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Peut-on s'affranchir de la propriété ?

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Pasfou
Pasfou
Niveau 10
01 mai 2006 à 11:34:17

La possession étant un état de fait, et la propriété un titre, un droit.

Ex : Je possède une tv chez moi (j´en suis le possesseur). Mon frère me l´a prêté (mon frère est le propriétaire).

On pourra m´objecter que le terme "propriété" a plusieurs sens (ex : les propriétés mathématiques), mais compte-tenu du sujet initial, il n´y a pas lieu d´employer ces autres sens.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
01 mai 2006 à 15:09:13

Je demande solennellement qu´on retire tout de suite à Pasfou les livres de droits qu´il a sur ses genoux et dans la tête :o))

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
01 mai 2006 à 15:33:34

:rire:

Quand Proudhon dit "la propriété, c´est le vol", il ne vise pas n´importe quelle propriété (pas la propriété en tant que caractéristique).
Si l´on veut rester dans le sujet, on ne peut jouer sur le sens des mots.

ex : Dans le sud de la France, j´ai des propriétés (=immeubles), et en moi, j´ai des propriétés (=caractéristiques).

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
01 mai 2006 à 16:08:55

Pasfou >> Tu me parles de droit quand je te parle de philosophie.
Ca m´est égal de savoir quand historiquement le "droit à la propriété" a émergé, ça m´est égale de savoir ce qu´est l´usus l´abusus et le fructus.

La propriété n´a pas qu´un sens juridique, c´est aussi une "chose appartenant à une ou plusieurs personnes en particulier".

En ce sens, on est propriétaire de son corps (propriété que l´esclavage aliène) et pour les idées, il est vrai que le terme de paternité semble plus convenable. Mais pour une création, c´est une propriété qui peut être mise en public.

C´est pour cette raison, qu´au sens large, l´abolition de la propriété est inconcevable, et j´ajoutais que c´est une notion qui forge la manière dont l´individu appréhende les choses les phénomènes (en tant que propriété d´untel ou de lui-même), un concept transcendantal.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
01 mai 2006 à 16:51:34

Dans ce cas, distingue philosophiquement possession et propriété. :-)))

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
01 mai 2006 à 16:52:34

On peut être en possession de son corps tout en n´en ayant pas la propriété.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
01 mai 2006 à 23:35:53

De toute façon (je complète ma réponse), je trouve cela hypocrite de m´opposer le fait que l´on est ici en matière de philosophie, dans la mesure où la branche de la philosophie qui a abordé cette notion de propriété est la philosophie du droit ou philosophie politique.

C´est comme si l´on faisait une philosophie des sciences, et que l´on répondait : "On en a rien à faire de ce que disent les sciences, car ici c´est de la philosophie : on dit ce qu´on veut."

Une philosophie qui méconnaitrait l´objet de son étude...

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
02 mai 2006 à 17:24:26

Pasfou >> C´est surtout que tu me parles de droit à la propriété, d´histoire du droit à la propriété, alors que je parlais d´une notion en tant que constitutive du rapport au réel et assimilable à une variété plus large de choses appropriables ou appropriés que le droit lui accorde.
Pour la philosophie des sciences, la différence est ici que je ne parlais pas de philosophie du droit, je cherchait au contraire à montrer que la notion de propriété était plus large.
Quant à ton jugement sur mon hypocrisie, ça m´interesse pas.

Ce qui distingue la possession et la propriété, c´est le mouvement d´un sujet vers une chose (oud e sujets vers de choses) qu´implique la possession. Mais ce sont deux notions qui se rejoignent et ne sont pas exclusives. On possède une maison, c ´est notre propriété. On ne possède pas son corps (parce qu´on est son corps).

Enfin, je parle dans le vent, quelqu´un connait l´étymologie du mot "possession", ça peut être plus révélateur que tout ça.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
02 mai 2006 à 17:43:41

Pour moi, on possède son corps car on en est le dépositaire, on est celui qui l´a en son pouvoir, qui le contrôle (tout comme on peut posséder de la force physique, de l´intelligence, etc...).

Le possesseur peut également être propriétaire, mais pas nécessairement (ex : on possède un meuble ou une maison, en vertu d´un contrat de prêt ou de location : le propriétaire n´est pas le possesseur, mais le loueur ou le prêteur).

On en revient à l´usus, le fructus et l´abusus (droit d´utiliser le bien comme bon nous semble, d´en retirer les fruits et les produits, de le démembrer ou le détruire). C´est une notion plus théorique que la possession, qui nécessite un système élaboré pour être respecté (cf. Proudhon).

ex : une idée-> Si l´on ne peut refuser à un autre d´employer cette idée, on n´en est pas vraiment propriétaire (on n´a aucun moyen d´action).
Et pour faire respecter sa propriété, on est obligé de se doter d´un mécanisme extérieur.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
02 mai 2006 à 17:46:57

Ou alors, c´est une propriété vide de sens : on en est le propriétaire quand on utilise son idée, puis n´importe quel autre en devient propriétaire dès qu´il l´emploie.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
02 mai 2006 à 20:50:43

Ayant un peu plus de temps, je vais compléter ma réponse :
Si je parlais d´hypocrisie, c´est parce que le sujet est relativement clair et s´oriente vers la philosophie politique (faisant appel au droit (Etat, nation, propriété, souveraineté...).
Et que toi même, tu mélanges allègrement les notions, en parlant notamment de droits d´auteur et de propriété sur les idées.

Alors que la propriété des idées est une chose qui ne va vraiment pas de soi (la propriété intellectuelle est une notion juridique très récente et longtemps contestée (d´ailleurs, toi même tu as sursauté quand je t´ai parlé de façon provocatrice de propriété sur le concept d´amour (qui, en théorie, est tout à fait envisageable, car la propriété sur les idées est une construction purement artificielle et est loin d´être absolue (généralement, on ne fait qu´établir un monopole très limité)).

Sinon, mis à part cela, tu dis que l´on ne possède pas son corps : pourtant, dans le langage courant, on dit que l´on possède un corps (et si l´on possède un corps, c´est forcément le sien, son corps)), un cerveau, un coeur, une âme, etc...
On dit même de quelqu´un qu´il "est possedé" lorsqu´il ne se contrôle plus, n´a plus de pouvoir sur lui-même.

Pour faire comprendre la distinction entre possession et propriété, on peut prendre l´exemple du vol : si l´on me vole mon portable, le voleur en sera le nouveau possesseur, mais j´en demeurerai le propriétaire.

Le propriétaire peut être possesseur, mais le possesseur n´est pas nécessairement propriétaire (les deux notions peuvent se rejoindre, et se rejoignent le plus souvent en pratique, mais pas nécessairement).
Ainsi, la propriété peut être détachée de la possession.

La possession (le pouvoir, le contrôle) sur nous-même, on peut la constater objectivement sans qu´il y ait de contestation.
Par contre, la propriété sur nous-même ne va pas de soi : tu la décrêtes arbitrairement, mais pour de nombreux autres, elle n´était pas automatique (ex. de l´esclavage, qui ne choquait absolument personne).
-> Tu aurais beau déclarer à un grec de l´antiquité que l´esclavage était une aliénation de la propriété "naturelle" de l´Homme, il te rirait au nez.

Cette propriété est comme tous les droits naturels : si peu naturelle que l´on doit l´imposer par des textes pour que ça soit respecté.

Et cette idée de propriété naturelle, comment la fais tu respecter, quelles conséquences lui attaches-tu ?

Peux tu te vendre, toi ou une partie de ton corps ? (après tout, tu es ton propre propriétaire)
Si l´on te prends une partie de toi et qu´on l´incorpore sur un autre (ex : un bras), cette partie, en sortant de toi, ne sera plus toi (ce sera une chose distincte, inanimée) : tu ne seras plus naturellement son propriétaire.

Et vu qu´elle sera greffée à l´autre, elle fera partie intégrante de lui : il en sera donc naturellement propriétaire ?

Où se situent les limites que tu fixes ? Ces limites ne sont-elles pas grandement arbitraires ?
Et si les limites sont arbitraires, où est le côté "naturel" ?

Et si la propriété que tu décris n´a rien à voir avec le droit, comment la fais tu respecter ? Est-ce un concept purement théorique ?

Bref, beaucoup de questions (là où le concept de possession semble lui, vraiment naturel, et souffre peu de discussions (= on a en son pouvoir la chose=on est possesseur-> Ce concept ne peut pas disparaître, même si la propriété était abolie)...

Ton idée a le mérite de l´originalité : mais il faut que tu la développes.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
03 mai 2006 à 16:46:01

Bon, on s´enfonce dans un quiproquo.
Ce que je dis, c´est que la propriété n´est pas seulement la possession de biens matériels sur lesquels on jouit de droits (ex=un immeuble) mais ce terme a aussi un sens plus large : ce qu´on s´approprie. Selon moi, on s´approprie certaines choses, et c´est le concept de propriété qui vient déterminer ce qui est approprié. Le corps fait partie des choses qui ne sont pas à approprier, tout comme ce qu´on créé, parce qu´elles sont appropriés immédiatement.
Tout ce que tu me racontes table sur la légitimité de la propriété ; ça m´interesse pas, la possession est un mouvement d´un sujet à un objet, quelque chose de palpable et de factuel.
La propriété au sens large est une notion transcendantale, constitutive de l´expérience comme appréhension des phénomènes.
Vois-tu, un individu peut bien penser qu´il est propriétaire du corps des autres, c´est cette notion de propriété qui a guidé sa pensée.
Je cherchais à montrer combien il est impossible d´abolir la notion de propriété.
Une appropriation immédiate (corps, création) et une appropriation d´une chose extérieure (subjective) forment la propriété qu´on ne peut pas abolir.
Ce dont tu me parles, la propriété au sens juridique, on peut l´abolir.
En revanche, le droit peut être utilisé comme preuve que cette propriété est une notion constitutive de l´esprit : par les droits d´auteur et par l´usus abusus etc.
Et je ne nie pas du tout (au contraire) que cette propriété juridique fait partie de la propriété au sens large (bah puisque c´est un sens large, ça inclut le sens restreint, en partie du moins car il peut exclure certains éléments de ce dernier) et en effet, on est propriétaire d´une maison.
Pour éclairer les choses, il me faudrait l´étymologie de "possession", parce que je ne la distingue pas de la notion d´appartenance avec ce qui a été dit auparavant.

Fanfarlo
Fanfarlo
Niveau 7
03 mai 2006 à 16:51:54

Ce que j´entend c´est que si tu es du genre je m´en foutiste ou plutôt de la clique "j´aide mes amis les peoples", ça revient finalement au même, en gros tu génères la même merde ou ton apport à celle ci est équivalent.
Ensuite pour ta solution, je sais pas, courage et vaillance et initiative. Mais les amoureux de l´humanité pensent surement l´être aussi. L´anéantissement par l´isolation ? Bof.
Seule solution viable, tu flingues tt. Les clodos et les chrétiens. Sinon, tu fais sortir ce genre de considération de ton monde : c´est bien plus efficace.

Une solution à un problème arrive en "détruisant" celui ci. Le résoudre de manière dite classique, c´est lui montrer bien plus de considération qu´il n´en mérite. Ca fait crypto-chrétien ou jeune sadique.

Et puis coe dirait ma chérie :"ne faites pas confiance aux vivants".

La solution est dc :

Vive la connerie.

Je sais pas si c celle là, mais moi elle me plait bien.

Voilà, de rien.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
04 mai 2006 à 13:06:58

Pour l´étymologie :

Sur le net, j´ai trouvé :
- Propriété : Empr. au lat. jur. proprietas «propriété, caractère propre, spécifique» et «droit de possession, chose possédée» à l´époque impériale.

- Possession : Empr. au lat. possessio «fait d´être en possession, jouissance, propriété; prise de possession» et p.ext., au plan spirituel en lat. chrét., «fait d´être possédé par le démon».

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
04 mai 2006 à 13:12:49

[On retrouve la distinction droit/fait en latin, mais c´est normal, car ce sont des notions directement issues du droit romain.]

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
04 mai 2006 à 13:24:36

Mais je crois que nous ne sommes en désaccord que sur les mots : pour moi, la propriété est un titre et la possession un fait.
La seule différence, c´est que tu ranges tes propos dans le cadre d´une propriété élargie, tandis que moi j´entretiens la distinction et les range du côté de la possession.

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
04 mai 2006 à 15:20:16

Un seul pays nommé Terre, je n´y crois pas trop.
L´utilisation actuelle des ressources dans notre propre pays (france dans mon cas) est abusive. Un seul pays, ca veut dire limiter les ressources dans les ex pays riches. Un seul pays, c´est donner un peu des riches patries aux pauvres. Or, seuls les riches peuvent décider d´unir la Terre, car la voix des pauvres est largement étouffée. Et les pays riches se refuseront à partager.

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