1979. Le porte-avions nucléaire USS Nimitz, dernier fleuron technologique de la marine américaine, en manoeuvres dans le Pacifique, essuie soudain une terrible tempête… Le gigantesque navire se retrouve alors le 6 décembre 1941, quelques heures avant l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais. Le commandant ( Kirk Douglas) et l’expert de la défense ( Martin Sheen) sont alors confrontés à un dilemme impensable : doivent-ils intervenir, au risque de modifier le cours de l’Histoire ?
Un peu coupables, nous nous sommes replongés dans cette série B de luxe qui profita, à l’époque, d’un tournage grandeur nature sur un des derniers gadgets la Défense américaine. Et force est de constater que le plaisir reste intact et assumé. Car, en dehors de son côté « film de propagande » à la gloire de la Navy, aujourd’hui désuet depuis la fin de la guerre Froide, The Final Countdown s’avère un excellent divertissement et un conte fantastique spectaculaire, ponctué d’incomparables morceaux de bravoure.
Le grand intérêt du film ne réside pas dans les combats navals ( quasi inexistants), ni dans la reconstitution de l’attaque de Pearl Harbor, mais dans l’incrédulité de l’équipage qui doit faire face à l’inimaginable. Au travers de séquences tournées façon documentaires sur la vie à bord d’un porte-avions, le film prend finalement le temps d´exister et s´amuse avec nos nerfs en s´appuyant sur un suspense de plus en plus insoutenable.
Aujourd’hui, Hollywood a malheureusement égaré la recette de ces films de série B grandioses, qui ont bercés notre enfance. Lassé des images de synthèse dé-réalisantes, le cinéphage retrouve donc, avec The Final Countdown, la magie des images « live » ( le vrai porte-avions fut investi deux semaines par la production), dans lesquelles évolue un casting prestigieux qui se prête au jeu avec sérieux et délectation. Pour finir, le spectateur n’oubliera pas de sitôt le fabuleux ballet de F14 et Zéros japonais, qu’une aberration temporelle a fait se rencontrer.