GIRONDINS. --Mise en place d´une politique d´austérité, recrutement revu à la baisse, Mercato sans renfort : tout porte à croire que M6, l´actionnaire majoritaire du club, s´apprête à le revendre
Des indices parlants:Alain Goujon
Nicolas de Tavernost. Le patron de M6 a-t-il déjà décidé de vendre les Girondins ?
PHOTO LAURENT THEILLET
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Les jours de M6 à la tête des Girondins de Bordeaux sont-ils comptés ? Sans aucun doute. Même si, dans le cas présent, mieux vaut parler en semaines ou en mois. Tous les indices portent à le croire car, en dépit des dénégations récurrentes assénées par le propriétaire du club, qui détient 99 % des parts, et le gestionnaire des Girondins au quotidien, à savoir le président Jean-Louis Triaud, de nombreux signes laissent à penser que l´on se dirige vers la solution d´une revente ou d´un désengagement partiel. Sans parler des témoignages livrés sous le sceau de l´anonymat par certains membres du club.
Plus de mises au vert.
Le premier élément majeur concerne la politique d´austérité décrétée pour la présente saison. Les joueurs en quête d´augmentation de salaires ont vu leurs demandes gelées, le recrutement a été basé sur de jeunes étrangers sans palmarès, sans références, aux rémunérations moins importantes qu´un joueur français expérimenté, les staffs technique et médicaux des pros au centre de formation ont été réduits, les frais de déplacement ont été calculés au plus serré puisque l´équipe voyage le plus souvent le jour du match, les mises au vert ont été abandonnées. Et pour que la liste soit exhaustive, le restaurant du château du Haillan pourrait fermer ses portes puisque les travaux de rénovation et de mise aux normes sanitaires ne sont toujours pas effectués.
Le deuxième repose sur la stratégie adoptée à l´occasion du Mercato, clos depuis samedi minuit. Après avoir prêté Mauricio Pochettino à l´Espanyol Barcelone, cédé sans contrepartie financière Nicolas Sahnoun ( Almeria, en Espagne) et Ivan Vukomanovic ( Alania Vladivazkaz, en Russie), le club avait dégagé une manne suffisante ( entre 100 et 120 000 euros mensuels) pour recruter un attaquant sous la forme de prêt jusqu´au terme de la saison. Adrian Ilie, l´ancien joueur de Valence, aujourd´hui à Beksistas, et Eidur Gudjohnsen, toujours à Chelsea, leur ont été proposés. Jean-Louis Triaud se dit être le seul responsable du refus adressé aux agents des joueurs. Alors, lorsque Marc Planus, le jeune défenseur central, et le président se mettent d´accord pour une prolongation de contrat de trois années, pourquoi le club ne peut annoncer l´information tant que M6 n´a pas donné son aval à la réalisation de l´opération ?
Actionnaires mécontents.
Le troisième s´inscrit encore en termes financiers. Car lorsqu´une saison est mal engagée et que l´avenir se profile sous les mêmes auspices, les langues se délient. Certains joueurs ont eu le privilège de lire les budgets prévisionnels établis sur les trois prochaines saisons. Ce privilège s´est vite transformé en désappointement. Il va falloir se serrer la ceinture. En clair, toutes les conditions sont réunies pour que M6 se sépare d´une affaire, peut-être intéressante en terme d´image, mais sans rentabilité notable. Dans les sphères de la chaîne privée, d´aucuns n´hésitent pas à dire que les Girondins seraient la seule entreprise du groupe à présenter des comptes négatifs. Ce que les actionnaires de M6 n´apprécieraient guère.
Au terme de la saison passée, le bilan financier du club affichait une perte de 6 ME. Selon Nicolas de Tavernost, président de M6, dans une interview parue dans « l´Equipe » en janvier dernier, « le compte d´exploitation sera équilibré au 30 juin 2004. Mais en incluant les transferts qui vont être amortis de manière accélérée, nous aurons une perte de 5 à 6 ME au terme de la saison ». Pour l´actionnaire majoritaire des Girondins, l´objectif est d´assainir la situation financière, d´épurer les dettes et de se rembourser sur les investissements en cours, comme l´avait fait en son temps Alain Afflelou.
Plus-value à la clé.
Dans un avenir proche, la revente ou la cession partielle des Girondins s´apprête à être d´actualité. D´autant qu´une clause stricte de la convention qui lie les deux parties permet à l´actionnaire majoritaire de revendre ses parts ( l´intégralité ou une partie) en réalisant une plus-value à la clé, au terme de la cinquième saison. Eh bien, nous y sommes puisque M6 a attaqué la sixième année de son mandat en juillet dernier !