Sheitaro
Les Élus et Kuzuki étaient réunis dans le hall d’entrée de l’hôpital où Ren amena Quistis pour la faire soigner. Elle avait eu échappé belle : quelques centimètres sur la gauche et le cœur aurait été littéralement transpercé. Mais elle était tout de même grièvement blessé, mais les médecins d’Esthar avaient pu rapidement la mettre hors de dangers, maintenant elle devait se reposer. Chacun était dans son coin, rongé par les remords, excepté un. Kuzuki mangeait un sandwich regardant les Élus ce morfondre.
« - Bon je vais me coucher, j’en est marre de voir des minables s’en faire juste pour une blonde qui est hors de danger, s’exclama à haute voix Kuzuki en mâchant le dernier morceau de sandwich.
- Quistis est un être chère à mes yeux, je ne te pardonnerai jamais, répondit Ren.
- Ouais si tu veux, en tout cas…
- Kuzuki, interrompit Ren, barre toi et n’espère jamais recroiser mon chemin.
- Hahahahahaha, regarde toi Ren, tu n’es même pas capable de sauver la femme qui conte le plus à tes yeux, comment tu peux oser prétendre pouvoir me battre !
- Enfoiré, je vais te…
Ren partait en direction de Kuzuki, mais Ed le rattrapa par la main.
- Arrête, il n’en vaut pas la peine Ren.
D’un geste violent, l’homme à la vouge se sépara de l’étreinte de son ami, et continua sa route vers Kuzuki.
- C’est à cause de lui si Quistis se retrouve dans cet hôpital, continua Ren dans sa colère, je ne vois pas pourquoi on devrait être compatissant avec lui.
Mais de nouveau, Ren fut coupé dans sa lancé par Erys, qui se mit entre Ren et Kuzuki.
- Arrête Ren, on est tous responsable de ce qui est arrivé à Quistis, lança-t-elle.
- Tu devrais écouter ton amie l’handicapé, elle donne de très bon…
- La ferme.
Les dernières paroles d’Erys avaient coupé net Kuzuki qui, dans un sourire, s’en alla de l’hôpital aussi tranquillement qu’il en était venu. Un long silence suivit, l’ambiance était beaucoup moins pesante à la sortie de l‘homme à l‘épée en pierre. Énervé, Ren quitta la salle.
- Bon, je vais aller me coucher moi aussi, déclara Ed se levant péniblement du canapé où il était confortablement installé.
- Dit plutôt que tu vas voir si Ren ne fais pas de connerie, attesta Alpha qui, jusqu’à présent, maugréait dans son coin.
- J’avoue qu’il y a un peu de ça.
Ed lança un dernier sourire aux jeunes Élus avant de sortir de la salle, les laissant seuls à leurs sorts dans l’hôpital.
- C’est mal barré pour poser des questions à Ren aujourd’hui, râla Alpha.
- Tout le monde est sur les nerfs, une bonne nuit de sommeil, et tout redeviendra normal, répondit Erys plus en espérant qu’en affirmant, tu n’es pas d’accord Sheitaro ?
Le garçon n’avait pas parlé depuis un petit moment, il regardait fixement Estar depuis une baie vitrée. Le jeune Hinakage semblait perdus dans ses pensés, l’aveugle lui posa une main réconfortante sur l’épaule pour le ramener à la dur réalité.
- Ça va ?, s’inquiéta Erys.
- J’ai été trop négligent, jamais Quistis n’aurait du être blessé.
- La remarque que j’ai faite à Ren équivaut à tout le monde, nous sommes tous responsables de ce qui est arrivé à Quistis. On est tous épuisé, on va aller se reposer, tout ira mieux demain. »
Le garçon fit oui de sa tête, et tous allèrent se reposer dans les chambres d’hôtel que le président leur avait réservé.
Sheitaro était perdus sur une plage à l’allure extrêmement ténébreuse. Cette plage, il la connaissait.
« - Cette plage c’est…, commença Sheitaro.
- Quel plaisir de te revoir Sheitaro.
Le garçon se retourna, un type habillé d’un long manteau noir, sa tête était encapuchonnée pour qu’on ne puisse pas voir son visage.
- Vous, mais vous voulez quoi à la fin !! !
- L’as tu oublié Sheitaro ?
Le jeune garçon ne comprenait pas de quoi voulez parler l’inconnu. Il s’écarta alors légèrement sur le côté pour laisser entrevoir une autre personne habillé de la même manière que lui. Le nouvel inconnu se décapuchonna, et Sheitaro n’en revint pas.
- Haya !! !
Le jeune Hinakage courut en direction de sa sœur jumelle, et tendit ses bras pour l’enlacer, mais au moment du contact il passa à travers elle comme un fantôme et s’écrasa lamentablement sur le sable.
- Ce n’était qu’une illusion…
A ces mots, l’inconnu claqua des doigts et la pâle copie d’Haya se dissipa dans une étrange fumée noire. Sheitaro, à genoux et encore dos à l’inconnu, était totalement désemparé, de lourdes larmes coulaient sur sa joue.
- Mais pourquoi vous me faites ça, hurla-t-il.
- Je te l’ai déjà dis Sheitaro, tu ne peux pas sauver Haya et accomplir ta destiné d’Élu, il faut que tu fasses un choix sinon…
Sheitaro se retourna, inquiet par la tonalité du discours de son interlocuteur. L’étrange homme était à quelques centimètres de lui,une épée en main. Avant que Sheitaro ne fasse le moindre geste, l’inconnu l’empala avec son arme et continua son monologue.
-… tu mourras. »
« Haaaa ». Sheitaro se redressa dans le lit. « Encore un cauchemar », se disait-il. Mais la réalité de ce cauchemar lui fit penser que c‘était bien plus qu‘un rêve. Il regarda la pendule au dessus de la porte de sortie de la chambre. Elle indiquait neuf heures et demi. Il regarda ensuite tout autour de lui, mais ne vit pas Anuki, il était probablement déjà descendu, car malgré que ce soit un loup, lui au moins était ponctuel. Erys, Alpha et Sheitaro s’étaient donnés rendez-vous en bas de l’hôtel à justement neuf heure et demi. Le temps que Sheitaro se change, il allait être légèrement en retard.
L’Hinakage descendit les escaliers de l’hôtel, et comme prévu, Erys, Alpha et Anuki les attendaient.
« - J’y crois pas, le loup plus pointu que son maître, rigola Alpha.
Sheitaro continua à descendre les escaliers et rejoignit les deux autres Élus.
- Ça va Sheitaro, tu es bien silencieux, s’inquiéta Erys.
- Je vais bien et j’ai passé très bonne nuit, je suis juste un peu fatigué, mentit Sheitaro.
- Bon on y va à ce foutu hôpital, ou on reste planté là ? »
La question d’Alpha n’eut pas de réponse et les Élus se rendirent tous les trois à l’hôpital où était soignée Quistis. A la réception ils demandèrent sa chambre et comme ils s’y attendaient Ren était posté debout devant la fenêtre de sa chambre la regardant fixement.
«- Bon qui va parler au papi ?
La question d’Alpha trouva réponse chez Erys.
- Depuis qu’il t’a envoyé baladé, tu fais u peu moins ton fière avec lui.
- Et tu ne crois plus forte la donzelle ?
Pendant que les deux Élus engagea une nouvelle dispute, Sheitaro se mit à la même hauteur que Ren et regarda Quistis allongé dans son lit d’hôpital.
- Comment elle va ?, lui demanda t-il.
- Elle va bien, mais les médecins refusent qu’on rentre dans sa chambre sous prétexte qu’elle doit se reposer. Mais vous avez tenu votre engagement, je vais donc tenir le mien, je vais répondre à vos questions. Trouvons un endroit plus tranquille.
- Merci Ren. »
L’endroit tranquille fut le hall de l’hôpital. Sheitaro avait tellement de questions qui ne savaient pas par où commencer.
« - Bon j’attends les mioches, s’impatienta Ren.
- Et bien j’ai une question pour toi papi, avant de venir sur ce monde, on était à Traverse. Et là, un type qui te ressemble comme deux gouttes d’eau nous a balancé une jolie petite bébête qui a faillis nous carboniser.
- Enfin c’était juste une copie, qui avait apparemment beaucoup moins de puissances que l’original, ajouta Erys.
- L’enfoiré, jura Ren.
- Tu le connais ?, demanda Erys.
- Si je le connais, ce type est mon Simili.
- Comment est-ce possible ?, demanda Sheitaro.
- C’est à cause du dernier combat…
L’expression du visage de l’homme à la vouge signifiait qu’il ne voulait pas s’éterniser sur le sujet.
- On a pas besoin d’en savoir plus Ren, reprit Sheitaro, mais cela explique bien des choses. Ren tu penses qu’une nouvelle organisation est à nouveau en activité ?
- Si je le pense, j’en suis quasiment sûr. Ils trament quelques de pas net et le fait que vous soyez apparus et qu’ils aient volés une partie des réserves d’énergies d’Esthar ne me rassure pas non plus…
Les 4 Élus savaient ce qu’était un Simili et comment ils naissaient. Ils avaient également déjà entendu parler de la célèbre organisation orchestrée par les plus puissants d‘entre eux.
- Si tu as un Simili, alors ça veut dire que tu as…, commença Alpha.
- Peu importe, coupa Erys, nous devons démantelés cette organisation au plus vite et on a besoin de toi Ren, tu es avec nous ?
- A sachant que Ed désir rester ici au cas où l’organisation décide de reprendre de l’énergie à Esthar, ajouta Sheitaro.
- Il est vrai que je dois récupérer Ifrit à mon Simili, c’est une partie de moi-même qu’il a volé. Cependant, je ne marche pas avec vous.
Après un quoi à l’unisson, Ren s’expliqua.
- J’ai déjà été dans un groupe d’Élus et regardez ce que je suis devenu aujourd’hui. J’ai perdus presque tous mes amis auquel je tenais parce que j’ai été trop faible. Je ne veux pas que tout ça recommence. Puis regardez-vous, vous êtes des gosses vous savez à peine vous battre alors n’espérez même pas pouvoir éliminer les Similis.
- Tu nous laisses en plan, mais t’es…
- Laisses Alpha, interrompit Sheitaro, tu ne vois pas qui est Ren en réalité ? C’est vrai qu’on est plus jeune, moins expérimenté et moins fort que toi Ren, mais il y a bien quelque chose qu’on ne sera jamais.
Un bref silence. Les trois autres Élus observaient Sheitaro qui serrait ses poings avant qu‘il ne reprenne parole.
- On ne sera jamais aussi lâche que toi. Et si tu as toujours aussi bonne conscience après nous avoir abandonnés, et bien tant mieux pour toi.
Sheitaro marcha tranquillement vers la sortie de l’hôpital
- Attends Sheitaro…, commença Erys.
- On se retrouve au vaisseau dans deux heures, on a plus rien à faire ici.
Le garçon dans sa colère se mit à courir, Anuki à ses trousses. Erys et Alpha se tournèrent vers Ren, le regard furieux.
- Il avait mis beaucoup d’espoir en toi, il croyait en toi commenta Erys.
- J’en ai rien à foutre de ce gosse, et d’ailleurs, j’en ai rien à foutre des Élus.
Ren repartit aussi tranquillement qu’il était venu. Quand l’ancien Élu ne fut plus à proximité, Erys se tourna vers le dernier Élu restant.
- Alpha, commença Erys, je pars chercher Sheitaro on se retrouve au vaisseau, ok ?
Alpha n’était pas un expert pour remonter le moral. Il laissa donc ce plaisir à Erys.
- Ok, répondit simplement Alpha, je poiroterai. »
Erys courut alors en direction de la sortie de l’hôpital pour tenter de retrouver le jeune garçon.