Bon c'est l'heure de la révélation. J'ai cours à 9 h, je comptais me coucher vers minuit, mais non c'est pas possible. Je viens de terminer Code Geass, la deuxième saison. Cet anime frôle l'excellence à tous points de vue. A chaud, c'est probablement l'un des meilleurs animes que j'ai pu voir et qui vient spontanément choper la troisième place de mon top, derrière One Piece et Berserk. Tout dedans est... Clampien. C'est le meilleur Clamp que je n'ai jamais vu... bien évidemment le problème c'est que ce n'est pas un Clamp, mais tout dedans est terriblement influencé par les histoires et les systèmes de narration du quatuor féminin japonais, plus connu pour Tsubasara Reservoir Chronicle, xxxHolic, X, Card Captor Sakura ou autres Chobits, Tokyo Babylon, Lawful Drugs et j'en passe... Plus qu'une acclamation dythirambique je dois poser des mots dessus. Quelques petits éléments d'analyses au vol, construit en trois axes, qui n'intéressera pas ceux qui n'ont pas vu Code Geass, mais qui interpellera certainement ceux qui ont été épris par la cruauté de cet anime.
Code Geass
J'ai donc dit que j'allais parler principalement de trois axes... mon but n'est pas de faire une dissertation mais essentiellement de condenser cette éruption émotionnelle, ce flot que j'avais déjà connu chez Angel Sanctuary, Berserk, X, Battle Royale, One Piece... C'est ainsi que je parle des trois éléments qui ont retenu mon attention dans Code Geass. Je pourrais les nommer ainsi : "les princesses du sang", "Zero/Lelouch, lutte intérieure", "guerre, humanité, fraternité".
Je tiens d'abord à dire que les femmes occupent une place hyper importante de la série, je suppose que tout téléspectateur un minimum impliqué dans l'histoire l'aura remarqué : tout part d'elle, que ce soit dans les motivations du héros (Marianne et Nanaly, le bain de sang qui passe pour un acte terroriste) ou dans ses pouvoirs (C.C évidemment qui lui donne le Geass).
On peut nommer facilement une dizaine de femmes qui participent activement à l'intrigue : C.C, Nanaly, Kallen, Shirley, Euphemia, Cornelia, Nina, Rakshada, Marianne, Kaguya, Viletta... Et elles sont toutes en rapport avec la mort. Chose excellente : elles ont toutes un sang noble, aristocrate, à l'exception de Kallen, quasiment la seule femme guerrière de haut niveau qui est vraiment l'exception dans tout cela.
L'idée est de retrouver derrière les femmes cette sensation de mystère, de goût prononcé pour la nuit, l'occulte, l'énigme, la souffrance, la passion, la folie... la mort.
La scène qui m'a vraiment fait tilter sur ce rapport ambigu de la femme au sang, au corps, c'est vraiment la scène du massacre d'Euphemia, qui aura probablement choqué d'une part pour son aspect strictement révoltant (la petite fille naïve qui tue des milliers d'innocents), inquiétant (Lelouch perd son pouvoir, ne le maîtrise plus), et... finalement poétique (comment passer à côté de cette image évidente de la robe blanche souillée par le sang, évoquant évidemment la fin d'Euphemia, son impureté, accomplie par l'acte barbare ?).
Pour moi, cela renvoie à une image vraiment culte de la série de Clamp la plus connue pour son intérêt et sa qualité : X. Dans X, Kotori, jeune "princesse" (elle n'est pas d'un statut noble, encore que, mais son frère et Kamui la considèrent comme une princesse) qui danse dans une marre de sang (tome 6 pour les références, j'ai pas trouvé d'images). Cet acte répugnant réveille la folie du personnage, brise sa personnalité irréversiblement... dans sa réalité... avant de finalement être tuée (X étant une tragédie, tous les personnages doivent mourir, je justifie le spoil).
Je crois que l'on retrouve énormément de cette tragédie dans Code Geass mais à plusieurs niveaux. Et cela correspond toujours à un amour ou des désirs impossibles, interdits (C.C désire la mort mais n'y accède jamais ; Shirley est pour moi, avec Euphemia, LA princesse de sang par excellence, piégée par les sentiments).
Ceci dit, on a aussi d'autres princesses du sang... celles qui le répandent. Et c'est en cela que je trouve le personnage de Nina vraiment intéressant. Bon, il est vrai que son caractère est malgré tout facile à cerner (peur, haine, crime, châtiment). Ceci dit, Nina crée la bombe Freyja qui rappellera évidemment la bombe atomique, la référence est évidente et crève les yeux. Ce qui est cynique dans tout cela c'est qu'il s'agit d'une femme qui crée un élément de mort massif, mais plus amusant encore : c'est Nanaly qui décide de les lancer dans le Damoclès. Plus amusant encore : Freyja est une bombe au nom féminin...
Tout cela pour dire que dans Code Geass, tout ttourne autour des femmes, ce sont elles qui piègent les hommes et qui les influencent (la relation Viletta / Ogi n'est pas anodine, que dire de Charles / Marianne qui est un beau retournement de situation, Tzian Li / Xang Ke est aussi un bon exemple, ainsi que l'énigmatique couple Lloyd / Rakshata, qui, selon Cecile n'a eu que des prémices, ceci dit une grosse partie de l'anime met en avant leur combat scientifique). Et malgré ce caractère féminin occulte (en rapport avec des éléments de mort ou de passion), elles conservent toutes des visages d'ange, et des corps sublimes ! (même les plus jeunes, vive le lolicon
) Bref, voilà une explication majeure de mon attachement à cette figure qu'est la femme dans Code Geass. C'est presque un stéréotype par ailleurs mais il est mené sur tellement de fronts, et chacune a son moment de gloire ce qui fait qu'on est partagé, toujours.
Le deuxième point que j'ai beaucoup apprécié c'est ce Lelouch. Lelouch et Zero. Le nom de code me fait beaucoup penser à Death Note et le déroulement global de la série (affrontements stratégiques, machinisation des êtres qui entourent le héros...) évoquent évidemment la même série. Mais pour moi cela s'arrête là. Car dans Death Note, L affronte Kira. Dans Code Geass, Lelouch affronte Zero.
Ce qui est frappant chez ce personnage, c'est que malgré son évidente perversité du pouvoir, il conserve un attachement périlleux (finalement mortel) à tout ce qui l'entoure, à tout ce qui l'aime. L'Académie Ashford, Nanaly, Shirley, Karren, Suzaku, etc. Et s'il passe la moitié de son temps à tout piétiner par le mensonge et la guerre, il passe l'autre moitié à être assailli par les remords et tenter de se racheter. Cette deuxième moitié passe souvent au second plan tant le perso crée des plans machiavéliques, mais au contraire d'un perso comme Shirley, qui fait passer ses sentiments avant tout, Lelouch ravage tout cela, il ne croit qu'en sa mission.
C'est d'ailleurs l'une des premières choses qui m'a frappé, c'est que dans leurs robots, les pilotes ne se voient pas. Généralement, dans pas mal d'autres séries, c'est aussi le cas, mais les pilotes ne s'aiment pas. Tandis que là... non seulement ils se connaissent mais en plus ils s'aiment (m'enfin j'en parle dans le dernier axe). Et c'est ainsi qu'il se piège dans des situations inextricables moralement. Ses absences dans la première saison impliquent le mensonge à Nanaly, et ainsi de suite, c'est la spirale.
Lelouch est prisonnier de son Geass, Lelouch est prisonnier de Zero, il est prisonnier de ce qu'il n'est pas. Et il ne cherche jamais la pitié, c'est assez fort tout de même. Ce que j'apprécie, c'est que non seulement ce personnage possède de grosses faiblesses (physiquement il est naze, beau contre pied du héros cliché, bien qu'il en possède des mentales qui sont phénoménales), mais surtout il garde une grosse moralité. Il est obligé de scinder toute sa vie en deux : Lelouch et Zero. Pour ne pas briser ceux qu'il affectionne particulièrement. Cela va lui jouer des tours, et la scène qui m'en a fait prendre conscience, c'était un peu tard, il est vrai, c'est la scène finale de la saison 2, merveilleuse, avec Zero qui tue Lelouch.
Je pense que Lelouch a définitivement perdu. Il est, à l'image de Shirley, quelqu'un qui a trop oscillé entre raison et sentiments, il a flirté avec des choses qu'il avait du mal à maîtriser, et c'est finalement, son mauvais côté, ce côté noir mais épris de justice, qui a gagné. C'est son image. Lui, Lelouch est condamné à sa solitude éternelle, après tout c'est le "pouvoir des rois", comme dirait énigmatiquement C.C.
Ce que je trouve fascinant dans cette relation qu'entretient Lelouch avec soi-même, c'est qu'on retrouve cette part d'hésitation que l'on rencontre chez Kamui, héros de X, encore une fois, décidément... Un pouvoir énorme, le destin entre ces mains et une fin semblable. Sans parler des tourments éternels bien qu'ils soient d'un tout autre ordre. Ceci dit, Kamui doit décider entre devenir un Dragon du Ciel et sauver l'humanité ou devenir un Dragon de la Terre et alors la détruire. Une fois son côté choisi, c'est Fûma, son meilleur ami, son frère, qui va perdre sa personnalité pour servir de réceptacle à une nouvelle personnalité : un nouveau Kamui, non pas démoniaque, mais strictement opposé à Kamui et finalement son opposant. On rejoint cette quête spirituelle de la lutte contre soi-même. Et dans les deux cas, elle est perdue d'avance, car malgré tous les mensonges, il est difficile de se mentir sincèrement à soi-même. C'est ce que Kamui et Lelouch arriveront finalement à comprendre, en choissant de mourir, mais dans l'optique d'un monde meilleur.
Finalement, je dois être sensible à cette thématique du sacrifice de soi, ceci dit il doit y avoir un plus dans ce traitement, car par exemple dans un Metal Gear Solid 3 je n'ai pas été séduit par The Boss. Et puis, cela reste malgré tout un thème convenu, mais la manière de la traiter dans Code Geass est vraiment intéressante.
Je tiens tout de même à dire que si l'on devait comparer Death Note à Code Geass, pour moi Lelouch ne serait pas L (dommage ça commence pareil), car si c'était le cas, Lelouch ne se serait pas sacrifié et aurait accédé au pouvoir bien plus tôt. Je pense que L et Kira sont à l'intérieur même de Lelouch et c'est ça qui rend le tout bien plus fascinant.
Finalement, j'en arrive je crois au thème principal de la série. Si je ne devais en retenir qu'un seul ce ne serait pas les robots, ce ne serait pas le Geass (qui paraît insignifiant en fait, dans mon gros commentaire), ce serait pas les femmes, ce serait pas les hommes, ce serait la guerre, ce serait l'humanité et surtout la fraternité.
Je sais pas si si ça en a choqué beaucoup chez ceux qui ont vu Code Geass, mais quasiment toute la série est une succession d'affrontements entre personnes... de la même famille. Lelouch, Nanaly, Clovis, Euphemia, Cornelia, Charles, V.V, Marianne, Schneizel. Tout le monde se fait la guerre. L'anime commence d'ailleurs sur l'assassinat de Clovis de la main de son propre frère. Le louch combat sa famille avec hargne, dégoût, ressent de temps en temps un peu de pitié (pas trop, il la garde surtout pour Euphemia et Nanaly), mais il tue sans restriction. Je crois qu'un personange (C.C il me semble), le dit dans l'anime, le rappelle, et de toute manière c'est bien connu : "les amis, on les choisit, la famille on la subit". Mais finalement, cette joyeuse guerre familiale emporte avec elle la guerre de toute l'humanité...
A mon sens, je pense que cette guerre est une allégorie pour signifier qu'en effet, tout le monde se fait la guerre car une suite de frères et soeurs se font la guerre... Je pense que non seulement ça renvoie aux dieux grecs (trop de références mythologiques pour que ce soit anodin ; d'ailleurs Charles veut effacer ce genre de choses avec sa connexion Ragnarok, bien que je pense que le monde soit en plein Ragnarok à ce moment là déjà), mais non seulement je pense que c'est une manière de dire que toute l'humaniète n'est que frère et soeur. Ca fait peace and love comme ça, mais le thème du frère et de la soeur est trop exploité : Lelouch / Nanaly pour le plus évident, mais on peut élargir à tout les Britannia, Charles / V.V. est aussi un beau coup de théâtre, Karren / Ogi, même la fausse relation Rollo / Lelouch, incroyablement cruelle...). Je crois qu'on a forcé là-dessus, et que la guerre familiale et mondiale ne font qu'une car la famille est humaine mais les humains sont frères, voilà tout.
Je rebondis sur "les amis on les choisit, la famille on la subit" en disant que finalement, cette relation glauque, ambigüe qu'éprouvent Lelouch et Suzaku, dépassent la famille. Ils sont incroyablement compatibles, complémentaires (dès qu'ils s'allient ils sont plus forts que tout, je retiens l'épisode où ils s'allient contre Mao). Ils sont amis et ils sont plus forts que tout. Ils supportent tous deux le poids de leur destin de manière éprouvante, malgré leur rivalité ils se font confiance, ils se supportent, ils se pardonnent.
Voilà, Code Geass, c'est la suprématie de l'amitié sur les liens de la famille, d'un côté.
Bien, j'ai passé ma crise d'étudiant en arts plastiques qui s'est retrouvé face à une chef d'oeuvre, je sais aps si ce post aura beaucoup de succès, mais au moins maintenant j'ai mis de l'ordre dans mes pensées. Et je vais vite remater le 25ème de la saison 2.
Ah et tant que j'y suis, histoire de régler les quelques histoires avec d'anciens démons :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-7848-14637788-563-0-1-0-0.htm#message_14805333
Je confirme malgré tout mon message ![]()
J'aurais bien lu, mais déjà j'ai pas spécialement le temps, et en plus, je pense vraiment à me mettre à Code Geass un jour ou l'autre, donc bon... Si y a spoil, ça pourrait un peu tout me gâcher.
Pareil, j'ai pas lu pour éviter les spoils. (meme si c'est pas sur que je regarderais la suite).
je l'ai lu et dans l'ensemble je suis d'accord avec toi par contre t'a pas parlé du gros defaut de l'anime et son charme en meme temps c'est les rebondissement scenaristique abusé et constant c'est omnipresent, certe ca donne enormement de rythme mais parfois c'est lourd a force :oui
Oui, justement tous ces rebondissements (dont je n'ai pas parlé car d'toute manière je n'ai pas parlé des défauts) donnent un peu l'effet Death Note, au départ on se dit "génial je vais aller de surprise en surprise" et on finit par "mais où nous amènent-ils, merde ?". M'enfin c'est pas un défaut qui m'a particulièrement gêné.
Deso
Toi aussi adores Code Geass ?
Co-paing ! ![]()
Si mon message n'est pas assez long pour répondre à ta question, Fallen, je peux en faire un plus long :$
Ah non, j'ai lu excellent Code Geass et puis, à tort, je n'ai pas lu ton message en entier ...
Ce que je m'en vais faire de suite.
Je crois que tu n'aurais pas pu mettre Code Geass plus à nu que ça.
Je crois que moi j'aime Code Geass pour ce qu'il est et que toi tu l'aimes pour ce qu'il a donné, je me trompe ? En tout cas, ton "explication" était bien agréable à lire et apporte un éclairage que je n'avais pas vu parce que, j'avoue, je l'ai regardé sans trop me poser de question. C'est un peu mon tort de prendre les choses comme elles viennent, avec ou sans profondeurs, ou bien même réflexions.
J'avais lu une chose (mais je ne la retrouve plus) qui m'a fait pensé que Code Geass m'a vachement "forcé", enfin, "endurci" l'esprit avec les sacrifices humains "utiles", "nécessaires". Je veux parle notamment de Euphemia et même Shirley. Je n'arrivais pas à les "admettre", à leur donner une raison.
Au fait, tu pourrais me dire ton hypothèse sur la fin ? ![]()
Euh ... scan pour code geass ??
je pense pas que code geass soit sorti en manga
va le voir en anime ![]()
ba, si c'est en anime, pas la peine, j'en ai trop a voir ...
Desolation
Quand j'ai lu ton message, j'ai un peu plus ouvert les yeux sur cet animé. Je l'avais adoré, certes, mais je n'y avais pas vu tant de choses dès la première fois, et la façon dont tu as exploité ton message m'a rappelé les moments géniaux de cet animé. La fin est selon moi vraiment une des meilleures fin d'animés que j'aie vue jusqu'ici, d'après-moi.
Simplement, le côté 'rebondissements' sans logique m'ont un peu plus gêné que toi je pense, et il faudrait que je revoie certains épisodes pour vraiment tout comprendre (sur la fin avec Charles je me rappelle plus trop de tout).
Bref, je suis d'accord avec toi, et je trouve que tu as fait une recherche très en profondeur qui ouvre les yeux ![]()
[Cependant, One Piece règnera toujours
]
Sinon, le nouveau One Piece est sorti ![]()
Ils ont rajouté quelques trucs par rapport aux scans, il est sympa
(Luffy en Bleu ça peut faire bizarre mais on s'habitue vite
)
chaud le pavay de momo
je resterais bien, but I'm going to read le second tome (sais même pas si ça se dit aussi tome
) of Berserk ![]()
Bonne lecture Crackounet, vivement que t'arrives au tom-tom 4 (tome en anglais ... sinon en vrai de vrai c'est "volume".
Zat0, je t'ai répondu pour ta question sur l'épisode de la réunion shishibukai-GM. (rappel --> épisode 151)
Merci Zat0 pour avoir dit ce que je voulais dire à propos du pavé de Momo et donc merci Momo pour ce pavé qui réaménage l'idée que j'avais de Code Geass ! Non seulement je l'aime à ma manière mais aussi, maintenant, je l'aime grâce à la profondeur que tu as su nous montré. Chapeau bas l'artiste.
Désolé, tab.
Je voulais savoir quelle était la fin que vous donniez à Code Geass et dire que j'ai repris Bleach. Les Vizards ont l'air bizarres mais sympas, et surtout, très utiles puisque si Ichigo parvient à (ré)concilier son côté Shinigami et sont côté Hollow, il deviendra nettement plus fort et sans limite. Mais à mon avis, quelque chose me dit que c'est plus facile à dire qu'à faire.
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tu verras jeune homme, tu verras... ![]()