- Qui es-tu ?! N’as-tu donc aucun cœur ?!
Une grande silhouette vêtue d’un long imperméable noir, le visage entièrement caché par la capuche qu’il portait sur la tête, s’avança à la faible lueur d’un réverbère.
- Deux questions si différentes, et pourtant si liées pour moi… Je ne suis personne, je n’ai donc pas de cœur au sens propre du terme, tout comme au sens figuré.
Jour 1
C’était une nuit sombre, la pluie martelait les vitres de la chambre. Un jeune homme d’environ 17 ans s’éveilla en sursaut, allongé sur le sol. Il venait apparemment de rêver, mais était-ce vraiment un rêve ? Cela semblait si réel… Un vitrail étrange, des créatures surgies de nulle part, et cet immense être, qu’il avait du combattre armé d’une simple et futile épée. Non, il devait juste regarder un peu trop la télévision, ces créatures n’existent pas dans notre monde. Il essuya la sueur qui luisait sur son visage, et se recoucha. Cinq heures du matin et quarante minutes, d’ici un peu plus d’une heure, son réveil le tirerait de son sommeil pour une nouvelle et morne journée. Les bras de Morphée l’accueillirent de nouveau en leur sein, et le bruit de la pluie ne fut plus qu’une simple berceuse pour ce jeune homme.
Le tonnerre retentit, et un éclair transperça le ciel quelques minutes plus tard. Le réveil n’avait pas encore sonné, mais il lui fut impossible de se rendormir. Le jeune homme décida donc de se lever avec quelques minutes d’avance. Il descendit faire sa toilette, des gestes machinales, dont il se laissait un peu plus chaque jour, mais qu’il était obligé de répéter. Il remonta ensuite dans sa chambre, et contempla la rue sous une pluie battante. Personne n’osait aller à pieds, c’est pourtant ce que lui ferait, pour vingt minutes, temps qu’il mettait pour parcourir le chemin jusqu’au lycée. Quelques voitures passèrent dans la rue, éclaboussant les trottoirs. L’heure était arrivée, il descendit, et sans un mot, se dirigea vers la porte, revêtit son imperméable, et sortit. En quelques secondes, il ruisselait d’eau, son gel coulait, car il n’avait pas pour habitude de mettre une capuche. « Tss le temps du nord… » pensa t’il. Il eut la satisfaction de retrouver ses amis dans un état semblable, devant le lycée, bien que chacun d’eux aient pris le bus. C’était un lundi matin, la conversation s’orienta donc sur une série télévisée passée le soir précédent.
- Et toi Max, t’as regardé hier ?
- Non, j’ai regardé un reportage sur ceux qui se prétendent satanistes, tu sais, avec les bon vieux préjugés comme quoi ceux qui écoutent du métal sont tous des idiots priants un être maléfique et se mutilant juste pour faire beau… Evidemment, ils ont pris de sacrés cas pour illustrer les propos, mais ils savaient même pas de quoi ils parlaient, genre le mec avec son t-shirt Slipknot qui dit écouter du black…
La sonnerie du lycée retentit, semblable à celle d’un aéroport. Les cinq amis, trois garçons et deux filles, se dirigèrent immédiatement à l’intérieur du lycée, contrairement à leur habitude, pour se mettre à l’abris. Il réservèrent leur repas au self en passant leurs cartes magnétiques devant une borne, et allèrent ensuite en cours. Bien que la journée fut agréable, et qu’ils aient beaucoup ris, Max n’arrivait toujours pas à apprécier cela, il rêvait d’une vie d’aventure, pas une vie où il devrait rester bloquer dans un travail qui deviendrait vite habituel, et lassant. Il voulait mettre son courage à l’épreuve, et non payer la retraite de personnes destinées à mourir sous peu. Rien dans cette vie ne l’intéressait hormis une chose qui lui était pour l’heure inaccessible, celle qu’il aimait.
A la sortie du lycée, il croisa son meilleur ami, qui n’était malheureusement pas dans la même classe de Terminale que lui. Ils discutèrent un bon moment, puis se séparèrent. Le temps n’avait pas changé, et ce fut détrempé qu’il arriva chez lui. La maison était vide, son père et sa belle-mère n’étant pas encore rentrés du travail. Il s’affala dans le canapé et regarda les chaînes câblées. « Demain, grève, pas de cours » se dit-il avec un sourire. Il prévoyait d’aller chez sa mère, qui vivait à l’autre bout de la ville. Heureusement, il pouvait prendre le vélo pour s’y rendre, ce qu’il ne faisait pas pour aller au lycée par peur de se le faire voler. Il passa ensuite la soirée dans sa chambre, où il avait son propre ordinateur, et sa « meilleure amie », sa guitare électrique. Il avait aussi nombre de livres, qu’il avait tous lu. Il finit par se coucher assez tôt, en raison d’un état de fatigue plus important chaque jour.
- J’ai une chose que tu n’auras jamais, Sora.
- Ah bon ?
- T’avoir pour ami.
Le dénommé Sora rie, puis répliqua :
-Dans ce cas, j’n’ai pas de raison de me plaindre, moi aussi j’ai une chose que tu n’auras jamais !
Un nouveau réveil en sursaut, décidément, ses nuits ne pouvaient être tranquilles.
« Mais qui sont-ils ? » s’interrogea Max, avant de se rendormir, exténué.