De nombreuses personnes s´imaginent pouvoir réfuter la théorie de la relativité restreinte, ou du moins en éliminer la nécessité, à coups d´ébauches de nouvelles théories qui expliqueraient autrement les résultats d´expériences habituellement invoquées comme origine historique de la découverte de la relativité. C´est oublier qu´un abîme infini sépare la quantité incalculable de raisons et vérifications diverses existant actuellement à l´appui des théories de la relativité, et ce qu´un début de cours de relativité peut en présenter à destination des étudiants qui par définition ne disposent pas encore à ce stade des moyens d´en saisir toutes les implications. En particulier, le caractère à première vue paradoxal de la relativité restreinte n´est nullement une raison valable pour la trouver insatisfaisante, car cette impression d´insatisfaction ne reflète que l´inadaptation de notre imagination quotidienne qui n´a pas encore été exercée à traiter les phénomènes relativistes.
De plus, quand on comprend bien la relativité restreinte, on peut réaliser qu´elle est au fond encore plus simple conceptuellement que la relativité galiléenne, puisqu´elle unifie espace et temps au profit d´un seul concept d´espace géométrique pseudo-euclidien similaire à un espace euclidien, tandis que la relativité galiléenne complique les choses en séparant le temps d´avec l´espace. Or, une chose simple n´a pas besoin d´être expliquée au moyen de choses compliquées.
Précisément, chercher un temps absolu sous-jacent qui gouvernerait tout, et pourquoi les observations semblent ne pas en dépendre, comme ces auteurs de théories alternatives à la relativité s´évertuent à développer, serait au fond parfaitement similaire, et donc tout autant artificiel et vain, que de chercher un centre absolu de l´univers qui gouvernerait tout et les explications de pourquoi malgré cela les lois de la physique ne sembleraient pas en dépendre. Le rasoir d´Ockham nous invite à éviter ce genre de questions inutiles.