C´était Un Mardi...
La Prairie n´avait jamais été aussi belle aux yeux d’Alex. Celui-ci marchait, de plus en plus vite, gagné par l´excitation... Apercevant la photographie d´un palmier, il se prit à rêver à un voyage, un long et beau voyage... aux côtés de celle qu´il rejoignait. Sans comprendre, il fut face à la porte.
Il frappa énergiquement. Des pas se firent entendre, et une magnifique voix chanta:
- Qui est là?
- C´est Alexandre! Répondit celui-ci.
- Je ne connais aucun Alexandre! Dit la voix.
Il y eut un silence.
- C´est toi, Samantha? Fit Alexandre.
La porte s´ouvrit soudain:
- Mais oui c´est moi, mon Alexandre! Je t´ai bien eu.
Il allait protester, mais elle ne lui en laissa pas le temps:
- Entre, dit-elle.
Arrivé au salon, Éric s´assit dans un fauteuil et soupira. Il leva la tête vers Samantha, et lui sourit.
- Tu vas bien?
- Embrasse-moi immédiatement. Ordonna-t-elle.
Alexandre, prit au dépourvu, voulut comprendre, mais son amie ne lui en laissa pas le temps puisqu´elle se jeta sur lui et l´embrassa langoureusement. Lorsqu´elle se redressa, Alexandre vit ses yeux qui brillaient. Alors, sans mot dire, il se pencha vers elle, et à son tour, posa ses lèvres sur les siennes. Pour la seconde fois de leur histoire, donc, ils s´embrassèrent. Après avoir repris ses esprits, Alexandre lança:
- Tu sais, je...
- Chut... fit Samantha.
- Je...
- Il n´y a pas de mots...
- Si...
- Non...
- Si... je t´aime, Samantha.
Celle-ci fut prise d´un sanglot:
- C´est vrai? Oh... moi... moi aussi mon amour!
- Depuis maintenant deux ans que nous nous sommes rencontrés, j´ai toujours su que c´était toi l´amour de ma vie. Et ce, malgré mes aventures passées.
- Oh... c´est bien vrai?
- Oui, c´est vrai.
- Mon coeur... ce que tu me dis, c´est la chose la plus belle que jamais je n´ai entendue. Tu es aussi galant à l´intérieur qu´à l´extérieur.
Alexandre rougit. Il se sentait bien. Au loin, un raton-laveur criait. Tout près, son coeur battait. Là-bas le jour passait... ici, tout était arrêté.
- Tu sais... j´ai aimé, tout à l´heure, lorsque nous nous sommes embrassés.
Il n´en fallut pas plus à Samantha pour saisir le bras de Alexandre et lui offrir de nouveau un baiser enflammé. Les deux êtres eurent cette fois l´impression d´être emportés dans une tempête. Sur un océan rouge sang. Leurs souffles s´échouaient invariablement dans les hurlements du vent, et les gifles des vagues leur faisaient fermer les yeux. C´était beau, c´était puissant, comme un tableau de Van Gogh, ou comme ´´Master Of Puppets´´ de Metallica. Tout rugissait autour d´eux, ils étaient enfermés dans une parenthèse qui les épargnait des griffes du cyclone, des griffes signant leur passage d´une trace de salive blanche et éphémère... tout tournait, des vertiges les prenaient, Alexandre ferma les yeux et eut l´impression de aimer en haut d´un érable. Et soudain tout s´arrêta.
- Sam...
- Oui?...
- Samantha... veux-tu m´épouser?...
- Oui... fit-elle doucement.
Toute la nuit, ils restèrent enlacés, à parler, ou à s´embrasser.
- Je t´ai déjà parlé de Symon Patry? Demanda Alexandre.
- Non.
- Il m´a dit un jour que je ne pourrais jamais séduire qui que ce soit, même une folle.
- Il ne faut pas écouter ce genre d´idioties... comment pouvait-il te dire ça, à toi, qui es si... courageux!
- Tu ne le connais pas. Sa bêtise dépasse l´entendement.
- Je veux bien te croire!
Dans un sourire, un souffle, un battement de cils, ils se dirent ´´je t´aime´´. Ce sourire brille encore au fin fond des étoiles... ce souffle chante encore dans les hautes couches de l´atmosphère... ce battement de cils scintille toujours quelque part. Ils s´aiment.