Journal de Solidsnook
deuxieme jour dans la zone : visite nocturne.
Cher journal, ce jour, comme tout les autres, aurait pu etre le dernier.
Je suis arrivé dans ce petit village hier à la tombée de la nuit. Je suis parvenu ici sans GPS ni boussole, et j´en tire une certaine fierté : Gamma me racontais souvent les histoires de ces petits nouveaux, si fiers et si surs d´eux, équipés du dernier cri en matiere d´electronique et d´armement, qui oubliaient de composer avec un phénomene : les anomalies magnétiques. Certains se retrouvaient perdus dans les marécages et revenaient tout honteux, dans le meilleur des cas... les autres disparaissaient, que ce soit dans la nature ou le ventre des " autochtones"....
Naviguer selon le soleil et les étoiles est le seul moyen de s´y retrouver, mais la chape de plomb que constituent les nuages ne laisse que rarement filtrer la lumiere...
J´ai établit mon campement de fortune dans une maison un peu à l´écart du village, question de sécurité : au milieu du village, les environs auraient fourni beaucoup de caches à un assaillant, quelle que soit sa nature. Pas de feu, pas de lumiere, pas d´aliments cuisinés. Rien qui puisse attirer le nez ou l´oeil d´un " passant indésirable".
Pourtant, j´ai eu un visiteur...
Vers deux heures du matin, un bruit m´a fait sortir de mon demi sommeil. C´etait un bruit sec, comme si on tapais le sol avec un billot de bois. La cadence laissait penser à deux hommes marchant vers ma cachette, mais le son ne collais pas. Tout fusait très vite dans ma tete, car les pas se rapprochaient, et je ne savais que faire : fuir n´était pas possible, car je n´avais aucune idée sur la nature de la menace. Sortir et courir dans la raze campagne aurait fait de moi une cible facile. Je ne voyais plus que l´affrontement. Instinctivement, ma main se posa sur mon VSK. Sa puissance à courte portée peut dechirer un gilet pare-balle comme une feuille de papier calque.
C´est à ce moment là que j´entendis le souffle.
Un souffle roque, un souffle de géant épuisé par une longue marche. Ce n´etais pas humain. Ce souffle glaçait ma nuque à travers le mur.
Mon corps devenait pierre. J´ignorais si cette " chose" savait que j´étais là, mais le moindre geste de ma part aurait transformé le doute en certitude.
Puis plus rien.
Plus un son, plus un bruit. Juste le néant de cette nuit noire. mais je savais...
Je savais qu´elle etait là. Je sentais sa presence de l´autre coté du mur, à travers l´encadrement de fenetre. La " chose" me voyait, me scrutait dans l´obscurité.
Je sentais son instinct de prédation courir sur
moi. Et j´ai craqué...
Ma main libre prit la direction de ma lampe torche, mécaniquement, puis la dirigea vers la fenetre du mur d´en face. Lorsqe la lampe s´alluma, un cri explosa dans mes poumons mais ne trouva pas de sortie.
A plus de deux metres du sol, un oeil blanc, une pupille noire et prédatrice, un coté de crane écorché... En un instant la lampe tomba, et mon VSK trouva l´encadrement de fenetre...
Le " plop" du silencieux, le bruit de la culasse, la douille cal.50, et le hurlement rauque d´un être surgit du coeur des enfers... un battement de cil de la durée d´une vie.
Et le néant. La chose avait disparu en une fraction de seconde, blessée dans sa chair, et probablement dans son orgueuil. ça avait survécu à un tir de 12.7 à moins de quatre metres, tir qui avais porté à la tete.
Lorsque j´ai repris mes esprits, je suis allé voir l´emplacement ou se trouvais la " chose". Une marre de sang, mais surtout des traces de pas dans la terre. 500 kilos au bas mot...
Le petit matin est là, je reprend ma route. Les traces de sang qu´"elle" a laissé vont dans la direction que je devais prendre.
Gamma, tu avais raison sur un point : Ici, tout peut se faire ou se défaire en un instant. Voir le jour se lever, ou mourir.
Quoiqu´il en soit, si " elle" part dans la meme direction que moi, nos chemins vont se croiser à nouveau. Et je reglerais le probleme une bonne fois pour toute.