de jeunes joueurs sans club côtoient d´anciens grands noms de l´élite, voire parfois quelques ex-internationaux, comme Reynald Pedros, encadrés par des entraîneurs eux aussi à la recherche d´une équipe.
Au programme, rien de bien différent par rapport à un " vrai" club: entraînements la journée, plus une dizaine de matches amicaux programmés tout au long du stage, le plus souvent contre des équipes de L1 ou L2.
" Ils sont mieux ici que seuls dans leur coin à se morfondre, ils sont un peu comme dans un club, ne sont pas coupés de la famille du football et cela fait passer la pilule plus facilement", explique René Charrier, vice-président de l´UNFP, qui supervise le stage pour la quatorzième année.
" Cette année, nous avons une quarantaine de joueurs présents en permanence. Les places sont limitées, on a eu environ 80 demandes et on va tout faire pour qu´elles soient satisfaites", ajoute-t-il, indiquant que depuis le début du stage, une " dizaine de signatures a été conclue, essentiellement avec des clubs de National ou CFA".
Décalage
Le plein emploi n´est pas vraiment un concept à la mode dans le football. Dans un contexte économique difficile, les clubs professionnels songent d´abord à dégraisser et de plus en plus de joueurs se retrouvent en rupture de ban.
" Les clubs font signer des contrats de plus en plus courts et on se retrouve avec davantage de joueurs en fin de contrat, déplore René Charrier. Au 15 juillet, on comptait 76 joueurs répertoriés comme libres en L1 contre 47 l´an passé, et 198 en L2 contre 148 l´an dernier".
Malgré le décalage cruel entre les rêves de gloire qu´ont pu nourrir certains de ces joueurs et leur inactivité forcée, l´ambiance est loin d´être à la sinistrose, comme le raconte le gardien Julien Lachuer, finaliste de la Coupe de France il y a deux ans et dont le contrat avec Amiens ( L2) a pris fin le 30 juin: " C´est mon premier stage et j´avais un peu peur de trouver des gars avec la +tête dans le seau+. Mais ce n´est pas le cas, c´est plutôt comme si on était tous des recrues d´un nouveau club. La préparation est la même, deux kinés sont là et c´est valorisant qu´il y ait autant de monde à notre chevet."
Pour autant, le gazon vert des terrains de Clairefontaine ne prémunit pas du coup de blues. " Il y a des moments plus difficiles, avoue René Charrier. Au bout de quinze jours, certains joueurs signent quelque part et d´autres se demandent: +Pourquoi pas moi?+"
" L´accompagnement psychologique est important, poursuit-il. Je leur dis: +Vous voulez arrêter ce métier ou continuer? Dans le premier cas, rentrez chez vous. Sinon, préparez-vous à ce que cette situation dure+".