Le problème de la représentation, c´est qu´elle n´est pas représentative.
Si les parlementaires sont élus à la proportionnelle, il y aura un émiettement de la représentation en de multiples partis. La désignation du gouvernant (au sens large) échappera en fait au choix du peuple, mais résultera d´un accord entre les partis (ex :4 ème République).
[Le parti majoritaire pourra ne pas être celui qui gouverne, selon les alliances, ou alors devra mener une politique qui ne correspond pas à ce qu´il souhaite, pour palire à ses alliés.]
S´ils sont élus au scrutin majoritaire, alors l´unité sera plus facilement atteinte. Mais dans ce cas, on se retrouvera dans la situation où un parti représentant une petite minorité du peuple (par exemple, 20% des électeurs s´étant exprimés (et même pas du peuple dans son ensemble)) se retrouvera avec la majorité.
On pourra même se retrouver dans un système de confusion des pouvoirs comme en Angleterre : le premier ministre est le chef du parti majoritaire à l´Assemblée. Il contrôle à la fois le gouvernement et le Parlement.
La seule fois où le peuple pourra s´exprimer, c´est lorsque les gouvernants le voudront bien, et ce ne sera que pour dire oui ou non à une question prédéterminée (= choix très limité).
Et si l´on institue un contrôle de la constitutionnalité des lois, alors la volonté des représentants sera mise en échec par des membres non élus par le peuple (les juges).
On peut ajouter à cela le problème de la durée du mandat : s´il est trop court, alors le gouvernant ne pensera qu´à se faire réelire et en oubliera l´intérêt général. S´il est trop long, alors le gouvernant n´aura plus de contrôle politique et pourra être tenté d´agir à sa guise.
Notre démocratie n´en est pas vraiment une, car c´est une majorité choisie par une minorité qui gouverne (quand cette majorité est réellement choisie (->accords entre les partis)).
N´est-ce donc pas plutôt un slogan publicitaire pour faire accepter la légitimité du pouvoir des gouvernants ?