pour avoir jouer et sans vouloir caricaturer je suis assez d´accord avec toi.
Du temps où les jeux nécessitaient un budget moindre pour être produit, les impératifs de temps, d´argent, ne prenaient pas le pas sur l´envie et le plaisir des programmeurs lors de leur conception du jeu. On voit bien que dans un final fantasy 6 par exemple, les développeurs s´éclatent à créer de nombreuses scènes, car cela leur coutent surement moins (proportionnellement parlant, car d´un autre coté les jeux aujourd´hui leur rapportent plus), que de faire une telle scène aujourd´hui avec le moteur graphique de la ps2, et toutes les difficultés qui peuvent en découler.
Pour autant, l´amélioration des graphismes, de la technique en général, est une bonne chose bien entendue. Il ne faudrait pas renier celle ci au pretexte du "c´était mieux avant". Avant, c´était plus frais, moins étriqué par la technologie justement, et les impératifs économiques, qui même si on ne peut le nier étaient toujours présents, l´étaient tout de même moins qu´aujourd´hui.
Le problème survient lorsque la difficulté de programmation l´emporte sur les envies scénaristiques des développeurs. Ou plutôt, lorsque ces derniers ne parviennent pas à opérer la conciliation entre les obligations techniques, et leurs idées. On peut aisément deviner, au vue de ce qu´aurait pu être ff12, que Matsuno n´était surement pas parvenu à opérer cette fusion de l´impératif économique, et de l´ambition. La dernière prenant le pas sur la première.
Et c´est tout naturellement que Square Enix remit les choses en place en redonnant à l´obligation budgétaire la place qui est la sienne dans la production d´un jeu, et sacrifiant ainsi l´histoire sur laquelle Matsuno s´était sans doute trop déportée.
Je pars dans peut être de trop importantes supputations, mais il aurait été intéressant que Square Enix plutôt que de vouloir sauver les apparences quant au licenciement de Matsuno, en exposent les raisons. Tout le monde l´aurait sans doute compris. Mais plutôt que de faire cela, SE joue la carte du "meilleur jeu de l´univers", etc. Alors qu´il aurait été bien plus sympathique d´avoir le jeu présenté comme il se doit: "Un jeu de rôle dont nous voulions une merveille, mais qui ne sera pas comme les précédents final fantasy. Cette fois, faute de temps, l´histoire n´a pu être développée. Nous demanderons donc aux joueurs de se laisser porter par les graphismes et de faire joueur leur imagination, plutôt que de se laisser porter par histoire tel que ce pu être le cas durant toutes ces années".
Pour terminer, la technique n´est pas un handicap, mais un sérieux atout, du moment où la part est faite entre les impératifs économiques, et les idées des développeurs. C´est l´alliance, comme au cinéma par exemple, entre l´artistique et l´économique. Une alliance que certains puristes peuvent décrier, mais qui est saine et nécessaire, car sans l´argent, l´artiste n´est pas grand chose dans le cinéma et dans le jeu vidéo; tout comme ces domaines ne sont rien sans les créateurs. C´est un rapport de force dangereux et certainement difficile à maîtriser. Pour avoir un bon jeu, il faut que les deux soient conciliés parfaitement.
FF12 reste tout de même un cas à part. Il devait être au départ une merveille. Finalement, avec les désagréments de production que l´on ne lui connait pas...Il ne sera pas un jeu raté, mais juste un bon jeu.