Le vécu forme le caractère et celui-ci influe sur notre manière de vivre, de nous représenter le monde, et il est même, en tant que "notre personnalité propre", ce qui est à l´origine de nos décisions. Mais dire ceci, c´est enfoncer des portes ouvertes : qui est à l´origine de mes décisions ? Moi. Jusque là, rien de nouveau.
Mais ce qu´il faut comprendre dans ce que tu as copié/collé, et dont tu n´as retenu finalement qu´un aspect superficiel, c´est que le vécu ET le caractère sont contingents. C´est-à-dire qu´il pourraient ne pas avoir été, et donc avoir été autres. Ce qui signifie que dans d´autres circonstances, avec un autre vécu (et donc un autre caractère), qui sont des possibles présents en nous, possibles parce que nous sommes des hommes "et rien de ce qui est humain ne nous est étranger", comme écrivait Térence, nous aurions pu être quelqu´un de complètement différent.
Voilà pourquoi il ne faut pas oublier, en jugeant un autre, surtout dans une situation aussi impossible à juger objectivement qu´une relation de couple, quelle qu´elle soit, comment on aimerait être soi-même jugé.