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Croyez vous à l'age d'or ?

News jeu

Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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design_jaune
design_jaune
Niveau 2
17 septembre 2006 à 14:38:27

Pensez vous qu´un jour l´humanité atteindra l´age d´or. Un age ou nul n´aurais besoin de travailler, un age ou les machines effecturont toutes les taches neccessaire à la survie de l´espece et anéantirais les famines. Ou une bonne utilisation de la technologie pourrait restaurer la nature que l´on a detruite, eliminé la pollution et recréer des millieux naturels. Ce serait un avenir ou les energies serait non polluantes et renouvellable à l´infini. Un monde ou la vie serait en harmonie avec la nature.

Non ?
Si vous n´y croyais pas, pensez vous cela possible ?

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
17 septembre 2006 à 14:47:12

Un monde où tout serait accompli par des machines peut-il être compatible avec une vie en harmonie avec la nature ? Paradoxal, je trouve...

design_jaune
design_jaune
Niveau 2
17 septembre 2006 à 14:51:03

Bah tout à fait :)

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
17 septembre 2006 à 14:59:32

Dans la nature, tout n´est que travail, peine, et lutte pour la survie.^^

design_jaune
design_jaune
Niveau 2
17 septembre 2006 à 15:00:19

Mais non :)

Runi
Runi
Niveau 10
17 septembre 2006 à 15:49:45

Dans la civilisation aussi Pasfou :p Jamais les machines seront compatibles avec la nature, puisque les machines pompent les ressources naturelles.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
17 septembre 2006 à 16:41:31

Le problème c´est qu´un monde qui se fonde sur la confiance absolue en des machines censées assurer jusqu´aux tâches les plus élémentaires est un monde qui se fragilise. La machine ne fait qu´appliquer ce pourquoi on l´a construite. Mais elle peut dysfonctionner, donner lieu à des anomalies. Hegel disait qu´entre le maître et l´esclave, il y avait une dialectique imparable. Celui qui refuse de développer la maîtrise de la technique pour la déléguer entièrement à tiers devient plus que jamais esclave. Si nous sommes dépendants des machines, nous ne sommes plus libres. Ce n´est pas un âge d´or, mais une tyrannie technique.

L´âge d´or est une notion qui s´adresse au passé, elle renvoie aux mythes antiques, à l´antiquité, à une conception du monde parfait. Or existe-t-il une définition absolue du monde parfait ? Si l´on s´en tient à la définition de "perfection", on entendrait par monde parfait l´idée d´un monde auquel il ne manque rien, d´un monde totalement accompli. Mais un monde totalement accompli, à supposer que ce soit possible, aurait-il encore un sens ? Le monde n´est pas fait, il est à faire. Envisager le bonheur collectif dans l´oisiveté, c´est encourager l´individualité et surtout nier que le principal progrès n´est évidemment pas à chercher dans la technique mais dans la nature même de l´homme.

En outre, placez un homme dans une situation oisive où il n´a plus rien à faire, et vous verrez alors ce que signifie le terme "ennui". Nietzsche disait que le travail est la meilleure des polices et Pascal y voyait un des grands emplois qui permettait le divertissement, c´est-à-dire le processus de détournement de cette situation tragique de l´homme, propre à ressentir l´ennui.

Et puis quelle vision de l´esprit impose que le travail est une souffrance ? Etymologiquement, on serait tenté en effet de le croire. Mais le travail n´est-il pas ce par quoi je m´affirme et revendique ma liberté ? Le travail m´émancipe pourvu que je décide de le choisir et non de le subir (ce qui, pour le coup bien sûr, ne va pas de soi). Dépassons la conception marxiste du travail comme aliénateur de l´homme et méfions-nous encore davantage des soi-disant utopies techniques.

Le secret serait dans une prise de conscience massive, collective, universelle face aux menaces que courent actuellement le monde. Interrogeons-nous activement sur les moyens permettant cette éventuelle prise de conscience collective au lieu de nous prendre à rêver ou à croire passivement en un âge d´or improbable, fictif, et irréaliste.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
17 septembre 2006 à 16:42:06

pour la déléguer entièrement à un* tiers

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
17 septembre 2006 à 16:43:38

les menaces que court [...] le monde*

tueurenserie
tueurenserie
Niveau 10
17 septembre 2006 à 17:06:30

design_jaune ---> regarde I-robot, c´est une bonne réflexion sur l´homme et la machine.

si tu aimes les mangas, lis également chobits.

bon, ok, c´est pas de la philosophie pure et dure, mais ça apporte pas mal de pistes de réflexion. :-)

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
17 septembre 2006 à 18:23:10

"Et puis quelle vision de l´esprit impose que le travail est une souffrance ? Etymologiquement, on serait tenté en effet de le croire. Mais le travail n´est-il pas ce par quoi je m´affirme et revendique ma liberté ? Le travail m´émancipe pourvu que je décide de le choisir et non de le subir (ce qui, pour le coup bien sûr, ne va pas de soi). Dépassons la conception marxiste du travail comme aliénateur de l´homme et méfions-nous encore davantage des soi-disant utopies techniques."

:d) D´ailleurs, pour aller dans le sens de Carnavale sur ce point, n´était-il pas écrit "Le travail rend libre" à l´entrée de certains camps de concentration nazis ?^ ^

Je crois que ce côté émancipateur mériterait fortement d´être discuté, surtout par rapport à la phrase : "Le travail m´émancipe pourvu que je décide de le choisir et non de le subir".
Sans aller jusqu´à subir, certes on choisit, mais le choix est restreint.

A part le rentier ou le noble qui décide de travailler ou pas, le choix se situe entre mort ou assistanat et travail, et si l´on choisit le travail, entre quel type de travail...

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
17 septembre 2006 à 18:27:18

Tu penses que le travail est et n´est qu´une contrainte ? une fatalité transcendante qui empêche l´homme d´être libre et peut-être de fait heureux ?

Runi
Runi
Niveau 10
17 septembre 2006 à 18:37:14

Je suis d´accord avec Carnaval quand il dit que le travail émancipe et detourne l´ennui, c´est vrai que nous en avons marre des cours ou du travail par moments mais j´entendais beaucoup de potes dire en vacances "pfff jme fais chier, d´un coté je suis pressé d´aller en cours" moi même je le disait, de plus en trvaillant nous avons une concrète impréssion de se sentir utile dans la société.

En revanche, je pense que le travail n´est pas un choix mais une obligation, si on aurait le choix, beaucoup de personnes fouterait rien(dans ma classe 7 personnes sur 35 travail en sachant qu´ils on le choix d foutre leur vie en l´air ou non).
Et j´appelle pas ca un choix, entre un choix de travailler et pouvoir se nourrir ou pas travailler et crever de faim.

Je dis ca pas pour critiquer la société (pour une fois ^^) , car l´Economie dépend de nous tous, vous, moi ect.. et si travailler devenait un choix, l´Economie en patirait

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
17 septembre 2006 à 18:38:28

Non, pas qu´une contrainte.

Le travail est une contrainte qui vient encadrer la liberté de l´Homme, ainsi qu´éventuellement une émancipation.
La souffrance est certaine, l´apport l´est moins.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
17 septembre 2006 à 18:39:42

Pour préciser ma dernière phrase : le travail n´est pas une valeur en soi. Tout dépend de la finalité qu´il poursuit.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
17 septembre 2006 à 18:56:59

On met trop de choses dans le mot travail. Quand l´activité de l´homme n´a pour fin que la survie alors il ne s´agit pas de travail mais de tâche nécessaire et oui il y a une dimension nécessaire dans le travail. Mais ce n´est pas ce qui le définit. Il faut, Runi et Pasfou, distinguer contrainte d´obligation. La contrainte est une nécessité extérieure qui fait pression sur l´individu et à laquelle il ne peut se restreindre. L´obligation est une nécessité vécue intérieurement, comme un devoir.

Le travail n´est métaphysiquement et essentiellement en aucune façon d´abord et avant tout une tare qui rend l´homme esclave. Distinguons travail et corvée. La technique et le travail permettent conjointement développés d´émanciper l´individu sur le plan infini de ses possibles. La fonction et l´outil permettent de trouver une identité et de s´approprier davantage le monde par la maîtrise d´un savoir à la fois abstrait et technique. Il y a un véritable plaisir du faire, et il faut cesser de voir dans le produit fini la seule source de satisfaction du travail. Ce n´est pas le fait de finir le travail qui nous satisfait, c´est le fait d´avoir fait. Comme pour le voyage, l´intérêt est davantage dans le déplacement d´un point vers un autre que la destination en elle-même. L´homme est mouvement.

L´esclave a beau être mis en esclavage, il maîtrise la technique, il peut se défendre, progresser. Le maître aristocratique est sans défenses car sans connaissance technique, sans expérience. Il se rend dépendant. Voilà le propos d´Hegel.

Le travail non seulement n´est pas qu´une contrainte mais il n´est essentiellement et absolument pas une contrainte. L´effort ne doit pas être synonyme de souffrance. Par le travail, je m´humanise, je suis actif. Par l´oisiveté, je reste passif. En outre, tant que les machines ne savent pas se gérer elles-mêmes, il faut bien qu´une intelligence rationnelle les gère. Aux dernières nouvelles, il n´y a que l´homme qui ait cette faculté.

Le travail est connoté négativement et on l´oppose souvent au loisir. Seulement le loisir est le temps de la "récréation", et si l´on s´en tient à l´étymologie grecque du terme "skolé" qui a aussi donné "école", on se rend compte que le loisir aussi est une phase propice à la construction de l´individu. Le travail n´est pas notre ennemi.

Il est notre salut métaphysique.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
17 septembre 2006 à 19:16:22

Je répond juste au premier paragraphe, pour partir de la base.

"On met trop de choses dans le mot travail. Quand l´activité de l´homme n´a pour fin que la survie alors il ne s´agit pas de travail mais de tâche nécessaire et oui il y a une dimension nécessaire dans le travail. Mais ce n´est pas ce qui le définit. Il faut, Runi et Pasfou, distinguer contrainte d´obligation. La contrainte est une nécessité extérieure qui fait pression sur l´individu et à laquelle il ne peut se restreindre. L´obligation est une nécessité vécue intérieurement, comme un devoir."

:d) Tout d´abord, la distinction travail/tâche nécessaire :
Les études ont pour but d´apporter une compétence, compétence qui permettra d´accéder à un travail, travail qui permettra la survie.
La finalité ultime de tout ce processus est la survie, donc ce n´est pas du travail, mais une tâche nécessaire.
Par contre, si je lis un livre pour moi, en dehors du cadre requis par les études ou la survie, le but ultime n´est pas la survie : je travaille...
Le travail est donc généralement marginal : étrange...

Enfin, un rajout : Contrainte et obligation sont généralement liés. La contrainte venant assurer la sanction de la violation de l´obligation.
De la contrainte, peut naître une obligation ; Une obligation peut engendrer la contrainte.
Une contrainte sans obligation n´a pas de but ; une obligation sans possibilité de contrainte n´a aucun moyen de s´imposer.

Donc, distinguons, mais rappelons également que dans la grande majorité des cas, l´une ne va pas sans l´autre.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
17 septembre 2006 à 19:17:22

Edit : "ou la survie"-> "ou le travail"

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
17 septembre 2006 à 19:24:39

Non, sinon comment expliquer que l´usage qu´on fait de l´argent gagné par le travail sert aussi à satisfaire des tendances autre que des besoins naturels et nécessaires ?

Si on ne travaillait que pour survivre (comme fin ultime, vraiment, que fais-tu de l´homme sinon un moyen en soi vers lui-même!) on ne gagnerait l´argent que pour manger, boire, et se protéger des intempéries.

L´obligation et la contrainte se distinguent en ceci que l´une est choisie, elle est donc le fruit d´une décision librement entreprise, tandis que l´autre est extérieure, subie, inconditionnelle. Même si l´on choisit pas ses parents, on peut choisir de les adopter. C´est l´exercice de notre libre-arbitre.

Ne retombe pas dans tes penchants je fais davantage du droit que de la philosophie car les couples de repères fondamentaux aidant à la réflexion ne sont pas les mêmes et se situent sur un autre plan.

Tu ne défendrais pas un plaisir voire un bonheur du travail ? ET si la société idéale, la plus accessible, était celle où tout le monde pouvait avoir un travail ?

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
17 septembre 2006 à 20:49:13

Ce n´est pas une question de penchant pour le droit, mais une question de pertinence de définition.

Je reprend ta distinction : "La contrainte est une nécessité extérieure qui fait pression sur l´individu et à laquelle il ne peut se restreindre. L´obligation est une nécessité vécue intérieurement, comme un devoir."

Maintenant, je prend un exemple :

La loi impose de rouler à droite.
-> C´est extérieur, donc selon toi, c´est une contrainte.
Mais si la loi ne prévoit aucune sanction, alors selon ta définition, cela reste une contrainte (car cela vient de l´extérieur), mais c´est une contrainte sans contrainte ou "contrainte non contraignante".

Et si l´individu fait sienne la règle (elle devient donc choisie), c´est à la fois une obligation et une contrainte.

Tout cela me semble inutilement compliqué, et j´en cherche la pertinence.^^

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