" Décrivez un combat intense entre deux protagonistes uniquement ( donc un duel). Vous pouvez inclure des dialogues, des flash-back, ou quelconques autres originalités, mais il faut retrouver un vrai combat. Il peut terminer et commencer comme bon vous semble. Le combat décrit doit être en accord avec l´esprit des RPG, donc vous devrez vous inspirer de ce type de jeu vidéo. Pour les plus incultes d´entre vous, Final Fantasy suffira comme source d´inspiration."
Il était un monstre. L’autre était un humain.
Complexe de recherche scientifique, département des mutations. Une nouvelle fois, la lune brillait au milieu du voile céleste, parsemé d’étoiles. Elle n’avait jamais été aussi grosse et rouge, et sa lumière dégageait une certaine obscurité.
Pour un monstre, il paraissait d’autant plus laid que l’humain était gracieux et charismatique.
« Tu m’en veux, n’est-ce pas ? » demanda l’humain.
Le monstre, dont une quelconque comparaison avec un autre était impossible et futile, ne pouvait répondre.
« Bien, je vois que tu es toujours aussi peu bavarde, Lucie. Avant de laisser les derniers sentiments humains disparaître de ta conscience quasiment inexistante, laisse-moi t’expliquer que ce n’était pas mon but.
-Toi… Mourir… bava l’immonde créature.
-Je n’avais pas le choix… Ca m’aurait tué !
-Mourir… »
La bête se jeta sur l’homme. Celui-ci dévoila alors des griffes longues d’environ trente centimètres au niveau de ses mains. Elles apparurent en un dixième de secondes et moins si possible. Elles arrêtèrent aussi le monstre, dénommé Lucie, qui se bloqua pendant quelques instants.
Ce fut l’homme qui attaqua. Non pas qu’il semblait vouloir tuer le monstre, mais plutôt se défendre d’une manière agressive. Son adversaire se décala rapidement d’un petit mètre et se propulsa grâce à ses puissants muscles sur l’humain. Il se jeta, le corps entier comme une planche, jambes devant sur l’homme, qui esquiva en faisant un saut-périlleux latéral.
« Tu ne te souviens plus, Lucie, c’est ça ? Et instinctivement tu as voulu te venger de la dernière personne que tu as vue depuis ta mutation, n’est-ce pas ? »
Le monstre répondit juste « Lucie ? » d’une voix glauque. Il ne semblait pas comprendre.
Une ambiance lourde et pesante envahit alors la pièce ( quoiqu’elle était déjà lourde et pesante, mais cette fois-ci, cette ambiance ne pouvait être supportée que par les deux individus s’y trouvant actuellement, car il s’agissait bien d’un duel privé), et l’air devint inexistant. Fani invoquait une magie. Sous ses pieds, une étoile à cinq branches se dessina progressivement d’une lumière bleutée. Un halo blanc l’entoura pour venir se positionner dans son poing droit, qui était dès maintenant glacé et portait en lui le pouvoir glacial du géant Ymir, qui naquit des terres enneigées à la création du monde.
A son tour, l’humain concentra son pouvoir dans une étoile à cinq branches qui scintillait d’une lueur rouge cette fois-ci. L’aura qui l’accompagnait était d’une couleur orangée, et vint se fixer sur ses griffes. Il s’agissait du feu originel, celui d’Agni, le guide de tous les humains.
Ils se dirigèrent alors l’un sur l’autre, et tandis que Lucie donnait un coup direct d’une puissance incroyable, l’homme effectuait une tranche à une vitesse tout aussi prodigieuse.
Le poing et les griffes se rencontrèrent, et sous la dualité élémentaire du feu et de la glace, une détonation suivi d’une explosion les repoussa, les expulsant contre les murs de la salle.
« Tu te souviens même de ton incantation Lucie ? Ymir…
-Ymir… » répéta bêtement le monstre.
Ce dernier semblait perdu. Ce combat influençait son corps et son âme différemment. Le combat physique lui faisait l’impression de redevenir encore plus une bête, car instinctivement, il était animé par l’envie primale de tuer. Mais intérieurement, ses sentiments, ses souvenirs, sa mémoire étaient des choses qui se régénéraient.
« Tu n’es pas un monstre, Lucie. Les monstres tuent par plaisir ou par moyen de survie. Toi, tu veux me tuer, pour te soulager… Tu as encore en toi la perversion humaine. Je vais te l’enlever. Pour toi, pour moi et pour tous ceux que tu as tués dans le but de venir me tuer. »
Lucie grogna. L’adrénaline engendrée par l’intensité du duel commençait à la faire grossir. Originellement d’une taille d’un mètre quatre-vingt, elle doubla voire même tripla de volume. La barrière de limitation personnelle était franchie. Elle pouvait réellement développer ses pouvoirs.
L’humain sortit de sa poche un paquet de cigarettes. Il n’en restait plus qu’une, il la prit, puis jeta le paquet dans la salle. Il fit apparaître une petite flamme au bout de son doigt, qui lui permit de l’allumer.
Puis, il se dirigea très rapidement derrière le monstre gigantesque, en lui passant entre les deux jambes. Il croisa ses deux mains griffues et les déploya pour trancher la queue du monstre. Celui-ci hurla à en réveiller les morts., et les murs de la salle tremblèrent.
Le sang avait inondé le visage du fumeur, ainsi qu’une partie de son corps et du sol. Un petit sourire pervers apparut au coin de ses lèvres. Il prit la cigarette à deux doigts et dessina au milieu de son front avec une précision divine un pentagramme inversé. Celui-ci rayonna et brûla, provoquant d’atroces souffrances, puis il laissa place à un troisième œil, rouge. Les deux yeux d’origine de l’homme devinrent rouges eux aussi. Les cheveux poussèrent jusqu’à devenir une espèce de crinière. Lentement, comme pour provoquer Lucie, il déploya deux grandes ailes diaboliques dans son dos. Des cornes apparurent aussi sur son front, et une queue poussa au niveau de son coccyx.
Il n’avait plus rien d’humain, et était réduit au même état que son adversaire : un monstre assoiffé de sang, de haine.
Le démon ( car l’humain ressemblait désormais plus à un démon qu’à autre chose) leva sa main griffue, en même temps qu’une colonne de lave s’élevait sous Lucie. Des flammèches virevoltèrent un peu partout dans la salle, brûlant tous les papiers éparpillés. Le démon croisait les bras, avec son sourire sadique au coin des lèvres.
Le monstre devenu gigantesque ( jusqu’à en toucher le plafond, qui était tout de même élevé à quatre mètre cinquante) hurlait toute sa douleur. Il se sentait brûler, et cette sensation l’apeura, mais une espèce de réaction défensive provoqua un arrêt de flammes : son corps refroidissait à une allure fulgurante, tant et si bien qu’il commençait à se figer.
Le démon, intrigué par cette métamorphose alla toucher la statue de glace, et au moment où la griffe de son index rencontra la paroi protectrice de Lucie, elle se gela instantanément et se brisa en milliers de morceaux.
Il recula vivement et alluma deux flammèches au creux de ses mains, qu’il fit croître jusqu’à ce qu’elle ne deviennent plus qu’une seule et unique boule de feu. Il tourna sur lui-même et lança son énergie incandescente sur le gigantesque bloc de glace. Celui-ci ne laissa échapper aucune molécule d’eau et resta intact, toujours aussi froid, toujours aussi dur. Le démon, réfléchissant à la manière de briser cette défense, ne vit que trop tard qu’une modification physique de la glace l’avait faite passer d’état passive à un état offensif : en effet, des pics se matérialisèrent et sortirent de partout autour du corps de Lucie, dont certains transpercèrent le corps du démon. Un pic avait touché l’emplacement du cœur, et ça l’aurait probablement tué si une malformation de naissance n’avait pas remplacé la position du cœur censé être à gauche en le décalant à droite. Toutefois, son poumon était percé, et même si sa forme de démon était surpuissante, il n’allait pas tenir très longtemps.
Il en vint à la conclusion que sa prochaine attaque serait décisive.
Il concentra une fois de plus toute son énergie incandescente, mais à la différence de ses actions précédentes, il la fit enfler jusqu’à ce qu’elle englobe tout son corps. Une torche vivante.
Et il se jeta à toute allure sur la protection glaciale qui visiblement mettait plus de temps à redevenir une protection qu’à devenir une arme. La mutation non achevée, il réussit à passer entre les pics et à donner un uppercut de toute sa puissance à Lucie qui fut propulsée en hauteur, traversant le plafond. Le démon la rejoignit en s’accrochant à elle.
« Tu sais Lucie, dit le démon de sa voix puissante et rauque, si je t’ai livrée aux scientifiques, c’est parce que c’était ta dernière chance de vivre… Le virus qui était en toi t’avait trop contaminée et en échange d’une modification physique, que je n’espérais pas si hideuse, tu avais la vie, et c’est pour ça que j’ai accepté. Car si tu étais morte, tu m’aurais emporté avec toi… C’est ça qu’être des jumeaux qui s’aiment et qui sont malgré tout des adversaires. »
La monstrueuse Lucie, en entendant ces paroles, retrouva très rapidement forme humaine, comme par miracle, mais probablement que ce n’était que l’illusion du dernier désir du démon. Il s’agissait d’une très belle femme et n’importe quel homme aurait décroché la lune ne serait-ce que pour avoir la satisfaction d’avoir les yeux de Lucie posés sur lui.
Malheureusement, ça n’arriverait jamais à aucun homme, car dans son dernier élan d’égoïsme, le démon explosa, libérant toute l’énergie accumulée, emportant avec lui Lucie. Le déploiement d’une telle force souffla tout le complexe et même peut-être une partie d’Asgard, la métropole des Dieux.
A l’aube, un vaisseau vint atterrir à l’endroit des ruines du complexe. Fin et élancé, il ressemblait ni plus ni moins à un dragon mécanique.
Rapidement, un petit groupe de personnes en sortit et se dirigea vers l’endroit qui semblait avoir été le cœur de l’explosion.
Une jeune femme, tenant une lourde épée dans sa main, avait du mal à retenir ses larmes.
« Alors toi aussi tu nous quittes, Lucifugé ?
-Avoue qu’il a l’air heureux depuis la première fois que tu le connais, rétorqua un homme d’apparence faible et petite, tenant un petit revolver dans sa main, l’air froid. »
Lucifugé semblait dormir, il affichait un sourire serein, et lové entre ses bras se tenait le plus hideux et le plus repoussant de tous les monstres.
Petit note : Les Dieux que j’ai ainsi nommés ne sont pas des dieux au sens propre du terme. Ils se prétendent des Dieux, mais n’en ont juste que l’orgueil. Ceci dit, je vais pas faire de petites notes sur tout, sauf que vous verrez probablement ce combat dans une de mes futures œuvres, et pour ceux qui ont aimé ( s’il y en a) plus d’explications sur cette relation que je n’ai pas pu approfondir par un manque de place ( remarquez, qui a la possibilité de développer en trois pages des relations parfois compliquées ? ).