Montréal a beau se classer parmi les cinq villes les plus sécuritaires en Amérique du Nord, il n´en reste pas moins qu´il y a une tentative de meurtre reliée aux gangs de rue quasiment chaque fin de semaine dans la métropole.
Selon la police, Montréal abrite 10 gangs de rue vraiment majeurs, sans compter les groupes émergents. Les membres, dont le nombre fluctue sans cesse, sont de plus en plus jeunes : 20 % ont entre 11 et 16 ans, 60 % entre 17 et 28 ans, et 20 % entre 29 et 35 ans.
Ces gangs, dangereux, impulsifs et imprévisibles, sont surtout regroupés en deux clans : les Rouges, ou Bloods, et les Bleus, ou Crips. Les Bo-Gars, l´un des principaux gangs, sont d´allégeance rouge, notamment, et les quartiers Rivière-des-Prairies, Montréal-Nord et Villeray sont réputés pour être le territoire des Bloods.
Le secteur Saint-Michel, lui, appartient aux bleus. Parmi ces Crips, les ennemis jurés des Bloods, on retrouve le très redouté gang 67, surtout formé d´ex-Cr*ck Down Posse, qui a déclaré la guerre aux rouges.
«C´est un tout petit groupe, mais ils sont super violents ! Leur rôle, c´est les exécutions, c´est la rumeur qui court dans le milieu», confie une source policière.
Outre la haine viscérale qu´ils se vouent, ces gangs se battent aussi pour le contrôle du lucratif territoire du centre-ville et des environs, dont ils occupent certains bars.
Les gangs, dont certains ont des liens avec le crime organisé à plus grande échelle, sont surtout actifs dans ce qui rapporte : le trafic de stupéfiants, la prostitution juvénile, les invasions de domicile, les vols qualifiés, les extorsions, les burns de drogue, les drive by shooting, et ils s´affrontent très fréquemment avec des armes à feu.
La police de Montréal vient d´ailleurs d´éviter un bain de sang au centre-ville, au début mai, en empêchant un violent affrontement entre gangs.
Au moins 4 meurtres en 2006
«Y a pas une fin de semaine qui s´écoule sans qu´on ait plusieurs tentatives de meurtre reliées aux gangs de rue. Ça suit la tendance qu´on a connue à Toronto», confie une source policière bien informée en faisant référence aux flambées de violence qu´a connues la Ville reine.
Selon les données de la police, il y a eu, en 2005, au moins 51 tentatives de meurtre, trois homicides et 80 agressions armées reliés aux gangs de rue ! En moyenne, bon an, mal an, les gangs de rue sont responsables de deux tentatives de meurtre par semaine et de sept meurtres par année.
Jusqu´à maintenant, en 2006, on dénombre au moins quatre meurtres directement reliés aux gangs, et au moins un autre impliquant des membres de gang qui ont éliminé un petit trafiquant de drogue concurrent dans l´arrondissement LaSalle.
Le 11 janvier, des membres de gang ont tué un homme au bar Joy, qui a ensuite été fermé parce que reconnu comme un repaire du gang 67 et des Hells Angels.
Le 27 janvier, un homme de 27 ans d´origine congolaise membre d´un gang a été abattu dans un immeuble à logements de la rue Sherbrooke, dans l´est, alors qu´il venait de s´y introduire, cagoulé et armé.
Le 7 avril, un individu dans la vingtaine a été tué par balles dans un bar du quartier Côte-des-Neiges.
Et le 24 avril, Amos Louis, 35 ans, relié aux 67, a été abattu dans un règlement de comptes en sortant de chez lui, rue Place-Meilleur.
Alors que la loi du silence prévaut au sein des gangs, les enquêteurs doivent redoubler d´efforts pour élucider ces meurtres et punir les coupables. «Si on a traversé les motards, on va traverser les gangs de rue, c´est évident. Ce n´est pas impossible, loin de là», commente le commandant Richard Dupuis, de la section des crimes majeurs du SPVM.
Toute cette violence spectaculaire attire l´attention de la population et l´effraie : selon un sondage de la police datant de 2005, 95 % des Montréalais veulent que la police s´occupe des gangs de rue en priorité.
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Ce texte date un peu (5 juin 2006), mais je croyais bon de discuter un peu d´un problème grandissant