À partir du milieu du Ve siècle, les envahisseurs germaniques anglo-saxons repoussèrent progressivement les Bretons du sud et de l´est vers l´ouest de l´île de Bretagne tandis que les Irlandais effectuaient des raids sur la côte ouest de la Bretagne (c´est d´ailleurs à cette occasion que saint Patrick, qui était breton, fut capturé par les irlandais). Les Irlandais finirent par fonder de véritables principautés sur les côtes galloises et écossaises. Si les premières furent finalement écrasées, les secondes donnèrent naissance à l´Écosse par la fusion du Dal Riada avec les royaumes britonniques du nord. Durant cette période sur laquelle les sources fiables font défaut (ce sont les « âges sombres » ou Dark Ages de l´historiographie anglaise), des populations bretonnes peu romanisées établirent de nombreux royaumes bretons dans l´île de Bretagne, notamment dans le pays de Galles et d´autres migrèrent en Irlande. De même, là se trouve probablement la cause première d´une émigration en masse de Bretons vers la péninsule armoricaine, celle-ci prenant alors le nom de « Petite Bretagne ».
Cependant malgré les défaites une partie du peuple breton, invaincue par les Angles, réussit à se maintenir jusqu´à nos jours en Grande-Bretagne, dans la Principauté du Pays de Galles et en Cornouailles. Jusque récemment on a largement cru que les Anglo-Saxons avaient supplanté les populations bretonnes, ou que les régions de la Bretagne occupées par les Anglo-Saxons étaient inhabitées ou bien que les Bretons avaient pris la fuite devant leur avance. Des études génétiques récentes sont en désaccord avec toutes ces hypothèses, suggérant que les Anglo-Saxons ont établi leur domination politique et culturelle sur les Bretons et ont contracté des mariages mixtes avec eux. En effet, ces études génétiques prouvent que les Anglais n´ont pas éliminé les premiers habitants bretons et que beaucoup de tribus sont restées dans ce qui allait devenir l´Angleterre[1