Le sport peut être le terrain d´expression privilégié préféré des nationalismes (ex : jeux olympiques, avec les antagonismes USA/URSS, football avec le match Argentine/Angleterre en 1986 (revanche des Malouines)...).
Mais à mon sens, ce n´est qu´un mouvement indépendant qui vient se surajouter aux compétitions sportives, et non un élément inhérent à ces compétitions.
Des grandes compétitions comme la coupe du monde de Handball, de rugby (sauf France/Angleterre ; mais pour tous les autres matchs, il n´y a pas d´animosité), ou de basket, ne donnent pas lieu en général à l´expression de nationalismes.
On peut donc se demander si c´est bien le sport ou la compétition sportive qui engendre le nationalisme, ou si c´est plutôt la surmédiatisation qui favorise ce nationalisme : le sport, dans la mesure où il est diffusé partout (et dans cette mesure seulement), offre une fenêtre géante à l´expression d´intérêts divergents.
Par exemple, les tournois d´échecs laissent indifférents en général. Sauf lorsque l´on artificialise le conflit par le biais des moyens de communication, pour satisfaire à des intérêts tout à fait étrangers au sport : ainsi, les matchs entre Bobby Fischer et les joueurs soviétiques, surmédiatisés non en raison de l´enjeu sportif, mais uniquement en raison du contexte de guerre froide, afin de délivrer un message politique et non sportif.
Mais cette surmédiatisation et cette artificialisation des conflits, outils du nationalisme, ne sont pas spécifiques au sport : ainsi le domaine scientifique (ex : la course à l´espace) peut être un moyen d´expression des nationalismes.
J´irai même plus loin en estimant que tout est susceptible de faire l´objet de réutilisation nationaliste, dès lors qu´il est susceptible de toucher une large audience.