Le troisième chapitre est ici.
Bonne lecture a tous et rdv Lundi prochain pr le 4e chapitre
Chapitre III
- Je peux pas rester la à rien faire...
Warren contemple le soleil, qui est actuellement à son zénith. Il doit être midi, ou quelque chose comme ça.
Il fait froid dehors, mais c’est supportable. Mais c’est pas une raison pour sortir torse nu et habillé d’un simple jean. Une douche et des vêtements chauds s’imposent.
Nu, Warren s’approche de son pommeau de douche. Peut-être reste il encore de l’eau chaude, c’est la question existentielle du moment. L’eau coule, presque brûlante. Soupir de soulagement. De courte durée.
L’eau s’est changée en rivière glacée.
- Faut que j’arrête de croire aux miracles moi...
Pendant sa douche, il remarque un bleu sur son bras droit. Il a sans doute été fait par ses potes hier, lorsqu’ils étaient amochés. Sans importance.
Frigorifié mais propre, Warren s’habille des pieds a la tête comme un esquimau. A part peut-être la casquette de l’équipe de basket New-Yorkaise, qui fait un peu tache avec l’ensemble.
Jamais plus il ne reverra de match.
Retour en bas de l’immeuble. Toujours aussi animé qu’un cimetière. Un cimetière invisible.
« Faut que je vois si je suis pas tout seul... Et de la bouffe. Ouais. Des conserves. Non, autre chose, j’vais pas filer du Canigou à Neve pour notre rencontre... »
Vers le Sud. Toujours plus agréable de toute façon.
Alors qu’il passe devant la voiture de flic, Warren sent qu’il doit faire quelque chose. Lentement, il s’approche de la vitre qu’il brisé tout a l’heure.
Le flingue.
Il n’a jamais été très fan de ce genre de machin mais... On sait jamais.
Le métal froid du Berretta provoque un contact désagréable. Peu importe, il se réchauffera dans l’anorak.
Après une petite marche a travers le néo New York, l’objectif est atteint : le centre commercial. Celui ci se trouve tout en bas d’un immeuble de 15 étages.
Warren entre d’un pas peu assuré. Malgré la lumière étonnement forte de l’astre solaire, il fait aussi sombre dans le centre que dans un four. Les plombs ont du sauter.
- Y’a quelqu’un ? Si il y a quelqu’un répondez moi, j’suis pas la pour vous faire du mal.
Quelques secondes passent. Seul l’écho de sa voix se répercute entre les mur du bâtiment.
« Même un “va te faire foutre” m’aurait fait plaisir... »
Les portes électriques du centre marchent toujours. Vive les générateurs de secours.
Warren avance, prudemment. Toujours pas de traces de cadavres, de luttes, de douilles, de sang. Tout est aussi neuf et propre que la dernière fois ou il y est passé. Non, vraiment, personne ne semble être ici.
- Bon, quand faut y aller...
La silhouette du jeune homme s’engouffre dans l’immensité obscure du magasin.
Un quart d’heure plus tard, Warren passe devant la caisse, deux sacs en papier remplit a ras bord de nourriture et de boisson. Il s’est même permis de prendre un Whisky, au cas ou Neve ne viendrait pas et qu’il soit condamné a vivre seul jusqu’a la fin de ses jours. Préventif.
Alors qu’il allait sortir, il entend quelque chose. Quelque chose d’humain.
Des pleurs. Ils viennent de dehors.
Lâchant précipitement ses paquets, le bruit caractéristique du verre brisé de la bouteille de whisky se fait entendre, mais que vaut une bouteille d’alcool face à un être humain ? Arrivé dehors, Warren fouille du regard les rues autour de lui. Il n’y a personne.
Mais les pleurs recommencent. La direction se fait plus précise. Les hauteurs de l’immeuble.
Une ombre est la haut, elle pleure. Quelqu’un pleure. Quelqu’un est vivant.
Les escaliers.
Warren court comme il n’a jamais couru. Les escaliers sont baignés d’une lumière rougeâtre, lumière assez vive tout de même pour éviter de se casser la gueule en loupant une marche.
Quinze étages à grimper en un temps record. Les pleurs s’intensifient. Il se rapproche du but.
Mais arrivé au 10e étage, Warren stoppe sa course effrénée.
« Pourquoi... Pourquoi pleure-t-il ? »
C’est vrai, il ne s’était pas posé la question. Mais au lieu d’une réponse, d’autres questions lui submergent l’esprit.
« Et s’il était armé ? Et fou ? Et s’il n’était pas... »
Son souffle revient progressivement à une cadence normale. Les pleurs continuent.
Le jeune homme ne sait plus quoi faire. Il a agit trop vite, impulsivement. Il n’avait pas pensé a ça.
Que faire ? Deuxième question existentielle de la journée.
Repartir chercher ses paquets et foutre le camp ou faire connaissance avec un psychopathe ?
Peut-être aussi devient t il paranoïaque et le pauvre humain la haut pleure tout simplement parce qu’il se croit seul au monde. Comme Warren l’avait fait quelques heures auparavant.
Qui ne tente rien, n’a rien.
Warren remonte les escaliers avec la même vigueur que tout a l’heure. A un détail près : le Berretta qu’il tient dans sa main. La crosse s’est réchauffée.
La porte du toit du bâtiment. Pas la peine d’épiloguer, Warren l’ouvre lentement. L’air ambiant du magasin fuit devant la brise fraîche de l’extérieur. La personne est tout de suite identifiée.
C’est un jeune. Il ne doit pas être encore majeur. Il doit avoir 17 ou 18 ans, pas plus. Ses longs cheveux blonds en bataille lui donne un air dépravé. Ses vêtements ne sont pas de la dernière mode. Bizarrement, il se tient près du bord. Trop près.
Avec le plus de tact possible, Warren lui adresse la parole :
- Hey...
Le jeune garçon se retourne, horrifié. Il fait quelques pas de plus vers le vide, inconsciemment.
- Fait attention ! !!
- T’es... t’es qui toi ? Je croyais être...
- Je m’appelle Warren. Et toi ?
Ce garçon ne va pas bien. Même un aveugle le verrait. Le jeune homme range immédiatement son flingue.
Reniflement.
- Pourquoi tu veux savoir mon nom ? Qu’est ce que ça peut te foutre ? J’suis sur que t’existe même pas !
- J’suis la pourtant ! Fait pas le con, reviens vers le centre, tu risque de tomber...
Un étrange sourire illumine le visage de l’adolescent. Il avance encore plus près du bord.
Cinquante petits centimètres le séparent de la mort.
- Tu croit que c’est pour quelle raison que j’suis en haut d’un immeuble ? ! Hein ?
Warren ne possède pas de formation de négociateur. Son truc a lui, c’est faire la fête et dépenser la tune de son père. Pas de sauver un ado paumé de la mort.
Les mots lui manquent.
- Reviens ! On est plus beaucoup en vie, alors fait pas une connerie que tu va regretter !
Le blond ne regarde plus Warren. Il fait face au vide, les yeux fermés.
- J’ai plus de famille depuis un bail tu sais. J’avais Sarah. On voulais se marier, avoir des gosses... C’était mon unique raison de vivre. Et ce matin...
Les pleurs recommencent.
Warren tente de s’approcher doucement. La situation lui échappe.
- Ce matin... Elle n’était plus dans le dortoir des filles. Plus personne. Dans son lit, il ne restait plus que le collier... Le collier que je lui avait offert ! Elle est morte ! ELLE EST MORTE !
Warren n’est plus qu’a deux mètre de lui.
Warren n’était plus qu’a deux mètres de lui.
La dernière chose qu’il a vu, c’était ses cheveux blonds plonger dans le vide.
- NOOON ! !!
Il se jette, dans l’espoir de lui attraper un pied.
Il s’écrase sur le sol dur du toit. Sa main fouette l’air. Elle ne l’a pas rattrapé.
L’adolescent tombe, silencieusement. Mais avant qu’il ne s’écrase sur le sol dans un bruit mat et macabre, Warren a détourné le regard.
Un terrible sentiment de culpabilité l’envahit. Il aurait pu le sauver, il aurait du le sauver.
« Il était trop rapide... Trop rapide... »
Warren se relève. Les yeux humides, il contient les larmes de tristesse et de désespoir au fond de lui. C’est la seule chose qu’il puisse faire.
Il a descendu les escaliers aussi lentement que possible.
Par chance, est ce vraiment de la chance, le jeune a sauté de l’autre coté du bâtiment. La vue de son cadavre brisé... Warren n’aurait pas supporté.
Ses paquets sont toujours la, à l’attendre sagement. La bouteille de whisky a répandue une forte odeur dans le hall.
Après avoir jeté le verre brisé, il repart dans la direction de son studio. Il n’as pas le courage de chercher d’autre survivants aujourd’hui.
Chez lui, la lumière marche toujours. Le frigo aussi.
Les condiments rangés, Warren se met en tête de réunir tout ce qui lui sera utile pour sa survie. Peut être cela fera partir ce mauvais sentiment de son cœur.
Le soleil commence a se coucher.
La fatigue submerge le jeune homme. Sa chambre ressemble à un bunker.
Il tombe lourdement sur son lit. Une latte saute. Tant pis.
Ses paupières refusent de rester ouvertes une secondes de plus. Son cerveau lui commande de dormir.
Un instant, l’image du jeune blond, les yeux rouges de larmes, s’imprime dans sa tête.
Mais cette image disparaît progressivement pour laisser place a un nom.
Neve.
Demain est un grand jour. La fin de la solitude. Warren l’espère de tout son âme.
A SUIVRE...