Cela peut etre une fin en soi. Il ne s´agit pas forcement d´y trouver une utilite materielle, mais une utilite d´ordre moral : si nous assumons nos predispositions a nous penser forts et non nous considerer faibles, apparemment accables par un eventuel destin ou par cette fatalite que certains appellent la nature humaine, nous pouvons a terme envisager la realisation d´une utopie comme le bonheur collectif. Etre heureux tous ensemble, peut etre une fin absolue (donc impossible (ne serait-ce que pour un seul individu) ou du moins fort improbable).
Mais la fin de la frustration signifierait-elle la fin du desir ? Car si le desir est specifiquement lie a l´essence humaine, ne plus desirer est-ce s´ennuyer et mourir ? Si je m´ennuie c´est que je desire encore, si je raille le frimeur, c´est que je desire aussi ce qu´il est ou ce qu´il a. Je vais me rassurer en disant : non, il ne m´interesse pas, je le trouve ridicule, mais si on avait ou etait ce pour quoi il frime, on s´imaginerait (de facon illusoire ou non, je ne sais pas) plus heureux, ou mieux loti.
Je pense que c´est tres occidental de rejeter l´ostentation. Dans un autre domaine pourquoi le port du foulard islamique fait tant debat en Europe ? Parce que la discretion, la non ostentation, sont des valeurs particulieres, culturellement determiees. Dans les autres cultures, montrer son appartenance religieuse, son orientation sexuelle, ou ses ideaux est parfaitement tolere, voire meme encourage.
On ne peut donc faire de cette notion tres bancale (la frime) un objet d´etude specifiquement universel. Il faut veiller a juger le comportement humain dans son contexte culturel et le comparer a d´autres pour en tirer des conclusions sans etablir d´imperatifs normatifs ou dogmatiques, commencant par de tres douteux "il faut...". Paradoxal puisque ma derniere phrase commence precisement par il faut.
C´est une necessite de prudence, non un ordre categorique. A la limite, c´est un conseil bien pensant. Mais sincere.