Prologue.
Une chaleur torride régnait sur le petit village de Kewceteros en banlieue de la mer Égée. Ses habitants, malgré les assauts des vents chauds que vociféraient Éole, s'affairaient à leurs occupations habituelles. Les citoyens de la colonie avaient peine à combattre les éléments, plusieurs d'entre eux s'abreuvaient régulièrement à même la fontaine de la place du marché afin de ne pas mourir de soif. La sueur était le point commun des villageois qui pourtant se bornaient à terminer les préparatifs pour la fête que l'on allait dédier à Zeus. La citée encore en construction était peuplée de courageux colons provenant de toute la nation grecque. On comptait entre autre, parmi les habitant, des spartiates, des athéniens, et des olympiens. Kewceteros était un endroit ou le travail était un code que personne ne pouvait briser. Place de discipline et de résignation, ses citoyens étaient de braves travailleurs. De très loin, il était possible de voir le maître d'oeuvre de quelques travaux, un certain Max, homme de petite taille au teint clair et aux cheveux bruns, dont l'ardeur et la rigueur scientifique étaient nécessaires au bon fonctionnement des constructions qu'on se bornait à terminer avant l'échéancier...
Alors que tous ou presque travaillaient sur les différents projets mis en oeuvre par le Stratégos de la citée que tous appelaient Ralph - un des rares phéniciens qui habitaient les lieux, mais que presque tous aimaient et que peu détestaient - certains, dont les sophistes Laurenthou et Yura, s'occupaient à l'art de la conversation et de la politique. D'autres, comme le chroniqueur (dont vous lisez les proses à cet instant même) s'affairaient à mettre par écrit l'histoire, la culture et la philosophie de la colonie. Sur le toit du temple d'Artémis se trouvait un musicien plutôt talentueux dont les cheveux heurtaient parfois les torches éclairant la maison de culte. Les habitants de Kewceteros l'appelaient Midian. Le joueur de lyre aimait fréquenter ses collègues artistes, dont le fameux prosateur Noz, homme grand et débauché. Parmi les travailleurs on pouvait compter un jeune homme dont la réputation ne faisait pas l'unanimité. Son nom était Evik et ses ennemis se comptaient au nombre des essais et des idées de Démocrite. À côté du temple de la déesse de la chasse et de l'abondance se trouvait un temple dédié au roi des Dieux. Parmi ses prêtres se trouvait un homme petit à la voix incertaine qui se nommait Realjohn. Ses fonctions étaient importantes et ses sous-prêtres et sacrificateurs, dont le très catégorique et rigoureux Snyper, étaient toujours enclins à faire de la religion une affaire importante d'état. Tous allaient bientôt connaître une fête qui allaient changer le cours de leur vie. Tous allaient y laisser leur innocence et leur quiétude...
À suivre.