J´aime mieux cet approfondissement, Pasfou. Mais si la "vertu" d´Aristote n´est pas la "vertu" de Kant, c´est parce que le terme "vertu" en particulier, comme d´autres, est polémique et la question n´est pas nécessairement de réfuter la définition d´une autre pour proposer voire imposer la sienne mais plutôt pour apporter une autre vision sur la question. C´est les idées associées aux mots, soit les jugements rationnels portés dessus, qui les font infléchir vers un sens philosophique choisi, mais légitime, car justifié (théoriquement). C´est en ceci que lorsque deux personnes discutent d´une notion, il faut que les deux parties s´entendent sur la définition du terme pour qu´il n´y ait pas malentendu ou quiproquo. D´où la nécessité de définir.
En outre, ta remarque est juste, on ne peut lire Sartre ou Nietzsche sans être un minimum préparé, au moins lexicalement. Mais si les langages spécialisés (= propres à chaque domaine intellectuel comme économie, droit, psychologie, etc... ou même plus pratique comme la cuisine, l´art design, etc...) sont hermétiques à la compréhension facile pour l´individu lambda non-initié, il n´en demeure pas moins que leur usage, codé pour qui ne les connaît pas, n´est pas gratuit dans la bouche (ou sous la plume) du spécialiste. (ici, le philosophe).
D´où la nécessité pour le non-initié, s´il souhaite découvrir la spécialité qu´il ne connaît pas, de se former à l´apprentissage du vocabulaire minimum que requière la pratique de la réflexion philosophique. Ainsi, maîtriser au moins les définitions courantes des termes qui renvoient à des notions (comme amour, société, bonheur, etc...) et maîtriser les repères (= couples de notions qui permettent de faire des distinctions, des oppositions, des nuances, etc... donc des précisions, des approfondissements lexicaux d´où découlent des approfondissements intellectuels. Ex : absolu/relatif, analyse/synthèse, obligation/contrainte, croire/savoir, etc, etc...)