Le facteur a fait la bise aux militantes, pris le tract du Front national et l'a glissé dans sa sacoche. "J'peux pas vous les mettre dans les boîtes aux lettres, hein... Mais j'crois que vous n'aurez pas besoin de moi !" Le candidat sourit. Lui aussi fait sa tournée. Pour ces derniers jours de campagne, Laurent Lopez a renoncé au porte-à-porte. "Je passe en boucle sur BFM depuis dimanche soir. C'est comme si je rentrais chez les gens !", rit-il. Mais il arpente avec aisance les rues du centre historique de Brignoles, cette petite ville au coeur du canton varois qu'il espère emporter, dimanche 13 octobre, face à l'UMP.
Sur son tract, sa photo est franchement ratée. On reconnaît à peine son allure de quadragénaire, son regard noisette et sa mâchoire carrée. "Mais il y a, là en bas, mon numéro de téléphone portable et mon e-mail, montre-t-il en tendant à chacun son papier. Comme ça, vous pouvez m'appeler..." A trois pas, son épouse Caroline, qu'il tient par la main – "comme les Kennedy", dit-il –, complète l'invitation. "Vous pouvez venir aussi au local, rue de la République. Tous les mardis à 18 heures, on fait une réunion avec un petit apéritif." En face, les passants acceptent gentiment le tract. C'est une ville aimable, où l'on vous salue volontiers dans la rue avant de rentrer chez soi dès la nuit tombée.
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