Pour les Wizards, le sommeil n´est pas important. Des instants de méditation sont vitaux pour nous, ce qui me permettait de me relaxer tout en restant éveillée. Il était hors de question qu´un de ces hommes fassent le moindre mouvement sans que je puisse réagir...Heureusement pour moi et mes muscles endoloris, la nuit passa sans que quiconque se réveilla.
A l´aurore, Keron se leva le premier, et sembla étonné de me voir déjà debout. Il alluma un feu léger grâce à ses pouvoirs et commença à réveiller ses compagnons. Les deux autres avaient l´air encore très fatigué et je décida de partir dans la forêt pour trouver à manger. Keron me suivit, ne voulant apparement pas me laisser seule.
- Tu as dormi cette nuit ? Tu étais déjà éveillée quand j´ai ouvert les yeux, encore un secret? demanda-t´il. La faible confiance qu´il avait en moi la veille s´était volatilisée pendant son sommeil. Il fouillait les herbes pour trouver des champignons tout en me fixant du regard.
Je pris un air amusé pour lui répondre.
- Tu n´as rien à craindre, aucun mystère là-dessus. Tu serais certainement moins ignorant si les Hommes s´intéressaient plus au monde dans lequel ils vivent...Ne prends pas cet air! Je plaisante...Tu te prends trop au sérieux, les grands guerriers n´ont jamais tenu une guerre sans se détendre.
- Qu´est-ce que tu sais sur la disparition de Nike?
- Rien, j´étais avec vous, qu´est-ce que je peux savoir de plus?
- Pourquoi as-tu capturé mon ami alors ?
- Aucune importance. Je ne le capturais pas, je souhaitais...le mobiliser...en quelque sorte. Il faut d´abord aider ton compagnon capturé, si on attend trop, nous prenons le risque que cette entité délivre des choses bien plus dangereuses qu´elle, si c´est possible.
- Qu´est-ce qu´elle fait là?Dans cette forêt?Et pourquoi maintenant?
- Je sais juste qu´elle apparaît en temps de guerre. La folie des Hommes l´a certainement éveillé d´un sommeil que mon peuple a mit beaucoup de temps à provoquer...
- Je ne te crois plus. Tu en sais plus et tu es liée à...
Je lançais ma chaîne le plus rapidement possible qui s´abattait près de Keron. Celui-ci sursauta et tomba en arrière, les yeux écarquillés et une peur apparente sur le visage. Je n´attendais pas et bondit devant lui, en fouillant dans les hautes herbes. Je me tourna vers lui, sourire aux lèvres et tendit devant moi mon butin.
- Et voilà, notre petit déjeuner.
Je partis rejoindre le camp, les oreilles du lièvre dans ma main droite, laissant là un Keron désemparé.