L´ANNE DE TOUS LES DANGERS
Une main plaquée sur le dos, la démarche claudicante, Tony Parker se hisse à grande peine dans sa BMW grise garée dans le parking privée des San Antonio Spurs. Une fois encore ce soir, le champion en titre s´est imposé dans la douleur. Une fois encore ce soir, TP a fait son boulot, ni plus ni moins. Car rien n´est simple depuis l´été. Pas plus dans la gestion du jeu, ou le titre de champion pèse sur les Spurs, que dans celle d´un corps qui s´effrite après n´avoir jamais su prendre le temps de souffler depuis trop d´années.
Pour la plupart des joueurs NBA, la deuxieme saison , celle de la confirmation est la plus difficile. Dans le cas de Tony, il semble bien que la troisieme soit son chemin de croix. Alors que l´ombre de Jason Kidd flotte toujours dans les couloirs et que les rumeurs d´un echange avec New Jersey refont leurs apparitions dés que les Nets cafouillent leur basket , la pression est omniprésente.
L´après titre est délicat pour Tony Parker qui a dû composer avec les blessures, des nouveaux coéquipiers, un rôle de leader accru, de passeur imposé et un coach toujours aussi intense.
Depuis la première semaine du camp d´entraînement, marquée par plusieurs remarques " taquines" de Gregg Popovich, du style " Kidd aurait passé la balle sur cette action", Parker n´a pas cessé de sentir le ploids des comparaisons. " Personne n´en parle, mais quand les choses n´allaient pas trop en début de saison, Pop m´a reproché d´etre egoïste, de jouer comme un 2eme arriere" avoue Tony. C´était du temps ou les Spurs se dribblaient sur le pied en essayant de reconnaître tous leurs nouveaux joueurs dans une équipe renouvelé à 50%.Ou TP se faisait regulierement " pourrir" à l´entraînement comme jamais dans sa carrière et même en match par un Popovich furieux des insuffisances de ce Frenchie quia vait osé s´offusqer de sa cour de Kidd durant l´été et était bien incapable de tenir son r^le après avoir pourtant insisté sur le fait qu´il était " Le meneur idéeal pour cette équipe" L´IMPUDENT!
Popovich Ne Le Ménage Pas. Au Contraire!
Tony ne tient pas vraiment à en parler, mais certains spectateurs ont encore les oreilles qui sifflent de toutes les insultes et vexations déversées par le coach des Spurs sur son meneur. Un traitement de chox qui scandalisera même ses coéquipiers au retour de 3 défaites en Californie, bien conscients eux que les torts étaient partagés.
" Tony réagit très bien au challege, expliquera ensuite le coach, un brin emabarassé par ses propres débordements. Mon boulot est de trouver la façcon de lui faire comprendre qu´il doit être agressif tous les soirs. Vous n´êtes jamais arrivé dans cette ligue. Tout le monde se moque de ce que vous avez fait auparavant. Vous devez contribuer tous les soirs à la réussite de votre équipe.Quand il comprendra ca, il deviendra un sacré bon joueur." Et de rajouter, pour bien enfoncer le clou et passer un peu plus pour l´affreux JoJo qu´il sait être: " Ici, c´est l´Amerique, et il n´y a pas de photos de lui comme sur les Champs-Elysées.Tony doit réaliser que c´est son travail. Qu´il n´est pas en vacances, qu´il n´est pas là pour prendre son chèque, que tout le monde l´aime , qu´il retourne en France , que les gens l´aiment là-bas, que Nike lui donne un contrat, que tout est beau...Il doit répondre présent à tous les matches, tous les ans, tous les entraînements..Et pour l´instant, Timmdy ( Duncan) doit tout faire tout seul. J´aimerais bien que Tony mûrisse pour devenir un autre leader moral, mais cela n´est pas encore arrivée"
Une reprise difficile, bien éloignée du sacre de juin, marqué par 10 défaites en 19 matches et les blessures des deux premiers fournisseurs en points des Spurs, Tim Duncan et Tony Parker. Lequel, physiquement amoindri par une entorse de la cheville, avait donc forcé en début de saison, alimenté par le désir de prouver à tous qu´il valait bien un Kidd et qu´il méritait ce contrat de 10 Millions de Dollars par an que le contrat similaire signé par Gilbert Arenas avec Washington semble lui promettre dans un an.
Une pression insidieuse, ou intér^ts individuels et communs se mélangent et se détachent dans un maelström de sentiments incertains.Résultat, beaucoup de doutes et de volonté de trop en faire chez un meneur qui se transformait alors accenditellement en ce 2e arrière dont rêvait Popovich lorsqu´il tentait d´attirer la star de New Jersey dans ses filets, quitte à en oublier quelques fondamentaux collectifs. Et San Antonio de sombrer avec lui et l´autre cheville branlante du club, celle de TD. " On lui a demandé de passer plus, explique calmement mais fermement Popovich. Nous ne pouvons gagner que collectivement. Pas avec des exploits individuels. S´il pénètre et qu´il se retrouve complètement démarqué c´est une chose. Mais s´il se retrouve deux grands et qu´il shoote quand même, je devais lui faire comprendre que ça n´est pas du basket intelligent...Et il a compris cela. Maintenant, je ne veux pas qu´il devienne John Stockton, car de toute façon son jeu s´apparente plus à celui d´Isiah Thomas et nous avons besoin qu´il marque. Mais il doit jouer pour l´équipe!"
Trouver l´équilibre entre la passe et le tir. Gérer son propre jeu et celui de l´équipe. " Je dois absolument mettre Rasho en confiance, confiait TP dans la tourmente du début de saison. C´est mon Job de m´assurer qu´il trouve ses marques le plus vite possible. Je m´efforce désormais de passer plus, de devenir ce meneur/passeur que Pop veut que je sois. Je suis le leader du groupe avec Tim et c´est mon rôle d´impliquer mes coéquipiers"
San Antonio retrouvera finalement la marche avant on the road. Loin de la maison. Là ou un groupe se révèle, se soude ou explose. Trois victoires sur la côte Est suivie d´une démolition des Blazers au SBC Center et les nuages étaient dissipés. Popovich retrouvait enfin le sourire et elaçcait son prodige retrouvé.
" Tony comprend de mieux en mieux son rôle. Ce soir, je suiis resté assis et silencieux. Il a dirigé l´équipe, réclamé les systèmes et pris les bonnes décisions sans rien forcer comme le faisait autrefois Avery Johnson. Il devient un leader"
13 victoires consécutives en décembre et une défense retrouvée rappelleront à toute la ligue qui est le champion en titre, alors que Parker se découvrait durant ce " winning streak" une ivresse nouvelle pour la passe avec 6 matchs terminés à 10 assists et plus , alors que cela ne lui était arrivée que cinq fois depuis le début de sa carrière NBA, en 205 matches. Ses incroyables capacités d´adaptation soulageaient alors tous les dirigeants des Spurs et l´ancienne star locale, Sean Eliott, reconverti commentateur et mentor particulier pour TP
" Moi je le compare à un jeune Kevin Johnson. Mais vous n´ateignez pas ce niveau en attendant que les choses arrivent. Vous devez continuer à travailler."
De quoi l´avenir sera-t-il fait pour Tipi et les Spurs? Les prochaines semaines le diront. La concurrence - ancienne ( Sacramento, Lakers) et récente ( Minnesota) - sera monstrueuse durant les Playoffs. Le meneur français devra alors prouver définitivement qu´il est un grand meneur NBA. A-t-il cela en lui? Constat en guise de conclusion:
Personne n´a jamais dit qu´il était aisé de devenir un grand du basket. Une évidence que rappelle souvent Pop avec justesse avec sa façon à lui:
" Si c´était facile, tout le monde le ferait..."