Et un ptit texte que j´ai eu envie de faire, en parallèle avec Barcelone Wave!
Caporal Lockheed
J´étais en train de suivre la trace d´Ocelot avec Pliskin et Bullet quand nous découvrîmes une large porte en métal. Il n´y avait pas de système de sécurité, c´était très étrange d´ailleurs. Bullet l´ouvrit et braqua rapidement un ennemi invisible, la voie était libre. Il y avait un genre de monte-charge, sur lequel j´entrai avec mes deux coéquipiers et Warren. Bullet appuya sur le bouton d´une commande, et le monte-charge se mit à monter. Nous devions avant tout rejoindre Ripple et Hornet, il était trop dangereux de rester séparés. Lorsque le monte-charge se mit en marche, mon oreille bourdonna, on m´appelait.
-Ripple?
-Falcon. Je suis avec Chip et les forces spéciales de Barcelone, nous sommes prêts.
-Très bien, prenez le bâtiment d´assaut le plus vite possible, et couvrez l´antenne. Vous avez pris de quoi l´alimenter au cas où les Patriots lui couperaient le courant à distance?
-Oui, et nous avons réussi à découvrir sur quelle fréquence elle émet pour garder les nanos de Warren en état, s´ils la désactivent à distance on saura la remettre en marche rapidement. Maintenant si un missile s´écrase sur le QG...
-Je comprends, c´est bon. Faites ce que vous avez à faire, il ne nous reste que peu de temps.
-Compris.
Falcon et Chip était dans un camion qui roulait lentement vers Ho-Chin-Mihn Ville Restaurant, là où se tenait la planque des Patriots à Barcelone. Il étaient chacun habillés de noir de la tête au pied, de lourdes bottes en cuir et un gilet par-balles. Chip avait un bonnet, et Falcon s´était mis de la peinture sur le visage, à la manière des Marines. Ils étaient avec les forces spéciales de Barcelone, qui les accompagnaient pour la mission. Il avait été dur de corrompre le chef des forces spéciales pour que leurs soldats d´élites escortent des soldats d´une agence américaine, mais Fox-Hound lui avait joliment graissé la patte. Ils étaient une demi-douzaine, armés de M4 et avec la panoplie complète du parfait soldat d´élite: casque, lunettes de protection etc... Chip était armé d´un MP5 silencieux, et Falcon de son M24 qu´elle avait depuis les Marines, qui avait remplacé le M20 en 2012. Il y avait également un autre sniper dans l´unité, mais Falcon ne lui faisait pas beaucoup confiance. Quand on combat les Patriots, la confiance se respecte, et même la personne la plus proche peut être suspecte, c´est d´ailleurs là que voulait en venir Chip.
-Je te dis que je n´ai rien à voir là-dedans! finit par hurler Falcon.
Tous les autres soldats se tournèrent vers elle, qui se disputait avec Chip depuis cinq minutes.
-Tu n´as rien tenté de faire quand notre chef était en train de jouer à Titanic dans la banque pourtant.
-Et faire quoi? Crever avec lui? S´il veut risquer sa vie c´est son problème, ce n´est pas une raison pour que je réduise la mienne à néant!
-Pourtant sans cela on n´aurait pas pu sauver Warren... ni les habitants de la ville.
-Et alors? Qu´est-ce que ça fera? Un descendant des Patriots en moins et un bon million d´ordinateurs détruits!
-Et tous les patients des hôpitaux qui se retrouveraient sans soin, les entreprises qui feraient faillite?
-Tu n´as jamais tiré une balle en plein milieu d´une tête? Voir une cervelle s´étaler sur un mur alors que tu éjectes la douille de ton fusil? Observer le corps de ton ennemi faire un dernier spasme avant de s´écrouler dans le sang qui lui a permis de vivre jusqu´ici? Nous sommes des tueurs Chip, et nous tuons pour notre métier, alors si une douzaine de personnes venues du troisièmes âge crèvent au bout de leur tuyau de respiration artificielle ils peuvent s´estimer heureux d´avoir vécu jusqu´ici!
Chip en restait sans voix.
-Je n´avais jamais remarqué à quel point tu étais sans coeur...
-Mon coeur est gravé dans la roche, et c´est bien mieux comme ça, un sniper doit rester calme en toutes circonstances, et ne pas se laisser devancer par les événements, quels qu´ils soient.
-On débarque dans deux minutes, déclara le chauffeur en espagnol.
Chip se tut, Falcon aussi. Au bout d´une dizaine de secondes, Chip brisa la glace.
-Tu devrais voir la vie autrement qu´une succession de secondes.
-Pourtant c´est ce qu´elle est. Je profite de chaque bouffée d´air que je respire, ça pourrait être la dernière. Le camion pourrait très bien tomber en embuscade et se fait exploser par un tir de missile avant qu´on ait pu sortir. Il peut se faire tranformer en gruyère par une armée de soldats dans quelques secondes. On a eu de la chance, Chip, ce ne sera pas toujours pareil...
-Tu penses souvent à la mort?
Flacon ne répondit pas, et observa ses pieds avant de répondre calmement.
-A chacune de mes bouffées d´air Chip. Et cela depuis ma première victime.
-Débarquement dans trente secondes, soyez prêts, lança le chauffeur.
Chip vérifia sa mitraillette puis son Socom, Falcon vérifia ses munitions dans son M24. Chacun attendit de sortir, regardant l´autre dans les yeux, ne voulant pas décevoir son égal. Ils entendirent la voiture quitter la route et pénétrer dans le restaurant en trombe, puis un freinage sec. On entendit quelques cris et des personnes qui se mettaient à courir.
-Maintenant! cria le chauffeur.
Chip tira un coup de pied dans la porte qui s´ouvrit en volée. Il leva son MP5 sur un couple de client qui le supplia de ne pas leur faire de mal. Il les ignora et attendit que tous les soldats soient sortis. Les derniers clients du restaurant partaient en courant. La baie vitrée qu´il avait enfoncée avec la BMW noire quatre jours auparavant était remplacée par une grande bâche, qui elle-même avait été enfoncée par le camion. Chip donna rapidement ses ordes en espagnol. La moitié de l´équipe part dans les sous-sols sécuriser la zone, et n´ont ordre de tirer qu´en cas de danger, c´est-à-dire quand l´ennemi lève son arme. Le reste le suit sur le toit, Falcon et l´autre sniper étaient déjà en train de se positionner sur le toit. Chip se mit à courir vers les escaliers quand un homme armé d´un Uzi entra bruyamment. Il n´eut pas le temps de réagir qu´une rafale du MP5 de Chip l´avait envoyé à terre dans une gerbe de sang. Chip passa rapidement par-dessus son cadavre et emprunta les escaliers, trois membres des forces spéciales derrière lui. Deux autre hommes arrivèrent du haut des escaliers, également armés de Uzi. Chip tira sur le premier, ses munitions lui perforèrent le torse, il eut un rictus de douleur et s´écroula sur les marches. Chip se mit rapidement de côté, ce qui permet au soldat derrière lui de faire feu. Le deuxième ennemi fut propulsé en arrière par la rafale de M4 et s´écroula contre le mur, inerte. Chip continua à monter les escaliers en colimaçon, les soldats derrière lui le couvraient ainsi que leurs arrières. Il n´y eut pas d´autres confrontations, et il atteignirent bientôt le toit. Chip défonça la porte et jeta un vif coup d´oeil aux deux soldats qui gisaient sur le toit, un impact bien visible entre les deux yeux.
-C´est bon, dit Chip en baissant son MP5, la situation est...
Le coup de feu atteignit le deuxième soldat qui s´écroula à terre sans un bruit, mais l´impact dans son crâne fut très bruyant. Chip jura, plongea à terre et observa les alentours mais ne vit rien, sauf, en se retournant, un petit point rouge sur un de ses soldats. Instinctivement, il se jeta sur celui-ci et le maintint à terre alors que la balle lui rasa l´épaule. Il mit rapidement la main à son oreille.
-Nom de Dieu Falcon on a un sniper qui nous tire dessus!
-Je sais, dit-elle, mais je ne le trouve pas, je ne sais pas où il...
Chip entendit alors un bruit sourd, puis le gémissement de Falcon alors que son corps tombait sur le sol.
-Falcon?
Le troisième tir atteint le quatrième soldat qui s´écroula également à terre dans un filet de sang. Chip ordonna au dernier soldat encore en vie de le suivre à l´intérieur. Ils ne pouvaient risquer de sortir sans être également sous le feu de l´ennemi, il fallait trouver un autre moyen pour éliminer le traître qui sévissait chez les forces spéciales.
-Mais c´est qui ce mec? cria Chip avec hargne.
-Il est arrivé ce matin, expliqua le dernier soldat en espagnol, une larme à l´oeil, alors que lui et Chip étaient à couvert.
-Tes potes y sont restés pour sauver la ville, le rassura Chip, ils en seront honorés.
Le survivant de l´unité ne semblait pas y croire, lui, et le barratin de Chip n´y changerait rien.
-Quel espèce de salaud!
Avant que Chip n´ait pu lui crier d´arrêter, le soldat s´était à nouveau élancé à l´extérieur. Il se mit à courir vers l´immeuble où sévissait le sniper. Chip sortit également pour l´empêcher d´y aller mais il était trop tard. Un premier coup atteint le soldat au torse, mais cela ne l´arreta pas, pas plus que le deuxième au bras. Il laissa tomber son M4 à cause du tir, mais sortit rapidement un Beretta d´une autre poche, et dans un dernier geste, le leva et fit feu. Chip entendit depuis le toit de l´immeuble le cri du sniper, puis le dernier soldat téméraire tomba sur lui-même, mortellement blessé. Chip s´approcha de sa dépouille et l´observa quelques instants, l´honorant à sa juste valeur. Soudain il entendit un bruit, un bruit d´un mécanisme se mettant en marche. Il se retourna et la vit: une antenne parabolique d´un mètre de deux mètres de diamètres, qui changeait de position.
-Damn´it!
Chip se jeta sur l´antenne et arracha le couvercle du panneau de commande. Avant que l´antenne ait pu terminer sa rotation, il l´avait recadrée et avait entré la bonne fréquence, celle de Warren. Il entedit par radio que les sous-sols étaient maîtrisés, et demande qu´on apporte la batterie sur le toit. Il n´osa pas parler des soldats. Il ferait la garde à côté de l´antenne jusqu´à ce que le serveur soit détruit.