Pandora quitta la pièce, sans tourner la tête vers moi, et renferma la grande porte derrière elle. L´air était froid et les fenêtres totalement ouvertes. J´étais troublée, et en colère. Colère contre moi, de ne pas me rappeler de connaître Niddogh. Tout se troublait. J´essayais de me relever mais je retomba sur mes genoux.
Mes yeux se portèrent une nouvelle fois sur ce tableau. Mes yeux fixaient les traits des pinceaux, mais je ne perçus rien. Je n´étais plus maître de moi. Mes mains tremblaient. Des larmes tombèrent sur les larges dalles de ce palais surréaliste.
Je resta des heures devant ce tableau. Regarder sans regarder. Tenter de comprendre sans rien comprendre. Essayer de m´en rappeler en oubliant tout.
Je perdais du terrain. Comme un combat que j´abandonnais, un combat sur moi-même. Je laissais la place à quelqu´un d´autre, ou plutôt personne. Je priais pour les autres. Les suppliques n´étaient pas tolérées parmi les Wizards, mais tout ceci était tellement loin maintenant.
Je trouva la force de me soulever du carrelage et m´appuya contre le fauteuil. Mes yeux me brûlaient et je perdis tout sens de la réalité.
Courir, encore et toujours. Ne pas s´arrêter. Ne pas tenir compte de mon coeur qui bat lourdement dans ma poitrine, ne pas sentir mes poumons qui me blessent à chaque effort. Courir. Mais pourquoi ?
Oui, Ca. Comment ai-je pu oublier ? C´était ma vie maintenant, fuir cette abomination. Mais...comment ai-je pu l´oublier ? Même fatiguée, comment ai-je pu?
Je me réveilla subitement et serra les draps dans mes mains. Le souffle rapide je regarda rapidement autour de moi. J´étais dans ma chambre. Je me leve et m´habilla en vitesse et décida de chercher les réponses qui m´avaient fuit.
Le palais était vide, les couloirs déserts. Personne. Mais des échos, comme des cris éthérés de victimes fuyant leur destin. Je me retourna plusieurs fois sur moi-même, persuadée d´avoir vu une ombre. Mais rien. Personne. Et toujours cette impression d´oubli grandissant dans mon coeur. Je ne cessais de penser à mes compagnons, même s´ils paraissaient ne plus exister tant que j´étais dans ce palais.
J´ouvris une porte, sentant quelque chose.
Jamais je n´avais été préparée à ce que je vis.
Jamais parmi les victimes que j´avais faites, telle horreur n´était parvenue.
Par les guerres et les combats, mes yeux étaient encore vierges.
Ils étaient maintenant souillés, souillés d´une horreur irréelle.
Comment...
Comment ai-je pu ouvrir cette porte aussi insouciamment ?
Aujourd´hui encore, contemplant toutes les choses que j´ai perdu, je ne comprends pas.
Je ne comprends pas pourquoi, ni comment...
Mais l´horreur ne m´a pas expliqué.
Elle s´est contentée de s´exhiber à mes yeux.
Cruelle et froide, elle a souillé mes yeux, mon âme et ce qu´il me reste.
Cette horreur, jamais je ne la souhaite à quiconque...
Et pourtant...