L'objectif de ce genre de débat, Sora, je pense que c'est d'apporter un minimum d'intérêt sur les rélfexions et approches personnelles des gens, je trouve que c'est vraiment instructif quand tout le monde y met un peu du sien et ne reste pas enfermé dans sa mauvaise foi (j'avoue que je suis pas le premier à être parfait sur ce plan-là
).
D'abord je dirais tout simplement que les personnages de FF10 je ne les trouve pas convainquants. Je les trouve fades, à la source même de leur existence : ils ont des design ranchement banals et des personnalités passe-partout, même s'ils sont cool ils n'ont rien d'exceptionnel, aucun. C'est vraiment l'impression que je trouve à propos de ce Final Fantasy.
Maintenant, tu demandais ce qu'il y avait de réellement philosophique dans FF12 ? Pour moi, ce qu'il y a de profondément intéressant (philosophique était peut-être un peu trop pompeux) dans FF12 c'est le choix du scénario.
FF10 parodie assez clairement, comme tu l'as dit, la position prépondérante qu'occupe la religion et les vices qu'elle peut engendrer (si Yuna est aussi niaise et Wakka aussi débile c'est peut-être à cause d'elle... non là j'suis une mauvaise langue
).
Dans FF12, il y a aussi un côté parodique de notre monde (ceci dit ce côté est très présent dans les FFs au moins dès FF6), avec tout le rapport de force Archadès / Dalmasca (ffworld je crois avait fait un chouette article, si je peux le retrouver je posterai le lien). En tout cas, FF12 n'est pas sans nous rappeler la guerre entre les Etats-Unis et les pays du Moyen-Orient.
Mais moi ce qui m'intéresse encore plus profondément c'est pourquoi nous est conté uniquement ce scénario-là, et pas un autre scénario ? Ivalice est vaste, sa chronologie est lourde ; toutes les Graines de Sagesse dévoilent des intrigues qui auraient probablement été aussi convainquantes pour faire un Final Fantasy (je rêve de revisiter l'histoire des Eons et de Nabudis).
Du coup, le scénario de FF12 est une sorte de gigantesque carrefour en plein milieu d'Ivalice. Il est d'une richesse incroyable car il fourmille de détails sur tout ce qui aurait pu être autour (et ce qui a virtuellement été d'ailleurs). Il y a la volonté de nous montrer un monde, vaste, mais dont on nous conte qu'un seul évènement : l'évènement d'un peuple opprimé qui souhaite se défaire d'un ennemi cupide et puissant. Et finalement, tous ces évènements contés dans le scénario de FF12 ne sont que des conséquences de tout ce qui s'est passé AVANT le jeu et que l'on apprend qu'à travers des cinématiques souvent brèves ou bien les informations du Bestiaire.
En ceci, cela m'évoque le sens de l'Histoire, la nôtre. Celle qu'on nous enseigne à l'école. En fin de compte, en Histoire, tout est lié, tout se recoupe à plusieurs niveaux. Si l'on veut comprendre notre monde actuel, il faut plonger dans son Histoire. Si l'on veut comprendre pourquoi il y a la guerre en Palestine, il faut remonter presque aux fondements de notre civilisation, il faut lire la Bible et comprendre qu'il s'agit d'une Terre Promise aux hébreux, hélas les textes de la Bible ne sont pas universels, ils n'affectent pas tous les peuples. Que faire des populations qui s'y sont sédentarisées ?
Dans FF12 il y a quasiment ce travail-là : une chose se passe des années auparavant et aura des répercussions dans le futur, qui est le présent du jeu. Sauf que cette fois, pour "maîtriser" l'Histoire d'Ivalice il y a les Occurias.
Enfin, c'est probablement flou et abstrait ce que je soulève, et il faudrait que je le documente pour qu'il paraisse vraiment plus convainquant, mais en ce qui me concerne, FF12 est l'un des rares jeux à respecter au mieux cette idée selon laquelle toutes les réponses sont dans l'Histoire.