" Décrivez un combat intense entre deux protagonistes uniquement ( donc un duel ) . Vous pouvez inclure des dialogues, des flash-back ou quelconque autre originalité, mais il faut retrouver un vrai combat. Il peut terminer et commencer comme bon vous semble. Le combat décrit doit être en accord avec l’esprit des RPG, dont vous devrez vous inspirer de ce type de jeu vidéo. Pour les plus incultes d’entre vous, Final Fantasy suffira comme source d’inspiration."
Le sang coule à flot autour de moi. Pas un seul meuble n’est encore en bon état, chacun détruit par une des nombreuses déflagrations provoquées par les nombreux coups échangés entre mes ennemis et moi. Le sang continue de se verser hors des cadavres des vaincus déchirés par mes lames ou encore les balles de mon fusil automatiques, chacun étant encore secoué de spasmes. On ne peut percevoir dans ce déluge sanguinolent que le clapotement des gouttes de sang ou de mes pas plongeant dans la marre pourpre s’étendant sur le parquet. Je ne sens plus d’être humain en cet immeuble.
Je suis au dernier étage du siège du tyran contrôlant ma cité. Ma mission est de le tuer, pour les habitants de la ville qui m’a porté mais surtout pour celui qui a toujours cru en mon pouvoir car je ne suis pas un simple humain.
- Papa ?
- Oui, fils ? Fais vite, je suis occupé.
- … Pourquoi ne puis-je aller jouer avec des enfants de mon âge ? Ils ont tant l’air de s’amuser.
- … Je vois. Je me demandais quand nous devrions en discuter. Il semble qu’il est temps. Tu es encore jeune pour en prendre conscience mais… tu m’écoutes bien ?
- Oui, Père.
- Tu n’es pas comme tous les enfants de ton âge. Tu as quelque chose qu’il n’auront jamais et tu ne pourras jamais être semblable à eux, tu possèdes quelque chose de rare que moi-même je ne possède pas. Malgré tout, je t’aime et je veux que tu t’entraînes à développer ce pouvoir pour libérer notre cité de ce Dieu nous martyrisant.
- … Je t’aime, Papa.
- Tu ne comprends sans doute pas mais accroche-toi à cet amour et tu sauras faire ce qu’il faut pour que je sois fier de mon fils.
Quelque chose saisit ma jambe droite, ma jambe gauche se balance et finit par écraser le bras au bout duquel une main me serrait mon membre. Le bras cède comme du beurre, le soldat n’ayant eu le temps de crier n’a pu que cracher une nouvelle fois des gouttes noires à travers ses dents serrées, prêtes à craquer.
Des colonnes massives ainsi que des tableaux décorent la pièce, une imposante antichambre ne possédant apparemment pas d’autre sortie que l’entrée, un escalier sur lequel un lourd tapis rouge y rampe. Alors que les colonnes en piteux état sont toujours dressées, les coups de lames ne les ayant coupées qu’à moitié, les tableaux ont vu leurs couleurs chaudes se raviver. Ils semblent brûlants de vie, une vie malsaine ne m’inspirant que le mépris pour cet endroit. Chacun représentent des hommes ayant l’air important vu leurs habits dignes de rois.
Une fois les mouvements des mes victimes calmés, la peinture des tableaux m’entourant se mit à couler - comme si nous étions dans une fournaise - glissant sur les murs de marbre et rejoignant les terribles flaques sur le sol. Un homme venait d’apparaître sans que je n’aie pu m’en apercevoir.
Il ne souffle aucun mot, et je prends alors conscience que je ne sens toujours aucune présence humaine. Je ne peux que le voir avec mes yeux. Je le braque presque immédiatement avec mon fusil et tire.
- Père ?
- Oui, fils ? Tu ne devais pas t’entraîner ?
- C’est que, je me pose de nouveau des questions… Pourquoi utiliser des armes blanches ou se battre à main nu alors que les fusils sont plus maniables et plus efficaces surtout à longue distance ?
- Quelle question ! Je vais en profiter pour te montrer une chose dont tu dois prendre conscience. Tes capacités de régénération rapide. Tend ta main devant ce mur.
- Heu... d’accord.
- Bien ! Maintenant, ne bouge plus.
« Comment vas-tu faire pour appuyer sur la gâchette maintenant ? .. ! »
Mes balles sont déviées ou alors parées par quelque que je ne peux percevoir à seulement un mètre de ma cible. En réponse à mon attaque, une lame dont je n’ai pu voir la provenance me transperça la main droite, à l’endroit précis où une cicatrice s’était refermée quelques années auparavant. Je cris de douleur en lâchant mon arme. Celle-ci écrasant un crâne brûlant, m’aspergeant du même coup d’un sang acide sur mes jambes. Je ne peux que crier de rage en faisant un bond sur le côté pour me placer derrière une de ces solides colonnes par rapport à cet ennemi puissant.
J’entends un rire froid, rauque et expirant la haine envers ma personne. J’ai beau sentir de la satisfaction en moi pour avoir pu l’approcher d’aussi prêt, je suis terrorisé par sa présence. Il n’est pas humain. Il est pire que moi. Ma peur grandit alors que je vois des cadavres remuer par je ne sais par quelle magie. Je sais utiliser mes pouvoirs et je vais lui montrer.
- Je n’y arriverai jamais, vous avez dû vous tromper sur ma personne…
- Il n’y a pas de doute, crois-moi. Concentre-toi et projette cette puissance. Tu peux utiliser la magie.
- … Non…
- … Tu as peut-être raison. Bien, puisque c’est ainsi, concentrons-nous sur ta capacité principale…
Je sors brusquement de ma cachette tout en étendant mes mains vers mon ennemi, des boules de feu surgissent de la paume de chacune d’entre elles tandis que je cris de rage contre ma cible. Je recommence mon attaque plusieurs fois, brûlant tout élément situé à proximité de l’homme. Aucune réponse de sa part. Que faire. Je me doute qu’il a su parer une nouvelle fois mes attaques, sans doute encore son pouvoir mystérieux le protégeant. Un nouveau rire – est-ce vraiment un rire ? - se fait entendre une fois les flammes se calmant peu à peu.
Je recommence en crachant cette fois une vague d’eau sur le tyran, la pièce est inondée d’eau virant au rose avec le sang s’y mélangeant. Alors que le chaos est total dans la pièce je cours vers ma victime et me jette sur lui, toute mes lames sorties. Je transperce un mur gluant avec mes lames mais ne franchit pas le suivant, une de mes lames me rentrant dans l’épaule gauche et frôlant ma clavicule m’arrachant un cri de douleur malgré moi.
- Maître ?
- Oui, fils ? Tu sais maintenant tout.
- Non. Pourquoi veux-tu que je le tue ? Quel est ton propre intérêt ? La cité sera-t-elle vraiment libérée ?
- …
Je ne sens plus la douleur tellement je hurle de rage. Je me sens transporté par un élément que je ne connais pas, moi en maîtrisant déjà plusieurs comme le feu et l’eau, je n’ose deviner ce qui me maîtrise.
Je le vois, enfin. Ses habits sont simples, un pantalon et une chemise toute les deux noires, il ne lui manque qu’une veste et une cravate pour en faire un costume complet. Son visage lui affiche une tout autre nature. Je devine pourquoi je ne pouvais mieux le distinguer plus tôt… Il est atrophié, on ne distingue surtout que ses yeux profonds et sombres tandis que le reste de son visage affiche un passé douloureux. En contrepartie, une fente au bas de son visage s’étire à mesure que je m’approche inexorablement de lui.
Elle finit par s’ouvrir laissant s’échapper une voix, cette fois, tout à fait normale. La voix d’un homme commun :
« Tu aurai pu être mon fils… mais mon fils n’existe plus. Bien, je suppose que c’est lui qui t’envois. Malheureusement tu n’es capable que de peu… tant pis. Tu mourras. »
Je ne suis qu’à un mètre de sa personne. Et je sens… mon intérieur sous pression. J’ai l’impression que mon propre sang circule plus vite mettant à l’épreuve mes organes vitaux. Je regarde ce qui me maintient prisonnier et je frissonne : du sang. Ce type maîtrise le sang. Mon effroi doit se lire sur mon visage car l’homme ne peut s’empêcher de faire un commentaire :
« Le sang. Quel magnifique élément, comment pourrait-on vivre sans ? Comment fera ton corps sans cet élément transportant ton énergie ? Ce liquide pourpre n’est pas si fidèle en ma présence. »
Mon sang ? Un sang humain ?
« Ne sois pas si présomptueux en ma présence ! »
Le visage de mon assassin vire au gris, son sourire s’estompe, la voix qui vient de se faire entendre est une voix inhumaine, la voix d’un dragon, rauque, brûlante. C’est la mienne.
Mon corps se crispe de toute part, des écailles apparaissent, des griffes brillantes sortent des mes doigts maintenant bien plus épais, mon visage s’allonge et devient noire brume, je sens mes ailes se déployer dans mon dos et briser l’entrave de sang.
Il ne contrôle plus mes entrailles. Je déploies mes griffes, lui attrape chacun de ses deux bras et les lui arrache déployant son sang… noirâtre sur le sol. Ses yeux laisse s’évacuer le même sang à ma surprise. Je ne lui laisse pas plus le temps d’exprimer sa terreur en attrapant sa tête avec mon imposante mâchoire puis la lui brise en les refermant fermement dessus. Son corps n’est plus qu’un cadavre secoué de spasmes comme ses congénères mais…
Il est mort !
Je ressens alors la même douleur que quelques instants auparavant. Il est pourtant mort et mon sang n’est plus le même. Comment est-ce possible ?
Il est mort ! !!
« Il contrôle tous les sangs possibles, même le tiens. Mais il devait mourir. »
Cette voix.
- P… Papa ?
- Oui, fils ? Tu vas mourir avec ton grand père. Les démons doivent se détruirent entre eux. Je vais maintenant prendre le relais et mettre à sang cette cité. Elle ne vous appartiendra plus.
- Que… Grand père ? Pourquoi toi… Tu n’as pas… ?
- Non, on saute une génération dans cette famille.
- P… Qu.. Pourquoi… ?
- Désolé, c’est le destin qui veut ça. Encore merci mais tu ne mérites pas la vie. Adieu.
Mon sang me quitte.
D o_O c