Bon voilà un petit morceau.
Une petite discussion entre nous quatre suivit peu après autour d’une table dans l’agora. Le monstre contre lequel nous avions lutté n´était pas venu ici pour rien, c´était une évidence, il cherchait certainement quelquechose, mais nous n´avions pas la moindre idée de ce dont il s´agissait. Ce n’avait plus d’importance à présent, l’ennemi s’étant volatilisé. Nous décidâmes de ne plus y réfléchir.
Nous nous mîmes cependant d’accord pour partir chercher les quelques personnes qui avaient dû se dissimuler quelque part dans le lycée.
Comme l’édifice était assez grand, nous préférions ne fouiller que le principal. Mais nous resterions ensemble, c’était plus prudent, surtout que des créatures se cachaient peut être ici.
Après un quart d´heure de recherches, nous ne retrouvâmes que trois individus.
Un lycéen, un médecin plus tout jeune avec ses cheveux grisonnant et une civile d’une trentaine d’années environ.
Les autres gens étaient totalement introuvables, la plupart ayant dû fuir hors de l’enceinte du lycée. Quelques autres se cachaient probablement dans l´édifice, mais nous ne voulions en aucun cas jouer à cache-cache avec eux, ça aurait été une perte inutile de temps.
Campbell et moi avions toujours dans l´intention d´atteindre le beffroi de la ville, et nous en fîmes part aux cinq survivants.
Ils étaient tous d´accord sur notre objectif. Il faut dire que c’était la seule solution valable et ils le savaient.
Heureusement, nous avions une support de taille. Seul le médecin connaissait bien la route jusque là-bas, pour l’unique et bonne raison qu´il travaillait juste à côté : L´hôpital de Raccoon City.
Lorsqu´il dit ça, je ne pus m´empêcher de demander des nouvelles de la situation sur les lieux.
- Oh, vous savez, dit-il, j´ai abandonné l´endroit assez tôt, peu après la contamination lorsque tout commença à dégénérer. Nous étions débordés dès les deux premiers jours et perdions de plus en plus de personnel, c´était vraiment l´enfer là-bas. Beaucoup de gens étaient morts, et bien d´autres n´étaient plus que des Zombies errant dans les couloirs lors de ma fuite.
- Et l´équipe de secour ? demandais-je avec intérêt.
Il me regarda d’un air interloqué, il ne savait visiblement pas à qui je faisais allusion :
- De quoi parlez vous jeune homme ? questionna-t-il accompagné d’un froncement de sourcil.
- Eh bien… l´une de nos unités avait pour mission de se rendre à l´hôpital et de le sécuriser, vous ne les avez pas vus ?
Le docteur sembla vaguement réfléchir avant de répondre.
- Hum… non, désolé mais je n´ai jamais vu de soldats à l’hôpital ni aux alentours. Excusez-moi de vous dire cela, mais ils n´ont probablement pas atteint le bâtiment avec tous ces monstres qui trainent dehors.
Je restai un instant silencieux. Ensuite me vint à l´esprit une question dont la réponse aurait, peut-être, le don de me rassurer un peu.
- Quand avez-vous quitté l´hôpital au juste ?
Il me répondit sans hésiter :
- Aujourd´hui même, assez tard dans la nuit, peut être vers deux heures du matin… deux heures trente au plus tard.
Je fus quelque peu tranquilisé d’entendre ça. Il était plus qu’évident que l´équipe n´aurait jamais pû arriver là bas en seulement trois heures de marche. Et sans oublier tous ces mort-vivants et autres horreurs rencontrés sur la route.
Ce qui voulait dire qu´il nous restait de l´espoir de les retrouver.
- C´est loin d´ici cet hôpital ? demandais-je.
Il esquissa un sourire.
- Non, c´est un peu plus loin, à deux rues vers Nord.
Après avoir intégralement dépouillé le distributeur automatique de ses aliments dans le hall, nous rangeâmes le tout dans un sac de cours abandonné.
Ce fut le médecin qui se porta volontaire pour le prendre sur le dos.
Nous fîmes ensuite un peu connaissance avec ces survivants et presque tous maintenaient des armes. Ainsi, nous pouvions faire face aux assauts des monstres.
Le docteur se nommait Simon Charviz, originaire de Norvège. Nous lui avions proposé un revolver, mais celui-ci avait clairement refusé, disant que ces choses n´étaient pas faites pour lui. Aucun de nous n’insista.
La jeune fille s´appellait Beverley Drayton, elle était bien étudiante ici comme je l´avais pensé, et était née à Boston. Elle avait dix-sept ans. Beverley disait regretter amèrement d’avoir suivi son petit ami pour poursuivre ses études scientifiques jusqu’ici, dans ce « trou paumé » qui à présent devait être connu de tout le monde par l’intérmédiaire des journalistes qui détenaient là leur gros lot.
En effet, nous avions pu voir deux ou trois hélicoptères survoler la ville, appartenant à différentes chaines télévisées. Elle avait gardé son pistolet mitrailleur MP5 avec elle.
Le civil qui nous avait aidés à combattre le monstre noir était un homme de couleur né à Los Angeles. Donald Guené, il avait vingt-sept ans. Il prétendait être venu passer quelques jours ici, et inutile de dire qu´il s´en mordait maintenant les doigts. Il avait un fusil de chasse avec lui et disait qu’il s’en servait mieux que personne, son père ayant été un grand chasseur.
La femme à qui je donnais l´âge de trente ans s´appelait Susie. J´ignorais son nom et seul le médecin avait pu apprendre le prénom par l´intermédiaire d´un autre survivant maintenant volatilisée à cause de l´arrivée du démon.
Elle était complétement choquée par les évènements et ne disait plus le moindre mot. Elle nous écoutait parler, nous observait mais ne se contentait de rien d´autre. Il était donc inutile de lui confier une quelconque arme à feu. J’ignorais si son mutisme prendrait fin un jour mais c’était assez désespéré...
Et enfin, il restait le jeune homme, lycéen lui aussi comme Beverley, il se dénommait Doug Newel, né à Raccoon City. Il avait une casquette sur sa tête et ne voulait pas s´en séparer car il s’agissait d’un porte bonheur. Nous lui confiâmes un revolver Sigpro. Je voyais bien dans ses yeux qu´il n´avait confiance en personne. Il restait légèrement à l´écart des autres. Ça ne me dérangeait pas, du moment qu’il tirait où il fallait.
Les présentations faites, nous nous mîmes en route vers la sortie.