Chapitre 13 : Destins et mystères
Hermod et Fifi s’étaient arrêtés. Le chancelier percevait leurs grandes silhouettes dans la pénombre. Le sort que lançait Fifi depuis leur entrée commençait à le fatiguer, et la lumière se faisait de plus en plus faible. Malgré l’obscurité grandissante, les traces de sang étalées le long des murs étaient encore visibles. Ils devaient être dans la chambre du capitaine. Le chancelier tremblait de tous ses membres, il se tenait recourbé sur lui-même, comme si toute cette tension semblait soumettre son organisme à quelques lois naturelles inconnues. Il imaginait les cris du martyr à l’agonie, des images lui venaient en tête.
Hermod inspecta la pièce, et parmi les traces de sang se distinguaient certaines traces de brûlure, le bois aussi avait souffert. Et parmi les meubles renversés il trouva des morceaux d’un verre étrange, comme celui d’un objet sacré, un verre épais et reluisant. Sur ce verre on pouvait lire des inscriptions, mais l’obscurité et le fait que les mots ne devaient plus être reconnaissables n’aurait pas permis une bonne lecture. Seules les lettres C S C A E étaient encore visibles. Le chancelier demanda alors faiblement :
« Est-ce que nous pouvons quitter cet endroit, je ne m’y sens pas en sécurité…
-Puis ma magie s’affaiblit, renchérit Fifi
-Oui, nous partons l’atmosphère n’est pas saine, mais aucun corps, donc la reine est encore en vie, elle doit se trouver sur cette île, répondit Hermod. »
Ils ressortirent du navire sans désagréments notoires. Quand ils arrivèrent à l’entrée improvisée, la lumière les éblouit puis quand chacune des visions fut adaptée, ils purent voir le templier qui volait à une bonne trentaine de centimètres au-dessus du sol. Tous ses muscles étaient bandés, et toutes ces veines étaient saillantes sur toute la surface de sa peau non-recouverte par le tissu bleu. En face de lui un jeune homme encapuchonné tendait sa main dans sa direction, c’était lui qui prenait peu à peu la vie du bretteur divin.
« Vous voilà élus de la lumière, dit-il sans même regarder les trois hommes, le moment n’est pas encore venu pour vous de périr, il tourna sèchement sa main et le templier tomba mort sur le sol chaotique puis l’homme se retourna vers le chancelier, cesse de chercher l’élu de Gaïa, celui-ci périra de ma main et la magie de la Terre m’appartiendra. Les dragons vaincus alors vous subirez ma puissance. Puis il s’évanouit dans un rire peu rassurant. »
Hermod se précipita vers le templier mort, certifiant son décès en se retournant la mine sombre vers ses camarades :
« Mon seigneur l’heure me semble grave… Je ne comprend pas la moitié des folies de cet homme, je sais juste qu’il détient la reine et connais les fibres de nos destins, dit-il d’un ton bref.
-Je n’en sais pas plus que toi mon vieil ami, reprit le jeune intendant, seulement que Gaïa est la magie suprême, que les dragons sont les ennemis des humains mais les alliés de l’oiseau céleste et de la lumière. Quand à nos destins, cet homme me semble jeune pour avoir suivi des cours de divination et plus un seul devin n’est en vie… Le dernier semble enterré aux abords de Lontania.
-De plus cet homme me semble manier la magie comme personne et nous ne connaissons aucune de ses capacités combatives, dit Fifi pensif, le mieux serait de demander conseil à mon maître, ou encore à ses compagnons d’arme tels que le célèbre Yangus et revoir le seigneur Angelo.
-Retournons tout d’abord à Savella avec l’aile de chimère, sa puissance magique ne me semble pas épuisée, dit le chancelier, nous retrouverons Trode et Angelo qui pourrons nous en dire plus. »
Les deux autres acquiescèrent, Hermod prit l’aile magique et ils s’envolèrent tous trois vers Savella.
Au même instant, un jeune homme sortit du bateau en criant le nom de Fifi, puis il s’écroula de tout son long corps meutri sur le funeste sol.
J´espère que ca vous plait toujours autant
!!