Euh...
Bouge de mon bô topic le boulet, tu sera gentil
Chapitre 2 est la ! Bonne lecture a tous !
Chapitre II
Pas le temps de faire des formules alambiquées ni même de se plier aux règles élémentaires de politesse. L’excitation qui s’est emparé du jeune homme est si forte qu’elle a pris le pas sur sa réflexion. Il se jette sur l’internaute avec fougue, un peu comme l’aurait fait le chien de tout à l’heure en voyant son bacon.
Le message que ses doigts tremblants reproduisent sur l’écran de l’ordinateur est le plus direct qu’il n’ait jamais écrit de sa vie :
< Warren_NY>: Dis-moi que t’es pas une illusion !
De longues et interminables secondes s’écoulent sans que rien ne se produise. Le temps semble s’être arrêté autour de Warren et de son ordinateur. La réponse tarde à venir, mais le miracle s’accomplit finalement :
< Neve666>: Et toi, dis-moi que t’es pas Satan !
Warren exulte. Son cri de joie se répercute sur les murs de sa chambre avec un curieux écho.
< Warren_NY>: J’aurais jamais cru pouvoir reparler à quelqu’un un jour !
< Neve666>: Et moi j’aurais jamais cru converser sur le chat du NY Times.
Le jeune homme sourit. Apparemment son contact a de l’humour. Un autre Trent ?
< Warren_NY>: J’croyais être le dernier survivant !
< Neve666>: Tu l’es peut-être.
< Warren_NY>: Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
< Neve666> : Tout simplement que je ne suis pas un, mais UNE survivante.
« Une fille ? Intéressant… »
< Neve666>: NY… New-Yorkais ?
< Warren_NY>: Et fier de l’être.
< Neve666> : Comment ça se présente là-bas ?
< Warren_NY>: Ben pour le peu que j’en ai vu, il semblerait que je sois le seul occupant des lieux.
< Neve666> : Merde…
< Warren_NY>: Et toi, où es-tu ?
< Neve666> : Fredmont, état de New York. Ici aussi c’est le grand désert…
« Fredmont ? Mais c’est à moins de 100 bornes d’ici ! »
< Neve666> : T’ as une théorie pour expliqué ce qui se passe ?
< Warren_NY>: Pas la moindre. A vrai dire, je comptais un peu sur toi pour éclairer ma lanterne.
< Neve666> : Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Tout ça est tellement bizarre. Une vraie histoire de dingue !
< Warren_NY>: Comment est-ce possible ? Comment autant de gens peuvent disparaître sans laisser de trace et en aussi peu de temps ? Où sont-ils tous passés ?
< Neve666> : J’en sais foutres rien ! On dirait qu’ils se sont tous volatilisés durant la nuit. Rien que d’y pensée, j’en aie la chair de poule.
« Ouais, moi aussi j’ai peur. Raison de plus pour ne plus rester seul. »
< Warren_NY>: Il faut qu’on se rencontre.
< Neve666> : Quoi ? ??
< Warren_NY>: Il faut que tu viennes ici.
< Neve666> : Pourquoi ?
< Warren_NY>: Parce que le néant est beaucoup moins effrayant à affronter lorsqu’on est plusieurs.
< Neve666> : Jolie phrase. Tu l’as piquée dans quel bouquin ?
< Warren_NY>: Je suis sérieux. Il faut que tu viennes. Ensemble, je suis sûr que nous pourrons trouver des explications à tout ça.
« Et puis j’ai pas envie de rester seul dans cette grande ville déserte, ça me fout trop les jetons… »
< Warren_NY>: Tu connais un peu New York ?
< Neve666> : … Ouais, j’y suis déjà allée plusieurs fois mais…
< Warren_NY>: Je t’attendrais à l’entrée ouest de Central Park. Demain après-midi ça te va ?
< Neve666> : …
« Ne sois pas aussi aussi dirigiste connard, tu lui fous la trouille ! »
< Neve666> : Comment savoir si je peux te faire confiance ? Tu me tends peut-être un piège.
< Warren_NY>: Je sais que nous sommes dans une situation complètement dingue, mais ce n’est pas une raison pour tomber dans la paranoïa. Je suis pas un putain de tueur à la hache, ou une merde de ce genre.
< Warren_NY>: J’te jure que je cherche pas à t’embrouiller ! Il faut que tu me fasses confiance. Central Park, entrée ouest. Tu y seras ?
La réponse met du temps à venir. La fille est probablement en train de réfléchir à la question. Warren attend anxieusement en se rongeant les ongles. Plus rien d’autre ne compte pour lui que l’hypothétique réponse qu’il attend. Réponse qui ne viendras jamais.
Une boîte de dialogue s’affiche soudainement à l’écran. Elle est accompagnée d’un bruit sonore qu’il ne connaît que trop bien : celui de la déconnexion automatique de son modem.
Connexion interrompue. Problèmes techniques du serveur.
- Fait chier !
Le pied de Warren s’abat avec rage sur l’unité centrale de l’ordinateur. Inutile de penser à se reconnecter. Le serveur n’est certainement pas surchargé. Il doit être H.S.
« Putain de merde, il faut peu de chose pour que le monde s’écroule… »
Warren se lève si brusquement que son siège en tombe à la renverse, mais il est trop énervé pour se soucier de ce détail. Il se dirige vers la fenêtre, ouvre en grand les battants, et plonge son regard sur la rue déserte.
Un chien aboie quelque part au loin. Sur le toit de l’immeuble d’en face, des pigeons roucoulent tranquillement, visiblement insensibles à la disparition de leurs voisins humains. Mis à part cela, il n’y a aucun autre signe de vie. Seulement le néant.
« Pourvu qu’elle vienne… »
*
La chambre ne ressemble pas vraiment à celle d’une petite fille modèle. Le papier peint et sombre, les murs tapissés de posters de rock « Iron maiden », « Slipknot », « Marilyn Manson »…
Les étagères et l’armoire sont recouverts de bibelots et d’objets hétéroclites aux goûts plus ou moins douteux. Des vêtements gisent sur le lit aux draps défaits…
Neve est assise dans un fauteuil, les pieds posés sur un bureau recouvert de cette même pagaille qui embrase la pièce tout entière. Sous ses yeux se trouve un écran d’ordinateur affichant probablement l’acte de décès du net :
Connexion interrompue. Problèmes techniques du serveur.
A ses pieds, un poste radio crache une chanson pseudo-sataniste prônant la fin du monde. Pour une fois, cela semble de circonstance.
- Saloperie de serveur !
Neve jette le magazine qui était jusque-là posé sur ses genoux. L’exemplaire du Times, ( fauché un peu plus tôt chez ses voisins) bute contre l’un de montants du lit et s’écrase artistiquement sur le sol. Elle tire une longue bouffée de sa dernière cigarette et écrase ce qu’il en reste dans un cendrier en forme de crâne grimaçant. Les mots du New-yorkais avec qui elle vient de converser virevoltent encore dans sa tête.
« Central Park. Entrée Ouest. »
Neve retire ses pieds du bureau et se redresse sur ses jambes. Elle sort de sa chambre et fonce droit vers la cuisine. Elle s’attrape une canette dans le frigo et fait sauter nerveusement la capsule. Le goût pétillant et amer du liquide s’écoulant dans sa gorge lui redonne un peu d’assurance.
« Pourquoi se méfier ? Il avait l’air sincère. »
Sa décision est prise, elle irait rejoindre l’inconnu de New York.
- 80 km à faire seule en plein no man´s land. Drôle de balade…
A SUIVRE...