pour le retard, j´étais vraiment trop occupé.
Je vous conseille de lire cette suite en écoutant en boucle "May it be", ça fait pleurer
-8-
Enragé, le nain donna un coup de pied dans un casque, trônant sur une pierre. Il tomba à genoux, hurlant un terrible cri de guerre.
- Le… A…
Essenoïs le regarda, assise sur une roche, effleurant du bout des doigts l’herbe basse. Elle respira profondément.
- Notre quête vient de faire sa première victime.
Le hobbit ramassa une pierre, et la lança de toutes ses forces sur la surface plate et douce de l’eau. Elle rebondit trois fois avant de couler. Le petit s’assit sur une pâquerette.
- Nous sommes six. Combien veulent continuer ?
Ils se concertèrent du regard, et ils acquiescèrent.
- Pour NRJ !
- Peu importe qui se mettra sur notre route, il en déguerpira !
Ils se levèrent, bagage sur le dos, jambes en avant. Ils avancèrent sur le sentier.
- Plus loin, se trouvent les ruines des deux tours. Dit le magicien.
- Elles ont une histoire ? Questionna Elfindel avec réthorie.
- Oui. Répondit Clad. Il y a longtemps, elles furent crées, nombreux sont ceux qui sont venus. Pendant longtemps, elles restèrent érigées avant que le roi ne revienne. Des terres lui furent confiées, et tous migrèrent. Ils s’en allèrent, loin, pour rejoindre les lieux que nous défendons… Et pour lesquels notre ami est mort.
Tout en parlant, il avançait. Le sentier grimpait, et deux pointes ébréchées se faisaient voir au loin, dans la brume.
- La nuit tombe. Dit Essenoïs avec le même calme habituel.
- Arrêtons-nous, au moins pour cette fois. Proposa le hobbit.
- Sur ce sentier ? Demanda Talim. Nous sommes à découvert.
- Au point où nous en sommes, tout le monde doit savoir où nous sommes et pourquoi. Alors ce n’est pas quelques malheureux oiseaux qui vont aller raconter ce que nous faisons.
Ils déployèrent leurs capes sur le sol, et s’allongèrent. Après quelques instants de paisible méditation, se souvenant des ordres et des prouesses de leur ami, ils sortirent leurs pains. Ils mangèrent tristement, le blé amer comme des larmes qui leur coulaient.
Mais les corbeaux n’étaient pas seuls à regarder cette scène. Au sommet de la pente, debout, un arc en main un casque bleuâtre sur le crâne. Il regardait. Il ne faisait que cela. Un murmure grimpa dans les roches et la pierraille sous ses pieds. Il se retourna, et courut, plus vite que le vent, plus silencieusement qu’un chat.
La nuit fut courte. Essenoïs chantait nonchalamment, sa voix tressaillant de langueur, les « may it be » s’enchaînant et dansant avec les « shining star »… Peu dormir. Certains tournaient leur regard vers le ciel, les étoiles leur offrant le délicieux spectacle.
Dans l’esprit du hobbit, elles représentaient quelque part la vie : certaines étaient déjà mortes, mais elles laissaient une empreinte lumineuse qui ne disparaîtrait pas. Du moins pouvait-on l’espérer.
- Tout à une fin, dit-il. Que ce soit la vie millénaire de notre univers, à la simple journée d’un éphémère. Nrj, notre ami, tu as donné ta vie pour sauver la nôtre. Espérons que cela nous porte bonheur.
Il ferma les yeux.
Essenoïs arrêta son chant.
« Allez vous-en… »
- Quoi ?
« Allez vous-en… »
- Pardon ?
« Allez vous-en… »
- Je ne comprends pas…
« Ça fait trois fois que je te dis de dégager et tu comprends pas !! ! »
- Là au moins ça a le mérite d’être clair.
Elle ouvrit les yeux. Elle était assise sur un arbre. Elle se laissa glisser au sol. Devant elle, elle voyait un homme habillé de vert, avec une étrange coiffure en bataille, même si son capuchon était relevé.
- Nrj ?
Celui-ci leva son arc, et visa. La flèche s’envola et alla se planter dans le cœur de l’elfe. Elle trébucha un instant.
Essenoïs se réveilla. Le ciel était teinté de rose, de pourpre, et de violet. Rien de plus qu’un rêve, un simple cauchemar. Elle rejeta sa couverture. En se levant, elle sentit le froid glacial. Elle s’enroba dans sa cape, d’argent, et grimpa sur quelques mètres, avant d’observer le ravin. Elle se laissa voguer à d’étranges pensées quelques instants, avant d’entendre un crissement derrière elle. Elle se retourna et vit quelqu’un descendre le sentier. Il était entièrement enveloppé d’une cape.
L’elfette grimpa, et vint se placer devant l’individu.
- Qu’est-ce que tu veux ?
Il ne dit rien.
- Je te conseille de répondre.
Il avança d’un pas, il était à moins de dix centimètres d’Essenoïs.
Celle-ci tenta de sortir son épée, mais l’inconnu lui saisit le bras, et la fit tomber à terre avec sa jambe gauche. Ensuite, il plaça son pied droit sur sa gorge, en faisant sortir de son capuchon où sa tête emmitouflée faisait luire deux yeux rouges.
- C’est notre premier et dernier avertissement. Si nous vous trouvons dans les ruines, nous vous exterminerons.
Il se retourna et grimpa sur la caillasse.
L’elfe se releva et lança son épée sur la forme grimpante. La pointe d’argent s’enfonça dans le dos, mais l’étranger se retourna et dit :
- Vous n’êtes pas de taille.
Il lança une dague, qui après avoir décrit un court arc de cercle, s’enfonça dans l’épaule gauche de l’elfe.
Celle-ci tomba à terre.