Prologue : De la création des Mondes
Lieu, date et heure inconnus
Rien. Le noir complet. Est-ce le chaos ? Est-ce le néant ? Le néant, oui. Enfin, le Néant plutôt. Pas un bruit.
Rien. Le noir complet. Soudain, à un endroit, le noir se fonça encore un peu plus comme s’il était pris de contractions, de convulsion. Celles-ci n’étaient pas morbides. Elles était plutôt vitales : là où le noir était devenu plus noir, un trou s’était créé, il en sortit un immense palais blanc d’ivoire. Les tapisseries y étaient somptueuses, le palais était inimaginable tellement sa beauté était criante. Toute présence ne l’aurait à jamais souillé. Un homme qui pourrait y vivre serait heureux toute sa vie.
L’amas omniprésent de noir s’était amoindrit à une boule ridicule de ténèbres pas plus grande qu’une pièce du palais.
De cette boule de Néant, il en sorti, a priori, un homme, entouré d‘éclair alors qu‘il en émanait.
Soudain, une voix gravissime, transcendante, d’outre tombe lui adressa la parole.
- Dès à présent, je crée l’an 0, l’heure 0 et Odéalista, le monde des Dieux. Tu es formaté pour ce monde. Ta connaissance de celui-ci est entière et absolu. Rien ne peut t’échapper, sauf mon existence infinie. Ne viens jamais essayer de me connaître ou tu me subiras. Céans, je t’accomplis.
Je te dote d’une femme et de trois enfants. Tu es chargé de les veiller au mieux. Tu n’as pas à les faire vivre puisque par cette anneau, je me mets à ta disposition pour créer tes envies. Ne fais jamais acte contre moi ou tu me subiras. Céans, je t’accomplis.
La boule de ténèbre s’anéantit sans mal dans l’anneau. Comment une telle puissance incommensurable peut elle se dissoudre dans cette anneau des plus banals ?
Banal ? Non. L’anneau ne l’était pas : il contenait le Néant. D’ailleurs, le Dieu père, le Géniteur, usait et abusait de celui-ci. Il se fit des provisions pour son existence éternelle, pour lui et sa famille.
Plus tard l’ennui rongeait la famille composé du Géniteur, de la Génitrice, de l’aîné Charles Apollon, grand et fier, de la cadette Vénia, belle et naïve, et du benjamin Mercurus, petit et malicieux. Tous étaient en âge de raison.
Alors le Géniteur créa un monde et les hommes. Ces petites fourmis qui s’acharnent à travailler pour survivre le font bien rire. Il a surnommé ce monde Hédonia. Il comprend plusieurs continent dont les plus connus sont Spira et Ivalice.
Des bêtes des plus atroces peuplent les endroits non côtoyés par ces hommes. Mais certains de ceux-ci terrassent ceux-là. Parfois, il s’agit de l’inverse aussi.
Les Dieux ne veulent pas, ou plus intervenir dans ce monde. Un unique fois le Géniteur est intervenu pour expliquer ce qu’il en était, qu’ils devaient vénérer sa famille. Mais certains, surtout sur Spira, n’aiment pas cette idée d’être gouverné par des êtres transcendantaux. Alors ils ont situé à leur centre un jeune guerrier talentueux, nommé Yu Yevon. Sur naïve, le messager des Dieux, des vrais, est le Grand Pontife.
Après s’être repus du Néant jusqu’à en étancher sa soif, le Géniteur décréta que l’anneau était à présent inutile et il voulu l’annihiler. Terrifier, le bijou de l’anneau se fit à briller faiblement, puis un instant avant l’impact ultime du marteau, un filament de brume noires s’en échappa. Extrêmement affaibli, le Néant devait se résoudre à habiter un autre objet, à prendre une autre forme.