Tout à fait.
En fait, je réflechissais par là à ta position (qui, me semble-t´il, est classique puisqu´elle existe bien depuis les grecs).
L´Homme se définit par sa raison, son langage (qui permet à la raison de s´exprimer), sa civilisation.
Et j´imaginais toutes les potentialités de cette définition...
Car avec mon approche du libre arbitre, l´avantage, c´est qu´il postule l´égalité : tout le monde est également doté du libre arbitre, donc les hommes sont égaux si c´est le critère de l´Homme.
Par contre, tout le monde n´est pas doté de la même raison, de la même capacité de langage, et ne connait pas le même développement dans sa civilisation : ton critère de distinction pourrait postuler l´inégalité (il y en a qui sont plus Hommes que d´autres, en fonction de leur degré de maîtrise).
Ce qui serait logique par rapport à la conception aristocratique grecque, d´ailleurs...^^
Il faut remettre chacun à sa place, disait le droit romain...
Il ne faut pas confondre aptitude au langage (universelle) et usage du langage, ainsi qu´apprentissage. Il n´y a pas moins homme qu´homme. Il y a homme dès qu´il y a langage articulé formant pensée.
Le propre de l´homme ? Dans mon dictionnaire, ils disent que le rire par exemple est le propre de l´homme.
Le chien domestiqué associe son maître à plusieurs choses : nourriture,plaisir,jeu,...Il est donc normal qu´en cas de danger, il cherche à le défendre.
L´animal est un être vivant qui agit pour la plupart par instint bien que certaines espèces puissent communiquer (serait-ce parce que la communication aide à la survie et constitue donc une évolution instinctive d´une espèce ? ). L´homme quant à lui est un être vivant, un animal, doué de conscience qui, en quelque sorte, existe sur un autre plan d´existence, celui de la conscience donc. Il évolue donc sur deux plans, l´un pareil à celui de l´animal, l´autre supérieur ou juste différent, c´est selon. Cette conscience lui permet de rire, de pleurer, d´aller à l´encontre de sa nature humaine, d´éprouver la beauté (débattez tant que vous voulez mais aucun animal n´est sensible à l´art, aux romans, aux films,...).
Pour résumé, le propre ede l´homme est d´évoluer sur un plan animal et sur un plan de l´esprit.
Donc, de développer une culture.
Et bien que certains animaux soient évolués (dauphins, singes,...), ils sont encore loin du plan de conscience dans lequel, nous, hommes, évoluont.
Ce n´est pas précisément ça. Nous avons une raison, pas eux. La conscience peut être partagée, mais il faut s´entendre sur le sens qu´on lui donne.
Ben oui,tu as raison car si un chien nous associe à une notion de plaisir ou de jeu,c´est forcément qu´il a plus que de l´instint...disons alors que nous évoluons sur un plan animal et un plan de raison.
Attention, il faut distinguer ce qui relève de l´instinct et de la raison. Il ne faut pas non plus confondre conscience comme esprit et conscience comme présence intérieure de la morale. Si l´animal n´agit et ne réagit que par plaisir, jeu, besoin, il demeure un être de sensibilité et d´instinct, et pas autre chose. Il est important d´insister sur le fait que l´homme se distingue des autres animaux (par leur unique sensibilité et instinct, ils sont à l´état de nature.) par le développement d´une culture. Ce qui compte chez l´homme, et ce qu´on qualifie comme "propre", je rejoindrais Pasfou sur ce point, n´est pas tant les capacités plus développées et plus spécifiques de l´animal-homme que l´usage que l´individu en fait. Et toutes ses capacités, ultra-développées, font converger l´homme, naturellement, vers l´organisation d´une culture, d´abord anthropologique (= tout ce qui est acquis), ensuite sensible et intellectuelle (= ensemble des domaines dont la fonction première est d´enrichir les perspectives et le regard de l´individu).
Nous sommes des animaux doués de raison, notre état animal, comme pour tous les autres animaux, ne varie pas, demeure statique, car nous avons faim, soif, nous protégeons nos enfants, etc, mais notre raison est dynamique car elle permet notre élévation, elle permet l´acquisition de la conscience, au sens large du terme.
Je rappelle la définition de l´instinct, par l´usage courant proposé par le dictionnaire.
1 - impulsion innée, inconsciente, qui pousse un animal ou un être humain à se comporter d´une certaine façon
2 - familièrement, intuition, aptitude naturelle
Source : Encyclopaedia Universalis 10.
"Il ne faut pas confondre aptitude au langage (universelle) et usage du langage, ainsi qu´apprentissage. Il n´y a pas moins homme qu´homme. Il y a homme dès qu´il y a langage articulé formant pensée."
Certes, il y a Homme dès qu´il y a langage articulé (j´approuve ta distinction entre aptitude (au sens d´existence) et usage), mais il y a également différence dans le degré d´aptitude, et donc catégorisation des Hommes.
Si l´humanité se mesure à l´aune de la raison (, du langage, et de la civilisation (ou culture), de l´historicité), alors il y en a qui sont plus "humains" que d´autres.
Pour faire simple, il y a les êtres civilisés (langage complexe, raison très développée, vie civilisée), et les barbares.
Et au sein de la société d´êtres civilisés, il y a ceux qui sont au dessus (meilleure éducation, meilleure raison, meilleur emploi du langage), et ceux qui sont en dessous.
On aurait donc :
animal->Victor->barbare->plèbe->aristocratie
La conséquence me parait logique, non ?
viedechien89 : Tu perçois l´un de mes sujets de discorde avec carnavale. Pour lui, tout n´est qu´automatisme (stimulus->réflexe->action, le tout chapeauté par l´instinct).
Et la colonisation est une bonne chose.^^
Il serait quand même un peu artificiel de dégager le critère de la raison pour distinguer l´Homme de l´animal, puis aussitôt après, de jouer à l´aveugle et de dire : dès lors que c´est un Homme, on s´interdit d´évaluer quel degré de raison il possède...
Pourquoi se voiler les yeux à ce moment là ?
Ben à quoi cela sert-il dans le cadre de cette conversation qui est de déterminer ce qui est propre à l´homme et donc ce qui le différencie des autres espèces de savoir que certains hommes, de part leur éducation, leur condition de vie, etc etc ont une raison plus pointue que les autres ?
Peut-être dans le cadre de ce sujet, ça n´a pas d´intérêt.
Mais tu sais parfaitement que la philosophie n´est pas une suite de questions sans rapport les unes avec les autres.
Si les philosophes abandonnent ou rejettent les idées anciennes (qui peuvent être pertinentes, comme l´est la réflexion de Carnavale), c´est parce qu´elles s´inscrivent dans le cadre de systèmes cohérents de pensée, et que ces philosophes veulent les remplacer par de nouveaux systèmes cohérents de pensée.
La théorie du logos des anciens était cohérente par rapport à leur vision des choses, par rapport à leur système de pensée, mais je tente de pointer le doigt sur le fait qu´elle pourrait ne plus être cohérente avec notre vision du monde.
Car si ce critère était si parfait, pourquoi certains ont-ils tenté de s´en détacher ?
De même, on pourrait relever que l´Homme est le seul Sujet.
Mais alors, si c´est le seul sujet, alors tous les autres (animaux y compris) ne peuvent être qu´objets.
Et un objet a t´il des droits ?
Non.
Ce sont des raisonnements logiques qui justifient qu´il n´y a pas si longtemps, on pouvait disposer de son animal comme on l´entendait (et le tuer, éventuellemnt).
Remarques qu´il y a quelques temps, on pouvait aussi disposer de son esclave comme on voulait...D´accord, certains hommes sont plus raisonnés que d´autres, n´empêche qu´ils ont tous une "raison" et ce à degré différent, certe mais présente alors que les animaux n´en ont pas.
Oui, c´est pour ça que la pensée des philosophes des Lumières (et de l´église catholique), en se fondant sur la liberté et non plus sur la nature, était révolutionnaire, car la liberté qui faisait de l´Homme un Homme présupposait l´égalité entre eux (tout le monde est également doté de cette liberté de choix, contrairement à la raison qui est répartie de façon inégalitaire), et donc contenait en soi l´interdiction de l´esclavage (et de la différenciation entre les races, les sexes, etc...).
Si l´on retient la notion de "raison" telle que la définit Carnavale (raison, fruit d´un langage articulé comprenant des concepts abstraits, lui même fruit d´une culture et d´une éducation), effectivement ils n´en ont pas.
Si on ne la retient pas et que l´on préfère la notion d´intelligence, alors ils en ont certainement.
D´ailleurs, on peut prendre l´exemple de Victor, l´enfant loup, pour en être convaincu.
Victor, avant son éducation n´a pas de raison, mais par contre que ça soit avant ou après son éducation, il a la même intelligence (faculté de connaître et de comprendre).